X

Alida VALLI (1921 / 2006)

 

Alida Valli

icone

Alida Valli (née à Pola, Italie, aujourd’hui Pula, Croatie) débute à l’écran en 1936, après être passée par le «Centro Sperimentale di Cinematografia» et on la remarque dès son deuxième film, «Il feroce Saladino» (1937).

Elle devient rapidement une star et figure parmi les étoiles les plus populaires de son époque grâce à, entres autres, «Mille lire al mese» (1938), «Ballo al castello» (1939), «Manon Lescaut» (1940), «Piccolo mondo antico» (1941), «Ore 9 lezione di chimica» (1941), «Catene invisibili» (1942), «Le due orfanelle» (1942), «T’amero sempre» (1943),…

Durant l’occupation de Rome par les Allemands, elle est une des protagonistes de «Circo equestre Za-Bum», réalisé de manière quasi-clandestine en 1944 par toute une équipe ne désirant pas travailler pour la République de Salo.
Après la libération de la ville, on la retrouve dans «La vita ricomincia» (1945), «Il canto della vita» (1945) et «Eugenia Grandet» (1946).

Le producteur David O’Selznick la fait ensuite venir à Hollywood pour «The Paradine Case» (1947) d’Alfred Hitchcock, qui ne remporte pas le succès escompté.
 Elle tourne ensuite trois autres productions américaines : «The Miracle of the Bells» (1948), «The White Tower» (1950) et «Walk Softly Stranger», qui se révèle être le plus gros échec commercial de la R.K.O. pour l’année 1950.
 En définitive, c’est un film anglais, «The Third Man» (1949), qui, durant cette période, lui offre les meilleures opportunités de déployer son talent.

Après cette parenthèse en langue anglaise, qui ne lui aura pas valu la place privilégiée qui avait été la sienne dans son pays natal, elle rentre chez elle.
 Elle renoue alors avec le public italien avec «L’ultimo incontro» (1951), «Il mondo la condanna» (1952), «Siamo donne» (1953) et «Senso» (1954), réalisé par Visconti, qui lui donne là un de ses meilleurs rôles.
 Elle est en outre la vedette de la co-production franco-italienne «Les miracles n’ont lieu qu’une fois» (1951), de la co-production franco-italo-espagnole «Les amants de Tolède» (1953) et de la co-production anglo-italienne «The Stranger’s Hand» / «La mano dell’straniero» (1954).

Les temps s’annoncent pourtant troublés pour l’actrice. Elle est en effet bientôt mêlée au scandaleMontesi, du nom d’une jeune fille retrouvée morte sur une plage en avril 1953, une affaire vite classée en accident.
 Ce qui avait commencé comme un banal fait-divers prend au cours des mois une tournure inattendue et une dimension nationale. Dans les journaux et dans la rue, on parle alors d’overdose, d’orgies sexuelles, de jet-set dépravée et de politiciens corrompus.
 Sous la pression de la presse et de l’opinion publique, on ordonne une réouverture du dossier. Lorsqu’on soupçonne le musicien Piero Piccioni, fils d’un homme politique haut placé, de ne pas être étranger au trépas de la victime, Alida Valli déclare qu’il était avec elle au moment du décès présumé de Wilma Montesi.
 Que ce soit le résultat d’une publicité défavorable suite à son témoignage ou le fruit du hasard, elle est en tout cas absente des écrans en 1955 et 1956. Elle se lance alors dans le théâtre en 1956, une activité à laquelle elle restera fidèle par la suite.

En 1957, l’année où la justice clôt officiellement l’affaire Montesi, sans en avoir réellement pu éclaircir toutes les zones d’ombre, elle revient au cinéma.
 Les traits durcis, l’actrice projette désormais une image plus mûre, qu’elle ne cherchera pas à modifier par des artifices divers. En assumant les marques du temps qui passe, elle réussit à poursuivre une carrière cinématographique internationale jusqu’au début du 21ème siècle.

Elle est alors l’interprète de, entre autres, «Il grido» (1957), «La granda strada azzura» (1957), «Les bijoutiers du clair de lune» (1958), «Les yeux sans visage» (1959), «Le dialogue des carmélites» (1960), «Une aussi longue absence» (1961), «Homenage a la hora de la siesta» (1962), «Il disordine» (1962), «The Happy Thieves» (1962), «El Valle de las espadas» (1963), «Edipo re» (1967), «Strategia del ragno» (1970), «Le champignon» (1970), «La casa dell’esorcismo» (1973), «L’anticristo» (1974), «Ce cher Victor» (1975), «1900» (1976), «The Cassandra Crossing» (1976), «Suspiria» (1977), «La luna» (1979), «Aquella casa en las afueras» (1980), «La caduta degli angeli ribelli» (1981), «Segreti, segreti» (1985), «A notre regrettable époux» (1988), «La bocca» (1988), «Il lungo silenzio» (1993), «A Month by the Lake» (1995), «Il dolce rumore della vita» (1999), «Semana Santa» (2002),…

Marlène Pilaete