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Daisy et Violet HILTON (1908 / 1969)

Daisy Hilton et Violet Hilton sisters

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Les sœurs siamoises Daisy et Violet Hilton (nées à Brighton, Grande-Bretagne) sont, deux semaines après leur naissance, abandonnées par leur mère, une barmaid.
 C’est la patronne de celle-ci, Mary Hilton, qui les prend en charge, ayant deviné le profit qu’elle pourra tirer de la présentation au public des deux fillettes.
 Elles deviennent alors des attractions et sont exploitées sans vergogne par ce personnage peu recommandable.

A l’âge de huit ans, elles s’installent aux Etats-Unis.
 Au fil des ans, elles révèlent de véritables talents de chanteuses, danseuses et musiciennes et remportent de grands succès au music-hall.
 Elles ne recueillent pourtant pas les fruits de leur travail car, à la mort de Mary Hilton, sa fille, Edith, tout aussi peu scrupuleuse, prend le relais et empoche la majeure partie des bénéfices en compagnie de son mari.

En 1931, un avocat les sort de cette situation scandaleuse et elles peuvent prendre leur liberté. Elles continuent alors leur carrière dans le show business durant de longues années, en touchant enfin ce qui leur est dû.

En 1932, elles débutent à l’écran dans «Freaks». Au générique de ce film figurent aussi bon nombre d’autres "phénomènes de foire", comme on les appelle à l’époque.
 Le réalisateur, Tod Browning, jette néanmoins un regard bienveillant sur ces hommes et femmes à qui la vie n’a pas fait de cadeau et présente certains humains dits "normaux" comme bien plus monstrueux qu’eux.

Il faut attendre 1951 pour revoir Daisy et Violet à l’écran dans «Chained for Life», dont elles sont les stars.
 Cette production de série Z n’est malheureusement pas à la hauteur de son sujet qui, traité par un scénariste et un réalisateur valables, aurait pu aboutir à un résultat beaucoup plus intéressant.
 L’histoire est la suivante : une des deux sœurs se rend coupable d’un meurtre et la question qui se pose est de savoir s’il faut la punir en conséquence, et condamner ainsi sa sœur innocente à la même peine, ou s’il faut l’acquitter, en étant conscient que son crime restera dès lors impuni.

Dans les années 50, leur situation se précarise. Les sœurs Hilton n’ayant jamais eu un sens des affaires très développé, la fortune qu’elles avaient gagnée durant leur période de gloire a fini par s’évaporer.

Leur parcours chaotique les mène en 1962 dans la petite ville de Charlotte, où elles trouvent du travail dans une épicerie.

C’est là qu’elles s’éteignent en 1969, victimes d’une épidémie de grippe.

Marlène Pilaete