X

Gina MANES (1893 / 1989)

Gina Manès

icone

Gina Manès (née à Paris, France) débute à l'écran dans la seconde moitié des années 10.
 Elle devient une vedette grâce à «L'auberge rouge» (1923) et «Cœur fidèle» (1923) de Jean Epstein.
 Elle est ensuite l'interprète de, notamment, «La main qui a tué» (1924), «Naples au baiser de feu» (1925), «Le train sans yeux» (1926), «Napoléon» (1927), d'Abel Gance, dans lequel elle incarne Joséphine de Beauharnais,…
Son physique félin et sensuel tranche alors avec celui des autres stars féminines du cinéma français de l'époque.

A la fin des années 20, elle est très sollicitée par des firmes allemandes, pour qui elle tourne «Thérèse Raquin» (1928), «Mädchenschicksale» (1928), «Die kleine sklavin» (1928), «S.O.S. Schiff im not» (1928). «Looping the Loop» (1928), «Die Heilige und ihr Narr» (1928) et «Quartier latin» (1929).
 Elle trouve en outre le temps d'aller jouer les tentatrices en Suède, sous la direction de Gustav Molander, dans «Synd» (1928).

Elle revient ensuite en France où on la voit dans «Un soir au cocktail's bar» (1929) et «Nuits de princes» (1929).
 Mais une nouvelle aventure attend la comédienne, qui est choisie pour être la protagoniste du premier film sonore et parlant réalisé entièrement en France, «Le requin» (1929). Elle passe le cap sans problème et, par la suite, apparaît dans, entre autres, «Une belle garce» (1930), «Salto mortale» (1931), «Sous le casque de cuir» (1931), «La tête d'un homme» (1932), «La voie sans disque» (1933),…

Malheureusement, elle prend bientôt la décision de partir au Maroc, où elle ouvre une auberge-cantine à Mechra Ben Abbou, une entreprise qui se solde par un échec.
 A son retour dans son pays natal, elle ne retrouve plus la place qui était la sienne et se voit principalement proposer des seconds rôles, comme dans, par exemple, «Barcarolle» (1935), «Mayerling» (1936), «Mollenard» (1937), «La maison du Maltais» (1938), «Le récif de corail» (1938), etc.

Néanmoins, on lui confie encore des personnages principaux dans «Maria de la nuit» (1936) et «La mystérieuse Lady» (1936), mais ces productions ne sont pas assez marquantes pour renverser la tendance.
 Elle tient aussi la tête d'affiche féminine du film belge «Le mort» (1936), sombre drame naturaliste qui la transforme en prostituée vieillissante et sans scrupules.

En 1942, alors qu'elle se produit dans un numéro de dressage au cirque Médrano, elle est grièvement blessée par un tigre. Après plusieurs opérations chirurgicales, elle fait son retour dans les studios pour «Les caves du Majestic» (1944).

Dans la seconde moitié des années 40, elle retourne au Maroc, où elle ouvre un cours d'art dramatique à Rabat. Déçue par  manque de support des autorités en place, elle revient par après définitivement en France.

Elle poursuit alors sa carrière cinématographique jusqu'au milieu des années 60 mais, pour Gina Manès, le temps des premières places dans les génériques n'est désormais plus qu'un souvenir. On peut alors la retrouver, au gré des tournages, sous les traits d'une concierge, d'une habilleuse, d'une paysanne, d'une tenancière de bistrot ou encore d'une péripatéticienne.

Marlène Pilaete