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Paola BORBONI (1900 / 1995)

Paola Borboni

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Paola Borboni (née à Parme, Italie) débute sur les planches à l’âge de seize ans.
 C’est en 1993 qu’elle fait sa dernière apparition sur scène et sa carrière s’étend donc sur presque quatre-vingts ans.
 L’étendue de son talent lui permet de jouer des auteurs aussi divers que Sophocle, Eschyle, Shakespeare, Molière, Goldoni, D’Annunzio, Deval, Shaw, Pirandello, Garcia Lorca, Ugo Betti, Brecht, Pinter, Diego Fabbri, Beckett, Ionesco, Duras,…

Pour l’anecdote, rappelons qu’elle fait scandale en 1925 dans la pièce «Alga marina».
 Elle y incarne une sirène et trouve tout à fait normal, vu le personnage, d’apparaître la poitrine nue, ce qui, à l’époque, se révèle choquant.

Cette figure majeure du théâtre italien du vingtième siècle a aussi à son actif plusieurs dizaines de films bien qu’elle-même, sans doute injustement, considérait la plupart comme sans valeur.
 Elle travaille d’abord pour le cinéma muet et, de 1918 à 1921, est la vedette de, entre autres, «Jacopo Ortis» (1918), «Il furto del sentimento» (1919), «Gli artigli d’acciaio» (1920), «Sinfonia pastorale» (1921),…

Elle revient ensuite à l’écran en 1936 et, si elle tient encore la tête d’affiche féminine de quelques productions comme, par exemple, «Lo smemorato» (1936) ou «Ho perduto mio marito !» (1937), c’est le plus souvent comme second rôle qu’elle est employée.

Elle tourne jusqu’en 1990 et on peut noter sa présence dans, notamment, «Sorelle Materassi» (1943), «La locandiera» (1944), «Roma ore 11» (1951), «Gelosia» (1953), «I vitelloni» (1953), «Casta diva» (1956), «L’oro di Roma» (1961), «Arabella» (1967), «Per grazie ricevuta» (1971),…

On trouve également dans son éclectique filmographie des titres plus étonnants comme «Cuando le donne avvevano la coda» (1971), dans lequel elle se retrouve à la tête d’une tribu de femmes des cavernes, «Le juge» (1971), western franco-italien avec Pierre Perret, «La cage aux folles II» (1980), qui la transforme en mère de Renato, ou encore «Yes Giorgio» (1982), où le ténor Luciano Pavarotti s’essaie, sans lendemain, au métier d’acteur.

L’anti-conformisme dont fait preuve Paola Borboni durant sa carrière se reflète en outre dans sa vie privée lorsqu’elle épouse en 1972 le poète Bruno Vilar, de quarante-deux ans son cadet. Celui-ci trouvera la mort en 1978 dans un accident de voiture.

Marlène Pilaete