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Florence LAWRENCE (1886 / 1938)

Florence Lawrence

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Florence Lawrence (née à Hamilton, Canada) débute à l’écran aux Etats-Unis dans «Daniel Boone» (1907), une production Edison, avant de passer à la Vitagraph.
 Au milieu de l’année 1908, elle est engagée par La Biograph, où elle ne tarde pas à devenir une vedette. Pourtant, les spectateurs ne connaissent pas son nom car, au pays de l’Oncle Sam, les acteurs de cinéma de cette période jouent de façon anonyme.
 La jeune actrice est alors célèbre sous l’appellation de «The Biograph Girl».

D.W. Griffith la dirige à l’époque dans de nombreux courts-métrages, parmi lesquels «Betrayed by a Handprint» (1908), «Romance of a Jewess» (1908), «Taming of the Shrew» (1908), «The Song of the Shirt» (1908), «The Honor of Thieves» (1909), «The Prussian Spy» (1909), «Lady Helen’s Escapade» (1909), «The Resurrection» (1909),…

Lorsque la Biograph apprend que Florence Lawrence a entrepris des démarches auprès d’une autre firme, elle la licencie.
 Heureusement, elle est bientôt prise sous contrat par la compagnie IMP du producteur Carl Laemmle et, à partir de novembre 1909, sortent ses premiers films sous cette bannière, le premier étant «Love’s Stratagem».

L’astucieux Laemmle observe l’intérêt croissant du public envers les artistes des salles obscures et décide d’en profiter.
 Fin février 1910, il a l’idée de faire courir dans la presse le bruit de la mort de sa récente recrue dans un accident et, très vite, fait publier un démenti. Durant plusieurs semaines, tout le monde parle de la comédienne. Des articles et des photos sont diffusés et on a même droit à une interview de Florence qui paraît le 20 mars dans le journal "St. Louis Post Dispatch".

Le résultat de tout ceci est que son nom est bien sûr abondamment cité et son identité ainsi enfin révélée au plus grand nombre.
 Cet évènement est considéré par la plupart des historiens comme le véritable point de départ du star-system américain et comme le premier coup publicitaire concernant une étoile du Septième Art.
 En apothéose, on organise bientôt sa visite dans la ville de St. Louis, où elle est accueillie le 25 mars par une foule impressionnante de fans en délire, ce qui, pour une artiste de cinéma, ne s’était jamais vu.

Pour la IMP, elle tourne, entre autres, «The Miser’s Daughter» (1910), «A Reno Romance» (1910), «The Taming of Jane» (1910), «The Widow» (1910), «Pressed Roses» (1910),…
 L’étape suivante de son parcours professionnel se déroule aux studios Lubin où elle est l’interprète de, notamment, «A Show Girl’s Stratagem» (1911), «Her Artistic Temperament» (1911), «The Story of Rosie’s Rose» (1911), «His Chorus Girl Wife» (1911),…

Puis on assiste à la création de sa propre compagnie, la Victor, pour laquelle elle est la star de, par exemple, «Flo’s Discipline» (1912), «The Advent of Jane» (1912), «Betty’s Nightmare» (1912), «The Closed Door» (1913), «A Girl and Her Money» (1913), «The False Bride» (1914), «Diplomatic Flo» (1914),…

Fin mars 1914, elle est victime d’un accident durant le tournage de «The Pawns of Destiny» mais continue néanmoins à travailler durant quelques mois avec, notamment, «The Disenchantment» (1914), «Her Ragged Knight» (1914), «The Honor of the Humble» (1914),…
 Elle décide ensuite de faire une pause dans sa carrière. Sans doute de fortes douleurs dorsales consécutives à son accident ne sont-elles pas étrangères à ce choix.

Durant environ un an et demi, elle est absente des plateaux de cinéma.
 Son retour dans le film Universal «Elusive Isabel» (1916) est accueilli tièdement et ses prestations suivantes dans «The Face on the Screen» (1917) et «The Love Craze» (1918) passent inaperçues.
 Après une nouvelle période d’inactivité, elle tente un come-back avec «The Unfoldment» (1922), qui est un échec.

Par après, elle tient quelques seconds rôles mais, au fil des ans, sa place recule encore d’avantage aux génériques jusqu’à ce qu’elle devienne finalement une figurante.

Atteinte d’une douloureuse maladie des os et dépressive, Florence Lawrence met fin à ses jours le 28 décembre 1938 en avalant du formicide mélangé à du sirop antitussif.

Marlène Pilaete