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Olga TSCHECHOWA (1897 / 1980)

Olga Tschechowa

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Nièce d’Olga Knipper, une grande actrice de théâtre qui fut l’épouse du célèbre auteur Anton Checkhov, Olga Tschechowa (née à Alexandropol, Russie, aujourd’hui Gyumri, Arménie) tient des petits rôles dans trois films russes en 1917 et 1918.
 En 1920, elle part en Allemagne, pays d’origine de son père, où, faisant preuve de la débrouillardise qui sera toujours un des traits marquants de sa personnalité, elle réussit à s’introduire dans le milieu du cinéma allemand.

En 1921, sa carrière de star démarre et se poursuit sans temps mort jusqu’au milieu des années 40.
 Elle est alors la vedette de, entre autres, «Schloss Vogelöd» (1921), «Der Todesreigen» (1922), «Tatjana» (1923), «Nora» (1923), «Soll und Haben» (1924), «Liebesgeschichten» (1925), «Der Feldherrnhügel» (1926), «Das Meer» (1927), «Weib in Flammen» (1928), «Diane» (1929), «Zwei Kravatten» (1930), «Panik in Chicago» (1931), «Trenck» (1932), «Der Choral von Leuthen » (1933), «Was bin ich ohne Dich» (1934), «Sylvia und ihr Chauffeur» (1935), «Der Favorit der Kaiserin» (1936), «Unter Auschluss der Öffentlichkeit » (1937), «Das Mädchen mit dem guten Ruf» (1938), «Bel Ami» (1939), «Angelika» (1940), «Menschen im Sturm» (1941), «Mit den Augen einer Frau» (1942), «Gefährlicher Frühling» (1943), «Melusine» (1944),…

En 1936, elle se voit accorder le titre prestigieux d’ "Actrice d’Etat".

Elle travaille aussi en France pour «Un chapeau de paille d’Italie» (1927) et «L’argent» (1936) et en Grande-Bretagne pour «Moulin Rouge» (1928) et «After the Verdict» (1929).
 Elle est en outre l’interprète des versions françaises de quelques-uns de ses films allemands ainsi que des versions germanophones de trois productions en langue anglaise.
 C’est ainsi par exemple qu’Alfred Hitchcock la dirige dans «Mary» (1931), adaptation de «Murder» destinée au public allemand.

Ajoutons enfin que, durant sa carrière, elle se retrouve à plusieurs reprises productrice et qu’elle réalise en 1929 «Der Narr seiner Liebe», dont l’acteur principal n’est autre que Michael Tschechow, qui fut son époux de 1914 à 1917.

Pour une femme qui pouvait être considérée comme ayant abandonné la Russie et qui était d’ailleurs devenue citoyenne allemande en 1930, elle est, curieusement, traitée avec bienveillance par les troupes d’occupation soviétiques après la chute de Berlin.
 Selon certaines sources, elle aurait été recrutée au début des années 20 par les services secrets russes, ce qui expliquerait ce traitement de faveur.
 Elle aurait accepté cet enrôlement, non par idéalisme politique, mais, de façon plus pragmatique, afin d’obtenir des visas pour que des membres proches de sa famille puissent la rejoindre en Allemagne.
 Quoiqu’il en soit, il semble établi, jusqu’à preuve du contraire, que son rôle actif en tant qu’“espionne” ait été plutôt anecdotique et peu important.

L’actrice retrouve le chemin des plateaux de tournage à partir de 1949 et figure au générique d’une quinzaine de productions jusqu’en 1955, parmi lesquelles «Eine Nacht im Séparée» (1949), «Maharadscha wieder Willen» (1950), «Talent zum Glück» (1951), «Alles für Papa» (1953), «Die Barrings» (1955),…

Par la suite, elle se consacre principalement à la société de cosmétiques qu’elle fonde et qu’elle dirigera jusqu’à sa mort. On ne la voit dès lors plus que dans quatre films pour le grand écran, le dernier en 1974.

Marlène Pilaete