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MISTINGUETT (1875 / 1956)

Mistinguett

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Mistinguett (née à Enghien-les-Bains, France) débute officiellement sur scène en décembre 1893.
 Elle se produit beaucoup à l'Eldorado de Paris de 1897 à 1906 et gravit progressivement les échelons de la célébrité jusqu'à devenir une personnalité reconnue dans l'univers du café-concert.

Elle s'oriente ensuite vers le music-hall et remporte un grand succès au Moulin-Rouge en 1908 en dansant avec Max Dearly la “valse chaloupée”.
 L'image de Mistinguett s'implante alors fermement dans l'univers du spectacle français.
 Son ascension se poursuit et on apprécie notamment beaucoup une “valse renversante” qu'elle crée aux Folies-Bergère en décembre 1911 avec Maurice Chevalier, avec qui elle ne va pas tarder à entamer une histoire d'amour d'une dizaine d'années.

Mistinguett devient bientôt la reine de Paris grâce à de nombreuses revues qu'elle joue dans tous les grands établissements de la Capitale : l'Olympia, la Scala, le Femina, le Ba-Ta-Clan, le Casino de Paris, le Moulin-Rouge, les Folies-Bergère, l'Alhambra, etc.
 Citons par exemple «La revue légère» (1914), «Taisez-vous, méfiez-vous» (1915-1916), «Celle à Miss» (1917), «Pa-ri-ki-ri» (1918-1919), «Paris qui jazz» (1920-1921), «En douce» (1922-1923), «Revue Mistinguett» (1925-1926), «Ca c'est Paris» (1926-1927), «Paris-Miss» (1929-1930), «Paris qui brille» (1931-1932), «Folies en folie» (1933-1934), «Fleurs de Paris» (1936), «Féerie de Paris» (1937-1938),…
 Elle n'oublie pas bien sûr de se produire en Province et à l'étranger (Europe, Afrique du Nord, Etats-Unis et Amérique du Sud).

Quelques pièces de théâtre émaillent aussi son parcours, parmi lesquelles «L'âne de Buridan» de Flers et Caillavet en 1909, «Le bonheur sous la main» de Paul Gavault en 1912 ou encore «Madame Sans-Gêne» de Victorien Sardou en 1921.
 Quant à ses chansons, interprétées de sa voix reconnaissable entre toutes, citons-en quatre parmi les plus emblématiques : «Mon homme», «C'est vrai», «Ca c'est Paris» et « Je cherche un millionnaire ».

Malgré le temps qui passe et les rivales qui défilent, Mistinguett conserve son rang et son étoile brille de tous ses feux au firmament du music-hall.
 De nombreux facteurs expliquent cette suprématie : son professionnalisme, son énergie, sa gouaille, ses rapports privilégiés avec le public, sa ténacité, son instinct artistique, son sens des affaires et de la publicité, ses fameuses jambes,… la liste n'est pas exhaustive.

Une telle personnalité ne laisse pas insensible l'industrie cinématographique et, de 1908 à 1917, elle tourne, entre autres, «L'empreinte» (1908), «Fleur de pavé» (1909), «La fiancée récalcitrante» (1909), «Zizi la bouquetière» (1910), «Une petite femme bien douce» (1910), «Les fiancés de Colombine» (1911), «L'épouvante» (1911), «La ruse de Miss Plumcake» (1911), «L'oubliée» (1912), «La valse renversante» (1912), «Les misérables» (1913), «La moche» (1913), «La glu» (1913), «Chignon d'or» (1916), «Fleur de Paris» (1916), «Mistinguett détective» (1917),…
 Elle est en outre la vedette en Italie de «La doppia ferita» (1915) d'Augusto Genina.

Par la suite, sa filmographie ne s'enrichit plus que de deux titres.
Dans les années 20, elle tient son propre rôle dans «L'île d'amour» (1928) et, en 1936, elle est la protagoniste de son unique film parlant, «Rigolboche» où, fidèle à son image d'éternelle jeunesse, elle incarne, à soixante ans passés, la mère d'un enfant en bas-âge.

Dans les années 40, on peut toujours voir l'infatigable star se produire dans des spectacles et des tours de chant.
 De mai 1949 à février 1950, elle mène encore au succès, dans la salle de l'A.B.C., sa dernière revue parisienne, «Paris s'amuse», dans laquelle, pour montrer qu'elle est toujours dans le coup, elle s'essaie au be-bop.
 Dans le début des années 50, elle se retire, finalement vaincue par l'âge et des ennuis de santé.

Marlène Pilaete