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Fern ANDRA (1893 / 1974)

Fern Andra

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Fern Andra (née à Watseka, Etats-Unis) serait, selon certaines sources, apparue en 1899 dans une adaptation filmée de «Uncle Tom’s Cabin» mais cette information est sujette à caution car il semble que le premier film tiré du livre d’Harriet Beecher Stowe date de 1903.
 D’après d’autres sources, elle aurait bien joué «Uncle Tom’s Cabin» étant enfant, mais dans une version théâtrale, ce qui semble plus plausible.

Quoi qu’il en soit, c’est comme funambule qu’elle se fait connaître.
 Une tournée en Europe l’amène en Allemagne, où elle débute officiellement à l’écran en 1913 dans le rôle principal de «Das Ave Maria», sous le pseudonyme de "Fern Andrée", abandonné rapidement pour être remplacé par Fern Andra.

Elle s’impose comme une des grandes stars du cinéma muet allemand et, ne se contentant pas d’être actrice, elle se retrouve aussi à plusieurs reprises productrice, réalisatrice et/ou scénariste des films dans lesquels elle joue.

Parmi les titres de sa filmographie, aussi bien issus de sa propre compagnie que d’autres firmes, on peut citer, entre autres, «Der Stern» (1914), «Mondfischerin» (1914), «Gesprengte ketten» (1915), «Ein Motte flog zum Licht» (1915), «Ernst ist das Leben» (1916), «Der Gürtel der Dollarfürstin» (1916), «Das Lebens ungemischte Freude» (1917), «Aus des Lebens rauher Bahn» (1918), «Gebannt und erlöst» (1919), «Genuine» (1920), «Die Nacht der Königin Isabeau» (1920), «Madame Récamier» (1920), «Die treibende Kraft» (1921), «Praschnas Geheimnis» (1922), «Der rote Reiter» (1923), «Die Liebe ist der Frauen Macht» (1924), «… und es lockt ein Ruf aus sündiger Welt» (1925), «Frauen der Leidenschaft» (1926),…

Hors des plateaux de tournage, l’existence de Fern Andra est assez mouvementée.
 En effet, lors de l’entrée en guerre des Etats-Unis en 1917, elle devient suspecte aux yeux des autorités de son pays d’accueil.
 Pour prouver l’estime qu’elle a pour l’Allemagne, elle ne tarde alors pas à épouser le baron prussien Friedrich von Und Zu Weichs, qui meurt au front peu après.
 Il est possible que les soupçons germaniques aient été fondés car, bien des années plus tard, elle confiera avoir mémorisé à l’époque des messages codés et les avoir transmis à des contacts américains basés à Copenhague.

En 1922, elle survit au crash d’un avion piloté par l’as de la Grande Guerre Lothar von Richthofen, qui périt dans l’accident.
 L’année suivante, elle se marie avec le champion de boxe Kurt Prenzel, dont elle divorcera plus tard.

Après le tournage de «Funkzauber» (1927), elle décide, sa carrière étant en déclin, de se rendre en Angleterre où elle est la vedette de «The Burgomaster of Stilemonde» (1928), «The Warning» (1928) et «Spangles» (1928).
 Elle repart ensuite vers son pays natal où elle tient un second rôle dans «Eyes of the World» (1930) et est la tête d’affiche de «Lotus Lady» (1930), une série B produite par une firme de seconde catégorie. Ce sont là ses adieux au Septième Art.

Aux U.S.A., elle est, par la suite, la femme de l’acteur Ian Keith durant quelque temps et trouve enfin la stabilité sentimentale en épousant le général Samuel Edge Dockrell en 1938. Montrant son attachement à la cause alliée démocratique, elle participe à des actions destinées à décrédibiliser le régime hitlérien en enregistrant en allemand des messages radio de propagande anti-nazie à destination de l’Europe.

Dans la première moitié des années 50, après une très longue absence, elle remet, pour la première fois, les pieds en Allemagne, où elle acquiert d’ailleurs bientôt une propriété à Wiesbaden.

Marlène Pilaete