La collectionneuse

Galerie N° 67 : "Portraits of Jennie / Les portraits de Jennie"

Une de mes actrices préférées, Jennifer Jones, est décédée le 17 décembre 2009.

J’ai voulu lui rendre hommage en sélectionnant dix-sept cartes postales anciennes parmi la quarantaine que je possède d’elle dans ma collection.

Vous pourrez découvrir dans cette galerie ses multiples visages : une Jennifer tour à tour fraîche, sensuelle, élégante, tendue, souriante … qui, j’espère, vous donnera envie de (re)voir ses films.

Marlène Pilaete, mars 2010

Jennifer JONES (1919 / 2009)

Jennifer Jones (née à Tulsa, Etats-Unis) arrive à Hollywood en 1939, accompagnée par son époux, future vedette lui aussi, Robert Walker, dont elle divorcera en 1945.

Après avoir été refusée à la Paramount, elle est engagée par la compagnie Republic où elle tourne, sous son véritable nom, Phyllis Isley, un western, «New Frontier» (1939) et un serial, «Dick Tracy’s G-Men» (1939). Déçue, elle demande rapidement à être libérée de son contrat.

Après avoir donné naissance à deux enfants, Robert en 1940 et Michael en 1941, elle décide de se consacrer à nouveau à sa carrière.

Apprenant que la pièce «Claudia», brillamment interprétée à New York par Dorothy McGuire, va être montée à Chicago, elle pose sa candidature pour le rôle principal. Mais une autre comédienne prometteuse, Phyllis Thaxter, entre aussi dans la compétition et sera finalement choisie. David O.Selznick, qui a acheté les droits cinématographiques de la pièce et qui est toujours à la recherche de nouveaux talents, décide de rencontrer les deux concurrentes.

Le 31 août 1941, la charmante Mme Walker, qui a produit une impression très favorable, signe avec le célèbre producteur et, en janvier 1942, se voit rebaptisée Jennifer Jones. Selznick la prend sous son aile et persuade la 20th Century Fox qu’elle est l’actrice idéale pour interpréter Bernadette Soubirous dans «The Song of Bernadette» (1943), qui vaut à la jeune femme l’Oscar de la meilleure interprétation et en fait une star.

L’intérêt tout particulier que Selznick porte à sa nouvelle protégée n’est pas uniquement professionnel et débouche sur une liaison, qui s’achèvera par un mariage en 1949. Elle lui donnera en 1954 une fille, qui se suicidera en 1976.

Jennifer Jones reste une figure importante de Hollywood durant une quinzaine d’années et travaille notamment sous la direction de réalisateurs aussi réputés que William Dieterle, Ernst Lubitsch, King Vidor, John Huston, Vincente Minnelli ou encore William Wyler.

Actrice versatile, elle incarne, entre autres, une jeune américaine dont la vie est affectée par le second conflit mondial dans «Since You Went Away» (1944), une amnésique dans «Love Letters» (1945), une servante passionnée de plomberie dans la comédie «Cluny Brown» (1946), une métisse sensuelle dans le flamboyant western «Duel in the Sun» (1946), un fantôme dans «Portrait of Jennie» (1949), un des plus célèbres personnages de la littérature française dans «Madame Bovary» (1949), une ardente bohémienne dans «Gone to Earth» (1950), une fille pauvre accédant au pouvoir et à la richesse dans «Ruby Gentry» (1952), une doctoresse eurasienne vivant une passion avec William Holden dans «Love Is a Many-Splendored Thing» (1955) ou encore une infirmière tombant amoureuse de Rock Hudson durant la Grande Guerre dans «A Farewell to Arms» (1957).

Elle fait en outre une tentative de s’intégrer au courant néo-réaliste en tournant en Italie sous la direction de Vittorio de Sica «Stazione Termini» (1953) qui, loin de lui apporter la touche de prestige escomptée, est un échec commercial aux U.S.A.

A la fin des années 50, le couple Jennifer Jones – David O.Selznick se remet mal des critiques assassines ayant accueilli «A Farewell to Arms» et l’actrice est absente des écrans durant quelques années.

Son retour dans «Tender Is the Night» (1962) ne suscite pas grand enthousiasme et elle connaît alors une nouvelle période d’inactivité. La mort de Selznick en 1965 la laisse quelque peu désemparée et les années qui suivent sont difficiles. Sa carrière est au plus mal : «The Idol» (1966) et «Angel, Angel Down We Go» (1969) ne sont pas le genre de films à relancer une étoile sur le déclin.

Côté vie privée, elle fait une tentative de suicide en 1967. En 1971, elle épouse le richissime homme d’affaires et collectionneur d’œuvres d’art, Norton Simon, qui la laissera veuve en 1993. Elle fait ses adieux au cinéma en faisant partie du défilé de stars figurant au générique de «Towering Inferno»(1974).

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Ed.7.2.3 :25-8-2016