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Caroline OTERO (1868 / 1965)

Caroline Otéro

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Caroline Otéro (née à Valga, Espagne) passe son enfance dans un environnement fait de pauvreté et de mendicité.
 A l’âge de dix ans, elle est victime d’un viol et, à l’âge de douze ans, elle fuit son village natal.

On n’a pas de renseignement vraiment fiable sur les années qui suivent, ce qu’Otéro racontera plus tard à ce propos étant sujet à caution. On sait par contre que la rencontre qui changera sa vie a lieu en France en 1889.
 En effet, cette année-là, elle est engagée par le co-administateur de l’Eden Museum de New York, Ernest Jurgens, alors à la recherche de talents européens pour son établissement.

Elle s’embarque pour les Etats-Unis en 1890 et, sous l’égide de Jurgens, fou amoureux d’elle, remporte un grand succès à l’Eden Museum dans un numéro de danses et chansons espagnoles.
 Une campagne de publicité astucieuse la présente alors comme une artiste connaissant un grand succès en Europe et lui accorde le titre de comtesse. Rien n’est vrai mais cela suffit à lancer la jeune femme et les propositions de contrat en provenance du Vieux Continent commencent à affluer.

Elle retourne en Europe en 1891, se fixe en France et, en quelques années, devient une des femmes les plus célèbres de son époque, faisant des tournées dans le monde entier.

Elle est en outre une des demi-mondaines les plus recherchées de la fin du dix-neuvième et du début du vingtième siècles.
 Ayant décrété que «la fortune vient en dormant mais pas en dormant seule», elle monnaie ses charmes à de fortunés et généreux amants. Son nom est notamment lié à ceux de William Kissam Vanderbilt, Albert Ier de Monaco, Léopold II de Belgique, le Prince de Galles, le Kaiser Guillaume II, le Tsar Nicolas II, Alphonse XIII d’Espagne ou encore le Shah de Perse.
 Belle revanche pour la petite miséreuse de Valga qui se retrouve richissime et couverte de bijoux. La légende veut que les coupoles de l’hôtel Carlton à Cannes, ouvert au début des années 10, doivent leur forme à ses seins.

Selon certaines sources, un opérateur travaillant pour les frères Lumière, Félix Mesguich, l’aurait filmée en train d’effectuer un numéro de danse avec un haut officier de l’armée russe à Saint-Petersbourg en 1898. Mais la projection du court-métrage aurait fait scandale et provoqué l’expulsion de Mesguich du pays pour outrage à l’armée impériale. D’autres sources évoquent une danse de l’artiste enregistrée par le kinétographe d’Edison en 1895 et mentionnent aussi sa présence au programme du «Phono-Cinéma-Théâtre» en 1900, lors de l’Exposition Universelle de Paris.

La Belle Otéro, comme on l’avait surnommée, abandonne la scène à l’âge de quarante-quatre ans.
 Elle sort néanmoins de sa retraite pour être la star du film italien «L’autunno dell’amore» (1918), réalisé par Gennaro Righelli pour la compagnie Tiber.

Au fil des ans, elle dilapide sa considérable fortune dans les salles de jeux.

En 1948, ruinée, elle s’installe dans une modeste chambre meublée de l’hôtel Novelty à Nice, où elle restera jusqu’à sa mort.

Marlène Pilaete