X

Lena HORNE (1917 / 2010)

Lena Horne

icone

Lena Horne (née à New York, Etats-Unis) débute sa carrière professionnelle à l’âge de seize ans comme danseuse au Cotton Club de Harlem mais la jeune fille ne tarde pas à s’orienter vers la chanson.
 En 1938, on la peut déjà la voir à l’écran dans «The Duke Is Tops», destiné au public de couleur.

Après avoir été remarquée dans le night-club «Little Troc» de Los Angeles, elle est engagée en 1942 par la M.G.M.
 Elégante et glamoureuse, elle incarne alors à Hollywood une nouvelle image de la femme noire, bien éloignée des domestiques qu’on a l’habitude de voir à l’époque.
 Néanmoins, dans la plupart des comédies musicales qu’elle tourne, elle ne participe pas à l’action de manière directe et ses scènes sont généralement indépendantes de l’histoire, afin qu’elles puissent facilement être coupées lorsque ces films sont projetés dans les états du Sud des U.S.A.

Qu’à cela ne tienne, pour ceux qui ont la chance de les voir, les numéros chantés de la star figurent parmi les moments de choix de «Panama Hattie» (1942), «Thousands Cheers» (1943), «I Dood It» (1943), «Swing Fever» (1943), «Broadway Rhythm» (1944), «Two Girls and a Sailor» (1944), «Ziegfeld Follies» (1945), «Till the Clouds Roll By» (1946), «Words and Music» (1948) et «Duchess of Idaho» (1950).
 Ce n’est que dans deux productions entièrement interprétées par des artistes noirs qu’elle obtient de véritables rôles de premier plan et qu’elle peut donner toute la mesure de son talent : «Cabin in the Sky» (1943) et «Stormy Weather» (1943), pour laquelle elle est prêtée à la Fox.

Pour la petite histoire, notons qu’en 1943, pour profiter de la notoriété cinématographique toute neuve de la belle vedette, on assiste à la ressortie de «The Duke is Tops», rebaptisé bien opportunément «The Bronze Venus».
 Durant les années 40, elle ne se consacre pas uniquement Septième Art et travaille aussi à la radio, dans des cabarets et pour l’industrie du disque.

Cinématographiquement parlant, Lena Horne regrette que sa firme se montre un peu trop frileuse à son égard et est particulièrement très déçue qu’on ne pense pas à elle pour le rôle de la métisse Julie dans la troisième adaptation cinématographique de «Show Boat», qui sera finalement attribué à Ava Gardner.
 En mars 1950, on apprend que l’actrice et la M.G.M. mettent, de commun accord, fin au contrat qui les lie.

En juin de la même année, le nom de Lena apparaît dans la publication «Red Channels», qui recense des personnalités censées avoir des sympathies pour le Communisme, ce qui va lui causer quelques problèmes, dont le plus médiatisé est sans doute la polémique lancée autour de sa participation au populaire show télévisé «Toast of the Town» en septembre 1951.
 En effet, Jack O’Brian, célèbre critique au «Journal-American» et fervent adepte du maccharthysme, met tout en œuvre pour qu’elle soit déprogrammée du spectacle mais n’y réussit pas car la compagnie C.B.S. ne plie pas et la garde parmi les invités.
 Néanmoins, Lena Horne comprend alors qu’il est temps de se laver de tout soupçon et y arrive en mettant les choses au point avec le puissant journaliste de droite Sidney Sokolsky, et Theodore Kirkpatrick, un des responsables de «Red Channels».

On la revoit par la suite à plusieurs reprises au petit écran, par exemple dans le jeu à succès «What’s My Line?» en 1953 et 1958.

Cependant, dans les années 50, c’est sur scène qu’elle travaille le plus en se produisant, entre autres, au Sands à Las Vegas, au Waldorf Astoria à New York ou encore au Cocoanut Grove à Hollywood, et en remportant un grand succès à Broadway dans «Jamaica», qu’elle joue d’octobre 1957 à avril 1959.
 Elle fait également plusieurs tournées en Europe.
 Au cours de cette décennie bien remplie, elle interprète en outre une chanson dans le film «Meet Me in Las Vegas» (1956) et sort plusieurs disques, parmi lesquels, en 1957, le LP «Lena Horne at the Waldorf Astoria», qui se vend comme des petits pains.

Par la suite, son parcours est notamment marqué par le triomphe remporté par «Lena Horne : The Lady and her Music», un one-woman show qu’elle crée à Broadway en 1981 et qui lui vaut un Tony Award.
 La chanteuse continue bien sûr de fréquenter les studios d’enregistrement, et ce jusqu’en 2000.
 Sa production discographique lui permet d’ailleurs de recevoir des Grammy Awards en 1981 et 1995.

Mentionnons enfin bon nombre de prestations télévisuelles ainsi que ses deux dernières apparitions au Septième Art, comme partenaire de Richard Widmark dans «Death of a Gunfighter» (1969) et en bonne fée Glenda dans «The Wiz» (1978), nouvelle version du «Magicien d’Oz».

Marlène Pilaete