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Eugénie BUFFET (1866 / 1934)

Eugénie Buffet

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Après avoir travaillé comme bonne à tout faire, Eugénie Buffet (née à Tlemcen, Algérie) débute sur scène à Mostaganem à l'âge de dix-sept ans.
 Elle commence à se faire engager comme chanteuse dès 1884, d'abord dans des guinguettes et des cafés mal fréquentés à Marseille et à Tunis, mais la réussite n'est pas au rendez-vous.

Après une expérience particulièrement malheureuse en 1886 dans une maison plus prestigieuse, le Palais de Cristal de Marseille, elle part à Paris, où, durant quelques années, elle mène une existence de demi-mondaine entretenue par de riches protecteurs.
 Mais, tiraillée par son envie de se produire sur scène, elle se lasse bientôt de ce milieu.

Au début des années 1890, elle remporte enfin son premier succès à la Cigale, un café-concert renommé.
 Par la suite, on la retrouve à l'affiche d'autres grands établissements de la capitale comme la Gaîté-Rochechouart, la Gaîté-Montparnasse ou Les Ambassadeurs.
 Etonnamment, cela ne l'empêchera pas d'exercer également son art dans la rue et de verser la recette de cette activité aux déshérités.

Durant sa carrière, elle fait aussi des tournées internationales et se produit en Europe, en Afrique, en Amérique du Sud et aux Etats-Unis.
 Pendant la première guerre mondiale, elle se dépense sans compter, en travaillant d'abord pour la Croix-Rouge, puis en chantant pour divertir les soldats dans les hôpitaux et sur le front.

«La sérénade du pavé» demeure sans doute le titre le plus célèbre de son répertoire, qui comporte cependant d'autres airs connus de l'époque comme «La chanson des gueux» de Jean Richepin, «La chanson des heures» de Xavier Privas ou encore «Ferme tes jolis yeux» de René De Buxeuil.

Elle débute au cinéma en partageant la vedette avec la petite Régine Dumien de «La joueuse d'orgue» (1924) et incarne ensuite Letizia Bonaparte dans «Napoléon», grande fresque historique d'Abel Gance présentée au public en 1927.

Ne s'étant jamais ménagée, elle connaît, au milieu des années 20, de sérieux ennuis de santé, qui la forcent à prendre ses distances avec le monde du spectacle.
 S'étant, dans sa vie, plus occupée des autres que d'elle-même, elle meurt dans le dénuement en 1934.
 Sur sa tombe, est gravée cette épitaphe : "Eugénie Buffet – Cigale nationale – Caporal des poilus – Chevalier de la Légion d'Honneur".

Vingt ans après sa mort, elle est incarnée par Edith Piaf dans «French Cancan» (1954), film-hommage de Jean Renoir à la Belle Epoque.

Marlène Pilaete