Charles VANEL (1892 / 1989)

… un siècle au firmament

Charles Vanel

Charles Vanel fut un comédien vigoureux, d'une modestie extrême et d'un talent tranquille, le visage buriné par les morsures du temps, au point qu'on avait fini par oublier qu'il avait pu être jeune.

Il eut toujours la qualité de bien savoir choisir ses rôles et nous ne lui connaissions que très peu d'éclipses.

Personnalité attachante ayant profondément marqué l'histoire du cinéma français qu'il enrichit de sa présence depuis l'âge du muet jusqu'à celui du cinémascope, il détient certainement un record de longévité en la matière.

Sa filmographie s'étalant sur près de deux cents titres (courts métrages et téléfilms inclus), nous n'avons pas pu nous replonger dans la totalité de ses contributions pour composer ce dossier, mais nous savons qu’il nous aurait pardonné  d’un  sourire non dénué d'une fierté bien justifiée…

Yvan Foucart

Breton dans l'âme…

Charles VanelCharles Vanel

Charles Marie Vanel naquit à Rennes (Ille-et-Vilaine) le 21 août 1892, trois ans avant l’invention des frères Lumière. Son père, receveur des postes et ébéniste à ses heures perdues, lui enseigna très tôt le maniement de la varlope et de l'étau. Sa mère, Berthe, lui laissa le souvenir d'une femme imposante et autoritaire. On lui connaît une soeur cadette, Germaine.

Rennais de naissance, il fut davantage malouin de coeur et traversa sa prime jeunesse sous les influences maritimes de Duguay-Trouin, Surcouf et Jacques Cartier. Il se destinait à l'Ecole navale mais, atteint de daltonisme, dut renoncer à cette ambition. En 1904, ses parents ouvrirent un magasin de vins et liqueurs à Paris. Quatre ans plus tard, le gérant du cinéma Omnia-Pathé, boulevard Raspail, embaucha l'adolescent comme bruiteur, “profession” qui s'éteignit bien vite. Heureusement, le Théâtre Montparnasse, tout proche du foyer familial, lui permit de faire ses premiers pas sur une scène. Toutefois, ce fut au Théâtre Antoine administré par Firmin Gémier qu'il débuta vraiment, commençant par quelques petits rôles dont l'importance s'étoffa au cours d'une paire d'années d'expérience. Ce fut alors l'heure de son premier film, «Jim Crow» (1910), pour “l'interprétation cinégraphique” d'un garçon de café aux côtés de Gaston Modot, court métrage qui sombra bientôt dans l'oubli.

Neuf jours avant la déclaration de la Première Guerre mondiale, Charles épousa Yvonne Hansen, une toute jeune artiste de son âge, en prenant pour témoin Michel Millot, journaliste, auteur de pièces, de chansons et de revues de cafés-concerts. Cette union ne tint que le temps du conflit et le divorce la scella peu avant l'armistice de 1918. Entre-temps, Charles avait intégré le 36ème Régiment d'infanterie, lequel rejoignit, en 1916 la caserne de Caen afin d’y remplacer l'ancien régiment, décimé. Fort heureusement, Lucien Guitry, flatteur, le sollicita pour une tournée de propagande en Amérique du sud.

Peu après son retour et sa libération matrimoniale, Charles rejoignit le plateau de tournage de «L'âtre» (1919), film qui mit toutefois plus de deux ans avant d'être distribué et connaître le succès, tant en France qu'aux Etats-Unis. De fait, le véritable départ cinématographique de sa carrière se fit avec «Pêcheur d'Islande» (1924) tiré du roman de Pierre Loti et adapté par Jacques de Baroncelli qui le transforma en pêcheur breton – pouvait-il espérer un plus beau costume ? – tout jeune marié à la blonde Sandra Milowanoff. Il enchaîna avec «La flambée des rêves» (1924) en mari au grand cœur, néanmoins trompé par une épouse bientôt repentante. Vint ensuite le cambrioleur imaginé par Francis Carco dans son «Paname n'est pas Paris» (1927). En 1929, Charles réalisa un étonnant court-métrage, «Dans la nuit», qui, jugé trop onirique, se révéla finalement un échec. Fut-ce son rôle de mari défiguré ou la voix de Sandra Milowanoff peu compatible avec le cinéma sonore qui éloigna les spectateurs ?

Une belle carte de visite…

Charles Vanel«La loi du Nord» (1939)

Charles Vanel entra sans encombre dans l'ère du cinéma parlant, nous offrant rapidement d'excellentes prestations, notamment celle du caporal bourru des tranchées mortifères de Verdun dans le retentissant «Les croix de bois» (1931) de Raymond Bernard; en policier loyal officiant «Au nom de la loi» (1931) et confronté à une femme fatale (Marcelle Chantal); en intraitable commissaire Javert des «Misérables» (1933) inlassablement en chasse de Jean Valjean (Harry Baur); en lieutenant d'aviation cocufié (il le fut souvent) par son jeune aspirant amoureux avec lequel il constituait «L'équipage» (1936) d'un appareil de reconnaissance ; en brave maçon au chômage et amant bafoué de la perverse Viviane Romance dans «La belle équipe» (1935), au ton bien ancré dans cette époque du Front Populaire et dont la fin, jugée trop pessimiste, fit l'objet d'une seconde version ; en ambassadeur austère et sec dans «Courrier-sud» (1936) qui ne le favorisa pas davantage lorsqu'il s'aperçut que son épouse s'était jetée dans les bras d'un pilote de l’Aéropostale; en homme riche victime d'un «Abus de confiance» (1937), supercherie menée par une jeune étudiante sans le sou se faisant passer pour son enfant abandonné ; en chef mécanicien d'un vieux rafiot découvrant «La femme du bout du monde» (1937) sur un îlot perdu dans l'océan antarctique, etc.

Cette belle décennie s'acheva sous le régime de «La loi du Nord» (1939) telle qu'appliquée au Canada où, caporal de la Police Montée, il affronte de violents blizzards en recherchant un couple d’amants meurtriers ; par mesure d’économie, certains extérieurs furent tournés au début du printemps autour de Villard-de-Lans (Isère). Michèle Morgan, la criminelle, y fêtant ses dix-neuf printemps, se souvient encore du parfum Guerlain que lui offrit son poursuivant. Le film fut retenu pour le premier Festival de Cannes qui devait débuter le 1er septembre 1939, mais la déclaration de guerre devait en provoquer l'annulation. En juin de la même année, Charles descendit à Saint-Tropez où il acquit la propriété La Treille Muscate" sur la magnifique baie des Canoubiers, villa célèbre mise en vente par la romancière Colette. Cinq mois plus tard, le calme – relativement et localement – revenu, il s'engagea vers un nouveau bonheur en gravissant les marches de la mairie varoise afin d’y convoler avec Jane Abastado, gentiment baptisée “Niquette”, secrétaire de direction, coquette et bien jolie, sportive et cavalière, pour une vie commune qui devait s'étaler sur seize ans.

L'après guerre…

Charles VanelCharles Vanel (1949)

«Le ciel est à vous» (1943) transforma Charles Vanel en honnête mécanicien amoureux fou de son épouse, prêt à l'aider à conquérir son titre de championne d'aviation, un chef-d’œuvre de Jean Grémillon que Charles considèrera comme étant son meilleur film. Pourtant, de 1948 à 1952, à l'instar de Jean Gabin, il connut une éclipse hexagonale et se tourna alors, avec un bonheur mitigé, vers un cinéma transalpin plus généreux. Citons toutefois sa composition de chef d'une mafia sicilienne dans «In nome della legge» (1949), une loi n'ayant rien à voir avec celle de 1931 !

Il se rétablit professionnellement avec «Le salaire de la peur» (1952), transformé par Clouzot en un routier un peu veule, agonisant dans un bain de boue et sous les roues du camion dirigé par Yves Montand, performance qui lui valut le prix d'interprétation au Festival de Cannes. «L'affaire Maurizius» (1953), honoré au Festival de Karlovy Vary (Tchéquie), le plongea au coeur d'une erreur judicaire, en implacable procureur assuré du bien fondé de ses présomptions à l'égard de Léonard Maurizius (Daniel Gélin), accusé d'avoir assassiné son épouse. Plus légèrement, sous de merveilleux décors présentés par Sacha Guitry dans «Si Versailles m'était conté» (1953), le voici comte de Vergennes, secrétaire d'Etat des Affaires étrangères de Louis XVI, opposé à Benjamin Franklin, ambassadeur des Etats-Unis et inventeur du paratonnerre. Il nous présenta également le côté "Colombo" de sa personnalité lorsque, inspecteur faussement bonhomme, il sut faire la preuve de sa perspicacité face au couple d'amants «Diaboliques» (1954), Paul Meurisse et Simone Signoret, certains d'avoir perpétré le crime parfait à l'encontre de Véra Clouzot, dans le civil épouse de leur metteur en scène. Toujours impassible, on le retrouve en ancien chef d'un réseau de la Résistance devenu restaurateur sur la Côte d'Azur où la police ne désespère par de mettre «La main au collet» du Chat, un monte-en-l'air que l'on croyait pourtant endormi. Il rencontra finalement «La mort en ce jardin» (1956) au sein d'une co-production franco-mexicaine dirigée par Luis Buñuel, lequel lui confia le rôle d'un propriétaire de mines diamantifères d'Amérique latine contraint de fuir avec sa fille infirme dans la jungle tropicale.

Au terme de cette magnifique série, Charles Vanel conclut la décennie de la Quatrième République avec quelques amusements moins sérieux, comme «Le Gorille vous salue bien» (1958) et «La valse du Gorille» (1959), un primate (Lino Ventura puis Roger Hanin) qu'il encadra en tant que chef des Services du contre-espionnage. Enfin, 34 ans après la mouture précédente, c'est en armateur solide et bourru qu'il réapparut dans une nouvelle version de «Pêcheur d'Islande» (1958) sous les caméras de Pierre Schoendoerffer, Jean-Claude Pascal héritant de la casquette du bosco, Yan, à bord du chalutier maudit.

Le vieux marin et la Nouvelle Vague…

Charles Vanel«La vérité» (1960)

Au tournant des sixties, Henri-Georges Clouzot se targue de nous dire toute «La vérité» (1960) sur l'affaire Dominique Marceau, faisant de Charles Vanel l'avocat défenseur de Brigitte Bardot, accusée du meurtre de son amant. Opposant une force tranquille à la suffisance redoutable du procureur Paul Meurisse, il complète agréablement un trio d'acteurs au sommet de leur art, permettant à cette oeuvre de recevoir le Grand Prix du cinéma français et un oscar hollywoodien, un honneur toutefois contesté par quelques jeunes loups de la Nouvelle Vague. L’année suivante plongea notre vedette dans la ruralité de la campagne italienne où l'attendait Gérard Blain, son partenaire de «Lo Sgarro/Quand la colère éclate» (1961), titre peu connu de ce côté des Alpes. Alberto Lattuada en profita pour l'habiller en pope et l'envoyer parcourir «La steppe» (1961) dans une Yougoslavie aux couleurs plutôt sombres. Autorisé qu'il fut à se faire accompagner par son chien, nous profitons de l'anecdote pour rappeler que l'acteur en acquit de nombreux dont Miarko, le dernier, un basset griffon vendéen aux longs poils faisant parfois office de balayette ! Charles fut ensuite d'un «Rififi à Tokyo» (1961, entièrement tourné au Japon) où Jacques Deray, le dirigea en chef de gang organisant son dernier casse.

Ces tournages achevés, ce fut en toute discrétion que, le samedi 20 janvier 1962, Charles épousa Arlette Bailly, de 36 ans sa cadette, dans l'intimité de la petite mairie de Saint-Martin - La Garenne (Yvelines). Paul Vialar, écrivain notoire et ami du fiancé, fut le témoin de cette romance entamée à leur première rencontre, dès 1956, dans la Rome des amours éternelles. Le couple se fixera plus tard sur la Côte d'Azur, à Mouans-Sartoux dans l'arrière pays cannois, à l'abri d'une belle demeure campagnarde baptisée La Mouansarde", où Charles aimait se promener, faire un peu de jardinage, promener sa ribambelle de cabots et profiter de son atelier d'ébénisterie où trônait le vieil établi légué par son père. Il aimait la France dont il longeait, chaque fois qu'il le pouvait, les côtes avec son bateau, pour explorer ses morceaux préférés de L'Hexagone, de sa Bretagne natale à cette Camargue ensoleillée qu'il aimait traverser en costume de gardian.

Mais, l'apostolat le sortant régulièrement de ses heures de loisir, il devint «L'aîné des Ferchaux» (1963), ce vieux banquier roublard imaginé par Georges Simenon. Le tournage mouvementé de ce film fut marqué par une prise de bec entre le patriarche et son réalisateur Jean-Pierre Melville, dont l'incorrection poussa son jeune partenaire, le jeune Jean-Paul Belmondo, à réfréner d'une gifle l'agressivité de l'homme au Stetson. Contraste parfait, c'est avec l'amabilité qu’on lui connaissait que Costa-Gavras engagea le septuagénaire pour en faire le berger et doyen des résistants d'«Un homme de trop» (1966), celui qui s'était glissé parmi une douzaine de résistants condamnés à mort et libérés par la Résistance cévenole. Vint alors le temps de faire les «Comptes à rebours» (1970) en vieux truand paraplégique veillé par une Simone Signoret attentive.

80 ans ? La belle affaire !…

Charles VanelCharles Vanel

A nouveau, Charles Vanel assuma plusieurs engagements contractés en Italie dont, pour certains, il ne devait pas cacher son enthousiasme. Il reconnaitra ainsi bien volontiers avoir passé «La plus belle soirée de ma vie» (1972) sous l'adroite direction d'Ettore Scola, poète barbu aux yeux tendres, entouré d'une pléiade de comédiens talentueux : Alberto Sordi en voyageur égaré, Pierre Brasseur (qui décéda durant les prises de vue) en avocat, Michel Simon en procureur érotomane et Claude Dauphin en secrétaire-greffier d'un tribunal parallèle.

Par la suite, il y eut encore cette magistrale interprétation du médecin despote, le mandarin des «Sept morts sur ordonnance» (Jacques Rouffio, 1975) ; celle du juge Varga dans le labyrinthe de la politique italienne jonchée de «Cadavres exquis» (Francesco Rosi, 1975) ; l'avocat de «Comme un boomerang» (José Giovanni, 1976), celui qui revint au visage d'Alain Delon, homme d'affaires niçois confronté au meurtre d'un policier commis par son rejeton délaissé. Rosi le rappela pour en faire un vieux paysan réunissant «Les trois frères» (1980) dans leur village natal afin d'assister aux funérailles de celle qui fut son épouse et leur mère. Se montrant extrêmement fatigué lors du tournage d'une scène, il répliqua au conseil de son metteur en scène qui lui proposait de souffler un peu : "Je reste sur le tas ; on est acteur jusqu'au bout". Il fut récompensé de sa persévérance par un "David di Donatello du meilleur acteur dans un second rôle". Patriarche, certes, mais toujours vert et s'offrant à goûter une dernière fois aux «Saisons du plaisir» présentées par Jean-Pierre Mocky (1988), en compagnie de Denise Grey, à peine un an avant sa disparition…

Sa filmographie n'empêcha nullement Charles Vanel de faire plusieurs intrusions dans nos foyers par le biais de la petite lucarne. Citons «On roule à deux» (1960) en ancien courtier ; «L'Arlésienne» (1967) d'Alphonse Daudet en berger Balthazar ; «La séparation» (1967) de Maurice Cazeneuve, en vieux monsieur venant de perdre son épouse et souhaitant la rejoindre au plus vite ; «Sébastien et la Mary-Morgane» (1970) en vieil oncle de Mehdi El Glaoui ; «Le père Goriot» (1972), une adaptation fidèle du roman d'Honoré de Balzac ; «Les Thibault» (1972), d'après Roger Martin du Gard, un feuilleton en six épisodes ; «Le juge et son bourreau» (1974) d'après Dürrenmatt en commissaire fatigué abordant une retraite bien méritée ; «Le mandarin» (1979) en vieux politicien confronté à sa première mise en ballotage et prêt à tout pour laver l'affront ; «Les Michaud» (1982) en vieil horloger jurassien ; etc.

Un vieux loup de mer…

Charles VanelLe coeur sur la mer…

Aussi massif d'allure que prompt d'esprit, l'œil pétillant souvent de malice, gardant la pudeur de ses sentiments, toujours d'une totale intégrité, tel était Charles Vanel. Sa carrière fut toute sa vie, même s'il avoua avoir tourné quelques navets pour s'assurer d'une bonne soupe au temps des vaches maigres. Au soir de sa vie, il veilla jalousement sur ses douze albums emplis de photos, de lettres, d'articles de presse, de contrats et autres documents résumant sa longue vie de comédien.

Le 3 février 1979, il présida la cérémonie des Césars à la salle Pleyel, récipiendaire en cette occasion d'un César d'honneur qui fit se lever toute la salle. Il connut le plaisir d'une dernière apparition au Festival de Cannes 1986, la petite Charlotte Gainsbourg (14 ans et quelques matins) lui tenant le bras. Il vécut la surprise d'une sollicitation de Mireille Mathieu pour partager l'honneur d'une chanson, «La vie rien ne la vaut» (1986), nous délivrant ces quelques mots où la malice le disputait à l'optimisme : "Tu me remarques comme si j’étais, un phénomène ou un Martien : je suis vieux mais j’ai toujours des projets… Salut petite et à demain ! "

Il eut la chance d’avoir partagé vingt-sept années de bonheur avec Arlette, sa jeune épouse, dotée d'une noble discrétion, tout aimante et dévouée. Hélas, 18 jours après son ami Bernard Blier, il décéda à Cannes le 15 avril 1989, au Sunny Bank Anglo-American Hospital. Après une incinération au crématorium de Nice, une partie des cendres fut dispersée au large de l'île Sainte-Marguerite, prétendant à jamais au silence de la mer, le reste étant inhumé au Cimetière Paysager de Mouans-Sartoux. Avait-il souhaité disparaître dans une telle discrétion ou le monde du spectacle aurait-il eu la mémoire plus courte que son existence ? Toujours est-il que Colette Renard fut la seule actrice présente à sa dernière révérence devant ses amis du public qui se poussaient en nombre.

Certaines municipalités, de son vivant ou dans son éternité, firent preuve de plus de mérite, comme celles de Mouans-Sartoux dont le Centre Culturel, inauguré en sa présence le 21 juillet 1988, porte le nom d'Espace Charles-Vanel, de Lagny-sur-Marne pour encadrer de nombreuses activités artistiques, d'Ostricourt (Nord) et sa maison de retraite "Résidence Charles Vanel", etc.

A l'heure de conclure ce texte, c'est avec tristesse que nous apprenons le décès récent d'Arlette Vanel Bailly, survenu ce 1er décembre 2015, une douleur atténuée par la certitude que cette disparition n'eut pour unique raison que la volonté d'enfin pouvoir le rejoindre au paradis des acteurs immortels où nous sommes sûr que Saint-Pierre l'aura accueilli de ces simples mots : "Entrez tête haute, Monsieur Charles Vanel, le Ciel est à vous".

Documents…

Sources : propos recueillis auprès d'Arlette Vanel, son épouse que nous remercions pour sa gentillesse et sa très grande disponibilité, «Charles Vanel, un comédien exemplaire» de Charles Ford (1986, Editions France-Empire), «Monsieur Vanel, un siècle de souvenirs» de Jacqueline Cartier (1989, Editions Robert Laffont). Pour le reste, documents personnels, plusieurs images glanées ça et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine.

"Et si le soleil ne revenait pas ?"

Citation :

"Pour être star, il faut être acteur vingt-quatre heures sur vingt-quatre, il faut jouer à la ville comme au studio. Or, je refuse d'être constamment en représentation. D'ailleurs, je n'aime pas l'existence de vedette, courant les premières et les galas pour se montrer. Je ne l'ai donc jamais fait, par goût personnel, sans me demander si cela aurait été profitable à ma carrière. Tant pis."

Charles Vanel (entretien accordé à René Prédal pour "Cinéma d'aujourd'hui", novembre 1976)
Yvan Foucart (décembre 2015)
Claude Dauphin :

"Charles Vanel ne se maquillait pas. Il passait directement de la vie à l'écran, personne ne s'en apercevant parce que la vie ne faisait que continuer en lui.

Quant il terminait, il enjambait l'écran pour rallumer sa pipe dans un coin tranquille…

Il se taisait, car il trouvait dans le silence et les volutes de sa pipe les plaisirs de la sagesse"


… ().
"Les derniers trombones"- Editions Jean-Claude Simoën, 1979

Ed.7.2.1 : 22-12-2015