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SYLVIE (1883 / 1970)

Louise Sylvie

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Après avoir remporté un Premier Prix de comédie au Conservatoire en 1901, Sylvie entame un brillant parcours théâtral, émaillé de titres comme «L’Arlésienne» d’Alphonse Daudet, «Vieil Heidelberg» de Wilhelm Meiser-Foerster, «Les femmes savantes» de Molière, «Résurrection» d’Henry Bataille d’après l’œuvre de Tolstoï, «Le canard sauvage» d’Ibsen, «Les corbeaux» d’Henry Becque, «La galerie des glaces» d’Henry Bernstein, «L’ennemie» d’André-Paul Antoine, etc.

Elle débute à l’écran en 1912 et, jusqu’en 1917, fréquente régulièrement les plateaux de tournage.
 Sa filmographie muette n’est d’ailleurs pas inintéressante et mérite qu’on s’y attarde un peu.
 Elle est notamment une des protagonistes de «Germinal» (1913), dans lequel elle incarne Catherine Maheux, un des personnages principaux du célèbre roman de Zola.

Elle est également l’héroïne de «Marie-Jeanne ou la femme du peuple» (1914) et de «L’héritage d’Ursule» (1915), adapté de l’œuvre de Balzac, «Ursule Mirouet».
 Elle figure en outre au générique de «La joie fait peur» (1914), «Au-dessus de l’amour» (1916) ou encore «Le coupable» (1917).
 Dans les années 20, elle fait une seule incursion dans les salles obscures en jouant Henriette Laroque dans «Roger La Honte» (1922).

Elle revient au septième Art dans «Crime et châtiment» (1934) et devient dès lors un second rôle marquant du cinéma français.
 On se rappelle particulièrement de la femme qui venge la mort de son fils dans «Le corbeau» (1943) et de la belle-mère de Simone Signoret dans «Thérèse Raquin» (1953).

Mais d’autres titres peuvent être cités comme, entre autres, «L’affaire Lafarge» (1937), «La fin du jour» (1938), «Romance de Paris» (1941), «Marie-Martine» (1942), «Les anges du péché» (1943), «L’idiot» (1945), «Pour une nuit d’amour» (1946), «Dieu a besoin des hommes» (1949), «Nous sommes tous des assassins» (1952), «Michel Strogoff» (1956), «Le miroir à deux faces» (1958), «Château en Suède» (1963),…

Sylvie franchit aussi les Alpes à quelques reprises.
 On se souvient par exemple de Madame Cristina, la vieille institutrice, dans «Don Camillo» (1951), de la nourrice Euryclée dans le péplum «Ulisse» (1954) et de la grand-mère de Marcello Mastroianni et Jacques Perrin dans «Cronaca familiare» (1962).

En fin de carrière, «La vieille dame indigne» (1964) de René Allio lui donne l’occasion de tenir le rôle féminin principal, ce qui ne lui était plus arrivé depuis l’époque du muet.

Pour terminer, ajoutons que l’actrice prête ses traits à la mystérieuse Lady Hodwin dans le feuilleton télévisé «Belphégor» (1965), qui remporte à l’époque un triomphal succès d’audience.

Marlène Pilaete