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Asta NIELSEN (1881 / 1972)

Asta Nielsen

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Asta Nielsen (née à Copenhague, Danemark) se lance officiellement sur scène en 1902.
 Déçue de ne pas trouver toutes les opportunités de progresser au théâtre, elle accepte l’offre du réalisateur Urban Gad d’être la vedette du film «Afgrunden» (1910), qui en fait instantanément une star de l’écran.
 Elle est encore l’interprète de deux productions danoises, «Den sorte drom» (1911) et «Balletdanserinden» (1911) mais c’est l’Allemagne qui finit par décrocher la timbale et réussit à s’assurer les services de l’actrice grâce à des offres financières très avantageuses.

Bientôt surnommée "la Duse de l’art cinématographique", en référence à l’illustre comédienne italienne, la prestigieuse étoile est alors la protagoniste de, entre autres, «Heisses Blut» (1911), «Nachtfalter» (1911), «Die Arme Jenny» (1912), «Der Totentanz» (1912), «Das Mädchen ohne Vaterland» (1912), «Der Tod in Sevilla» (1913), «Die Suffragette» (1913), «Die Filmprimadonna» (1913), «Engelein» (1914), «Zapatas Bande» (1914), «Vordertreppe und Hintertreppe» (1915), «Die Falsche Asta Nielsen» (1915), «Die Ewige Nacht» (1916), «Das Liebes - ABC» (1916), «Dora Brandes» (1916), «Weisse Rosen» (1917), «Das Waisenhauskind» (1917), «Das Eskimobaby» (1918), «Die Börsenkönigin» (1918), «Das Ende vom Liede» (1919), «Rausch» (1919), «Der Reigen» (1920), «Kurfürstendamm» (1920), «Irrende Seelen» (1921), «Vanina» (1922), «Erdgeist» (1923), «Das Haus am Meer» (1924), «Hedda Gabler» (1924), «Die Freudlose Gasse» (1925), «Die Gesunkenen» (1926), «Dirnentragodie» (1927), …

Pour le compte de sa propre compagnie de production, la Art-Film GmbH, on peut en outre la voir dans «Hamlet» (1921), «Fräulein Julie» (1922) et «Der Absturz» (1923).
 Elle retravaille aussi dans les studios danois en figurant au générique de «Mod Lyset» (1919).

Avec sa silhouette élancée et assez anguleuse, son côté parfois un peu androgyne et ses grands yeux sombres et ardents, Asta Nielsen est l’antithèse de l’autre personnalité féminine majeure du cinéma muet allemand, la robuste et rassurante Henny Porten.

Après «Das Gefährlichen alter» (1927), elle délaisse les plateaux de tournage et retourne sur les planches où elle joue notamment «La dame aux camélias».
 En 1932, elle apparaît dans son unique film parlant «Unmögliche Liebe» (1932), dans lequel elle incarne une veuve, mère de deux jeunes filles, qui s’éveille de nouveau à l’amour avant de connaître la désillusion.

Ayant peu d’affinités avec le régime nazi, elle retourne au Danemark quelques années après l’arrivée d’Hitler au pouvoir.
 Au milieu des années 40, elle fait paraître ses mémoires et, en 1968, elle réalise un documentaire autobiographique.

Celle dont le poète Guillaume Apollinaire disait qu’elle était "la vision d’un ivrogne et le rêve d’un ermite" meurt à un âge avancé des suites d’une mauvaise chute.

Marlène Pilaete