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Margo LION (1899 / 1989)

Margo Lion

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La Française Margo Lion (née à Constantinople, aujourd’hui Istanbul, Turquie) s’installe en Allemagne au début des années 20 et devient une vedette de la scène berlinoise.
 Les cabarets sont alors en pleine vogue à l’époque de la République de Weimar et l’artiste en est un des fleurons.
 Parmi ses prestations, on peut notamment citer en 1928 la revue «Es liegt in der Luft», dans laquelle elle interprète, en duo avec Marlene Dietrich, la chanson à succès «Wenn die beste Freundin», aux sous-entendus lesbiens.

Après une petite apparition dans une production muette de 1926, le Septième Art s’intéresse à Margo Lion à l’avènement du parlant.
 Mais, si son physique particulier ne lui avait posé aucun problème sur scène, où il constituait même un atout, il en est différemment au cinéma, où elle ne peut jouer les jeunes premières ou les séductrices.
 Elle arrive néanmoins à se faire une place et travaille régulièrement dans les studios.

Son rôle le plus célèbre demeure sans doute celui de la prostituée Jenny dans la version française de «L’opéra de quat’sous» (1930), réalisée par G.W.Pabst.
 Dans la version allemande, on notera que le même personnage est joué par Lotte Lenya, une autre comédienne aux traits caractéristiques.
 Elle figure en outre au générique de, entre autres, «Ich geh’aus und Du bleibst da» (1931), «Die koffer der Herrn O.F.», «Die grosse Attraktion» (1931), «Goldblondes Mädchen, ich schenk Dir mein Herz» (1932), «… Und wer küsst mich ?» (1933), «Hände aus dem Dunkel» (1933),…
 Son talent est alors le plus souvent utilisé dans des comédies.

Après le suicide de son époux, le célèbre parolier Marcellus Schiffer, en 1932 et l’avènement au pouvoir d’Hitler en 1933, Margo Lion quitte l’Allemagne pour la France, où elle poursuit sa carrière cinématographique dans des seconds rôles souvent marqués par son attachante et atypique personnalité.
 On peut la voir dans, par exemple, «Du haut en bas» (1933), «La Bandera» (1935), dans lequel elle incarne un personnage surnommé «Planche à pain» (!!!), «Claudine à l’école» (1937), «L’affaire Lafarge» (1937), «L’homme de nulle part» (1937), «L’alibi» (1937), «Je chante» (1938),…

Après s’être tenue à l’écart des plateaux de tournage durant l’Occupation, elle en retrouve le chemin après la Libération.
 Jusqu’en 1975, elle tourne encore une trentaine de productions de toutes sortes, allant d’adaptations de Strindberg, Bernanos ou Zola à des séries B mettant en scène l’agent secret Coplan ou le détective Nick Carter, en passant même par une comédie avec Jean Lefebvre.
 Citons plusieurs titres comme «Tant que je vivrai» (1945), «La danse de mort» (1946), «Femme sans passé» (1948), «L’aiguille rouge» (1950), «Les amours finissent à l’aube» (1952), «Je plaide non coupable» (1955), «Le dialogue des carmélites» (1959), «Julie la rousse» (1959), «Jusqu’à plus soif» (1961), «Coplan prend des risques» (1963), «Le fou du labo 4» (1967), «La faute de l’abbé Mouret» (1970), «L’humeur vagabonde» (1971), ou encore «Docteur Françoise Gailland» (1975).

Du milieu des années 50 à 1981, elle est également active à la télévision.

Marlène Pilaete