La collectionneuse

Galerie N° 42 : Bette Davis, "L'insoumise"…

Le 5 avril 2008, on fêtera le 100ème anniversaire de la naissance de Bette Davis. C’est pour moi l’occasion de rendre hommage à une de mes actrices préférées.

Dans ses meilleurs rôles, elle est époustouflante et elle pouvait incarner aussi bien les créatures douces et effacées que les garces accomplies. Mais, même lorsque le film n’est pas bon ou que le réalisateur n’a pas eu assez de poigne pour brider ses excès, elle reste fascinante.

Curieusement, on a souvent dit de Bette Davis qu’elle n’était pas belle. Cette affirmation se doit d’être corrigée, même s’il est vrai qu’elle ne fut pas la plus jolie vedette de son temps et, qu’en vieillissant, les traits les moins gracieux de son visage s’accentuèrent.

Lorsqu’elle est apparue à Hollywood, elle n’avait sans doute pas la beauté classique de Garbo, le sex-appeal de Jean Harlow ou le charme mystérieux de Marlene Dietrich. Néanmoins, films et portraits de l’époque prouvent qu’elle n’avait pas à rougir de son physique. Si vous en avez l’occasion, visionnez par exemple la production de 1934, «Fashions of 1934». L’actrice y est “glamourisée” à l’extrême et y est ravissante. Si elle avait voulu, elle aurait alors pu continuer à se laisser façonner en poupée hollywoodienne. Mais serait-elle devenue l’actrice acclamée qu’on connaît ? On peut en douter.

Ce qu’elle désirait, c’était des rôles intéressants et elle n’hésitait pas, si la crédibilité de son interprétation l’exigeait, à s’enlaidir. Peu d’actrices de sa génération, qui étaient, pour la plupart, très soucieuses de leur apparence, ont été aussi loin qu’elle dans ce sens.

A la fin de «L’emprise», lorsque son personnage meurt de la tuberculose, c’est une véritable épave livide qu’on a sous les yeux. Dans «La vie privée d’Elizabeth d’Angleterre», elle rasa ses sourcils et une partie de ses cheveux pour incarner avec vraisemblance une reine âgée de plus de soixante ans, alors qu’elle-même n’en avait que trente et un. Lorsqu’elle joue une vieille fille complexée au début de «Une femme cherche son destin», on a droit à la vision d’une Bette Davis moche et mal fagotée. Quant à la Jane Hudson délabrée physiquement et psychologiquement de «Qu’est-il arrivé à Baby Jane ?», elle reste dans toutes les mémoires.

Voilà, je vous invite maintenant à découvrir une sélection de plusieurs cartes de ma collection illustrant quelques étapes du parcours de ce monstre sacré du 7ème Art.

Marlène Pilaete, avril 2008

Bette DAVIS (1908 / 1989)

Après avoir été remarquée au théâtre, Bette Davis (née à Lowell, Etats-Unis) débute à l’écran en 1931 mais ne fait pas grande impression dans ses premiers films.
Pour connaître son premier succès, elle doit attendre que George Arliss la choisisse pour être sa partenaire dans «The Man Who Played God» (1932), qui lui vaut un contrat avec la Warner.

Graduellement, elle impose son talent et sa personnalité et elle attire notamment l’attention en garce sexy dans «The Cabin in the Cotton» (1932) et en petite amie de Spencer Tracy dans «20,000 Years in Sing Sing» (1932).
C’est dans «Ex-Lady» (1933) qu’elle a pour la première fois son nom au-dessus du titre mais c’est son rôle de serveuse vicieuse dans «Of Human Bondage» (1934) qui apporte la preuve qu’une authentique star est née.

Par la suite, le public a l’occasion d’admirer les dons de l’actrice dans «Bordertown» (1935), «Dangerous» (1935), qui lui permet de remporter l’Oscar de la meilleure interprétation, ou encore «The Petrified Forest» (1936).
Elle apparaît cependant aussi dans quelques productions beaucoup plus faibles, du genre «The Golden Arrow» (1936) ou «Satan Met a Lady» (1936), que lui impose sa firme.

Mécontente de l’attitude de celle-ci à son égard, Bette Davis signe en 1936 avec un producteur anglais et part durant l’été en Grande-Bretagne.
La Warner lui intente alors un procès et le gagne. L’actrice doit revenir en novembre de la même année aux Etats-Unis mais constate avec surprise et plaisir que, finalement, sa compagnie a décidé d’accorder d’avantage de soin au choix des films qu’elle va désormais lui proposer.

C’est alors le début d’une période faste pour Bette Davis qui, durant une dizaines d’années, sera considérée comme une des plus prestigieuses étoiles d’Hollywood.
Elle est alors l’interprète de, entre autres, «Marked Woman» (1937), «Jezebel» (1938), pour lequel on lui décerne son second Oscar, «Dark Victory» (1939), «The Old Maid» (1939), «The Letter» (1940), «The Great Lie» (1941), «The Little Foxes» (1941), «Now, Voyager» (1942), «Old Acquaintance» (1943), «Mr. Skeffington» (1944), «A Stolen Life» (1946), …

A la fin des années 40, sa carrière s’essouffle et sa longue collaboration avec la Warner se termine avec l’échec de «Beyond the Forest» (1949).
Elle arrive à revenir au premier plan grâce à son éblouissante création dans «All About Eve» (1950). On assiste ensuite à la sortie de «Payment on Demand» (1951), qui marche également très bien.

Malheureusement, ses prestations suivantes sont diversement appréciées et elle connaît une nouvelle phase de déclin professionnel.

Décidément infatigable, elle retrouve les premières places du box-office avec «Whatever Happened to Baby Jane ?» (1962).
L’année 1964 se révèle également très profitable grâce à «Dead Ringer», «Where Love Has Gone» et «Hush Hush Sweet Charlotte».

Par après, elle se partage entre la télévision, qu’elle avait déjà abordée durant les années 50, et le cinéma.

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Ed.7.2.3 : 26-8-2016