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Annie GIRARDOT (1931 / 2011)

Annie Girardot

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Annie Girardot (née à Paris, France) débute à l'écran dans «Treize à table» (1955), dont la vedette est Micheline Presle.
 En 1956, elle remporte le prix Suzanne Bianchetti, récompensant une artiste féminine prometteuse, pour «L'homme aux clés d'or».
 Elle confirme ses dons en donnant notamment la réplique à Jean Gabin dans «Le rouge est mis» (1957) et «Maigret tend un piège» (1958) et obtient pour première fois son nom en tête de générique dans «Le désert de Pigalle» (1958).

En 1960, elle incarne, sous la direction de Luchino Visconti, la prostituée Nadia dans «Rocco e i suoi fratelli», sans doute une de ses meilleures créations.
 Durant quelque temps, elle se partage alors principalement entre la France et l'Italie et on peut la voir dans, par exemple, «Le bateau d'Emile» (1961), «Smog» (1962), «Le vice et la vertu» (1962), «I compagni» (1963), «Un monsieur de compagnie» (1964), «La donna scimmia» (1964), «La ragazza in prestito» (1964), «Una voglia da morire» (1965), «Trois chambres à Manhattan» (1965),…

Au milieu des années 60, les propositions de tournage se raréfient et Annie Girardot se retrouve au creux de la vague mais, heureusement, Claude Lelouch la relance bientôt avec «Vivre pour vivre» (1967).
 Elle est par la suite l'interprète de, entre autres, «Erotissimo» (1968), «Elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas mais… elle cause !» (1969), «Un homme qui me plaît» (1969), «Mourir d'aimer» (1970), «La vieille fille» (1971), «La mandarine» (1971), «Traitement de choc» (1972), «Juliette et Juliette» (1973), «La gifle» (1974), «Docteur Françoise Gailland» (1975), qui lui vaut le César de la meilleure actrice, «Cours après moi que je t'attrape» (1976), «Tendre poulet» (1977), «La zizanie» (1977), «La clé sur la porte» (1978), «Cause toujours tu m'intéresses» (1979), «On a volé la cuisse de Jupiter» (1980),…

Elle a encore le temps de travailler avec quelques réalisateurs transalpins et figure ainsi à l'affiche de «Dillinger è morto» (1968) et «Il seme dell'uomo» (1970) de Marco Ferreri, qui l'avait d'ailleurs déjà dirigée dans «La donna scimmia», «Metti una sera a cena» (1969) de Giuseppe Patroni Griffi, «Il sospetto» (1974) de Francesco Maselli et «L'ingorgo» (1978) de Luigi Comencini.
 Plus inattendue est sa présence dans «Bice skoro propast veta» (1969), réalisé en Yougoslavie.

Dans les années 80, la carrière cinématographique de la star féminine la plus populaire du box-office français des années 70 décline et ce qu'elle tourne n'attire plus le public comme auparavant.
 Elle a plus de chance à la télévision, et, dans ce domaine, mentionnons des titres comme «Mussolini et moi» en 1985, «Florence ou la vie de château» en 1987, «Le vent des moissons» en 1988, «Orages d'été» en 1989, «Les filles du Lido» en 1995,…

Le septième Art “redécouvre” la comédienne en lui décernant un César du meilleur second rôle en 1996 pour «Les misérables» (1995) et le même prix lui est remis en 2002 pour «La pianiste» (2001).
 La dernière partie de sa filmographie comporte encore quelques productions intéressantes comme «Caché» (2004) «Je préfère qu'on reste amis» (2004) ou encore «Le temps des porte-plumes» (2005).
 Elle continue en outre à travailler pour le petit écran.

Le théâtre occupe aussi une place importante dans le parcours d'Annie Girardot, avec pour preuve un Molière d'honneur attribué en 2002.
 Lors de la même cérémonie, elle reçoit également le Molière de la meilleure interprétation pour sa pièce-fétiche, «Madame Marguerite» de Roberto Athayde, qu'elle avait jouée pour la première fois en 1974.
 Citons quelques-unes de ses autres prestations scéniques : «La machine à écrire» de Jean Cocteau en 1956, «Deux sur la balançoire» de William Gibson en 1958, «L'idiote» de Marcel Achard, qu'elle crée en 1960, «L'avare» de Molière en 1986, etc.

En 2006, on apprend qu'elle est atteinte de la maladie d'Alzheimer. Obligée d'abandonner son métier, elle vit les dernières années de sa vie sans se rappeler qu'elle avait été une des vedettes les plus aimées de l'Hexagone.

Marlène Pilaete