Marion DAVIES (1897 / 1961)

Ciné-Miroir N° 182 du 28-9-1928

Paris semble être devenu le lieu de rendez-vous des vedettes d'Hollywood. Après Pola Negri, Dolorès del Rio et Constance Talmadge, voici que Marion Davies est maintenant parmi nous.

La délicieuse artiste a bien voulu nous recevoir dans un des luxueux salons de l'hôtel voisin des Champs-Élysées où elle est descendue et a longuement bavardé avec nous.

Marion Davies à Paris

Marion DaviesMarion Davies

Je suis heureuse de me retrouver à Paris, nous dit-elle souriante. J'aime tant cette ville que, à chacun de mes voyages en Europe, j'y établis mon quartier général. Il y a trois semaines, j'y ai séjourné plusieurs jours avant de partir pour la grande randonnée que je viens de terminer.
- Ah ! Et où êtes-vous allée ?
- Dans beaucoup de pays. Tenez, voici des photographies prises au cours de ce beau voyage. Me voici devant l'Hôtel de la Monnaie, à Bruxelles ; dans la campagne hollandaise, avec ses moulins à vent ; à Berlin, sur les marches du Palais du Reichstadt ; en Suisse, à Genève, regardant le mont Blanc. Cette photographie me représente à Venise, avec les célèbres pigeons de la place Saint-Marc.
- C'est vrai, et cette autre a été prise à Nice, sur la promenade des Anglais.
- Quel agréable séjour vous venez passer en Europe !
- N'est-ce pas? Et, demain matin, je pars pour Londres, où doit avoir lieu la présentation de mon dernier film.
- Ah ! Et quel est-il ?
- Il a pour titre «L'amoureux de carton» (Ndwm: «The Cardboard Lover») et est inspiré d'une pièce française qui fut créée à la Comédie-Caumartin, sous le titre de «Dans sa candeur naïve». Le metteur en scène qui me dirigea est Robert Léonard, qui réalisa quatre films, avec moi comme interprète.
- Et votre prochain film?
- Je ne peux pas vous en parler, car je ne sais encore ce qu'il sera. Tout ce qu'il m'est possible de vous dire c'est qu'on en donnera le premier tour de manivelle dès mon retour à Hollywood, c'est-à-dire en novembre prochain, et que ce sera un film parlé.
- Vous aimez ce genre de production ?
- Il viendra un jour où l'on ne tournera que des films comme cela, dit-elle d'un air assuré.

Marion DaviesMarion Davies et Mascott

A ce moment, un superbe bull-dog s'approche de nous, caressant.

- Viens ici, Mascott, lui ordonne sa charmante maîtresse. Comment trouvez-vous Mascott ? nous demande-t-elle. N'est-ce pas qu'elle est belle ?
C'est un souvenir de mon voyage. Je me trouvais à la gare de Munich, attendant mon train, lorsque je vis un voyageur tenant ce chien dans ses bras. Je trouvais cet animal si beau que, n'hésitant pas, je m'approchai de son maître, à qui je demandai de me le vendre. Après bien des hésitations, il finit par accepter, et Mascott me suit, depuis, dans tous mes déplacements. Elle me suivra partout, même à Hollywood.

Heureuse Mascott, combien d'humains voudraient être à votre place ! Vous pensez, aller à Hollywood et suivre. Marion Davies !

Georges Fronval
Ed.8.1.1 : 28-7-2015