Doris DAY (1924 ?)

… "un voyage sentimental"

Doris Day

Comment Doris Day, petite jouvencelle du Midwest, a-t-elle pu se hasarder aussi loin des chemins du divertissement familial pour déverser sa joie de vivre sur toute l'Amérique ? Certes, on avait déjà remarquée l'éclat de ses yeux rieurs, aussi pétillants qu'un rayon de soleil mais elle sut y ajouter son sourire mutin, sa voix de miel, ses taches de rousseur si charmantes et, pour ne rien gâcher, une élégante séduction.

Si elle fut “l'éclatante fiancée” de l'âge d'or hollywoodien, malheureusement sa vie privée ne répondit guère à ses attentes, ses quatre maris l'ayant quittée, certains après l'avoir battue, d'autres trompée, les plus voraces non sans avoir englouti jusqu'à son dernier dollar.

Néanmoins adroite, elle réussit toujours à se sortir de ces mauvaises passes. Aujourd'hui abritée des sunlights déformants, elle vit constamment entourée de ses chiens, davantage fidèles.

Yvan Foucart

Ca sent la bière…

Doris Dayun très joli petit bébé…

Doris Day, de son nom vrai nom Doris Mary Ann Kappelhoff, naquit le 3 avril 1924 (date encore sujette à discussion) à Cincinnati, troisième ville de l'Ohio, alors bien plus populeuse qu'aujourd'hui, grâce notamment à la présence d'une importante colonie germanique ayant fui les difficultés économiques d'un pays fortement endetté.

Ses grands-parents émigrèrent en 1883 de Westphalie, en compagnie de leur fils Frederick Wilhelm, lequel devint professeur de musique classique tout en assumant la responsabilité de la chorale de l'église catholique locale. Alma Sophia, son épouse, appréciée pour son affabilité, mit au monde l'enfant dans un quartier modeste de la ville, avec l'aide d'une sage-femme tout aussi teutonne qu'elle. Cadette, la fillette eut deux frères, un aîné Richard qui décéda très tôt, et Paul, son benjamin.

Les Kappelhoff laissèrent de profonds souvenirs dans leur quartier de Cincinnati, sans doute pour s'être occupés d'une fabrique de bretzels, une pâtisserie saupoudrée de sel et de cumin, mais surtout pour avoir développé cette bonne bière bavaroise qui les perpétue encore aujourd'hui ! Car l'Oktoberfest Zinzinna, toujours distribuée, demeure citée comme la meilleure bière du continent nord-américain.

Au divorce de ses parents (1935), Doris resta sous la seule responsabilité de sa mère. Bien qu'encore très jeune, elle pensait ressentir une vocation de danseuse de claquettes, se laissant emporter dans les tourbillons endiablés de la “tap dance” et rêvant déjà de devenir une nouvelle Ginger Rogers. Impétueuse et impatiente, elle forma un premier duo avec Jerry Doherty, un voisin danseur professionnel de son état.

Le 13 octobre 1937, alors qu'elle s'apprêtait à célébrer son départ pour Hollywood, elle fut victime d'un accident de la circulation, son véhicule entrant en collision avec une rame du Cincinnati Southern Railway, la fameuse compagnie urbaine de chemin de fer de sa ville natale. Les jambes abimées, aux blessures aggravées par une chute, elle se retrouva clouée dans un fauteuil roulant pour une longue année avant de pouvoir reprendre ses activités sportives qu'elle ne devait pas tarder, enfin remise à espérer professionnelles.

Admiratrice d'Ella Fitzgerald, de ses blues et de ses morceaux de jazz, elle en fut tellement fascinée qu'elle ne put, une fois recouvrés tous ses moyens, qu'entrer en exaltation, ce qui l'amena à s'intéresser au chant, ajoutant ainsi une nouvelle corde (vocale, vous l'aurez compris) à son art !

Trois petites notes de musique…

Doris Dayune chanteuse pleine de charme…

En 1941, Doris Day n'a pas encore dix-sept ans lorsqu'elle épouse Albert Jorden (23 ans), le tromboniste du groupe de Bob Crosby (et frère cadet de Bing Crosby). Cupidon finissant toujours par avoir le dernier mot, la jeune chanteuse se retrouve rapidement mère d'un très joli poupon, Terry, qui sera son unique enfant. Hélas, l'événement, pour heureux qu'il fut, ne permit pas d'assurer la pérennité de son couple. Lasse d'avoir à faire face à un mari jaloux et agressif, saoule des gifles que celui-ci lui administrait régulièrement, elle finit par perdre l'habitude de tendre l'autre joue : le divorce fut prononcé au début de l'année 1943, la jeune maman conservant la garde de l'enfant.

De retour auprès de ses parents, elle se met en quête d'un job répondant à ses aspirations. Précisément, le propriétaire d'une boîte de nuit, Barney Rapp, dirigeant par ailleurs l'orchestre de jazz d'une chaîne de radio de Cincinatti, est à la recherche d'une chanteuse. Après avoir auditionné par moins de deux centaines de postulantes, il fixe son choix sur notre vedette qu'il introduit immédiatement au coeur de son groupe. Jugeant le patronyme de Kappelhoff un peu trop germanique par les temps et les événements qui courent, il suggère à la jolie fille de s'inspirer du titre d'une chanson en vogue, «Day After Day».

Ce furent alors d'harmonieux moments, sans doute les plus heureux de sa vie, que ceux que la blonde Doris partagea avec le Brown Band", rencontrant d'éclatants succès auprès des soldats épuisés tout juste rentrés d'Europe ou du Pacifique. leur disque «Sentimental Journey» lui offrit une notoriété immédiate dans tous les Etats de l'Union. Elle avait beau connaître la musique, cela ne l'empêchera pas, le 30 mars 1946, d'épouser George Weidler, un saxophoniste un peu moins revêche que Jorden. Ils ne firent pourtant partition commune que l'espace de huit petits mois : paroles, paroles, paroles…

Ayant gagné Los Angeles, Doris Day se produit en solo sur les ondes radiophoniques de CBS, attachée à la Columbia Records. C'est alors que les studios cinématographiques de la Warner, confrontés à la pénurie de vedettes chantantes et musicales du beau sexe, invita Doris à passer une audition, après avoir essuyé les refus de Judy Garland et de Betty Hutton. Michael Curtiz, réalisateur d'origine hongroise et brillant découvreur de talents sous le ciel de Californie, tombe immédiatement sous le charme de sa nouvelle recrue. Il en fait immédiatement une star de la chanson et de l'écran, lui offrant pour partenaire un Jack Carson bien vite amoureux au-delà des plateaux de «Romance à Rio» (1948). Le succès aidant, Curtiz rameute le couple pour un deuxième couplet, «Il y a de l'amour dans l'air» (1949), leur offrant la compagnie du lièvre Bugs Bunny, la mascotte de la maison.

Ces deux succès consécutifs poussent les frères Warner à proposer à leur mignonne révélation l'inévitable contrat habituel de sept ans. Toujours dirigée par Michael Curtiz, celle-ci entre alors dans un registre plus dramatique avec «La femme aux chimères» (1950), la biographie très romancée de Bix Beiderbecke, un grand trompettiste de jazz américain remarquablement incarné par Kirk Douglas. Ne nous faisons pas de soucis pour la demoiselle : les musiciens atrabilaires, elle connaît !

La blonde du Far West…

Doris DayMarty Melcher et Doris Day

Au tournant des années cinquante, Doris Day s'égare – pour les besoins du cinéma, rassurez-vous – dans une petite bourgade du sud profond afin d'y convoler avec un parti sans doute avantageux, mais qui se révèle être un membre du «Ku Klux Klan» (1950) ; recevant la visite de sa belle-soeur – vous allez rire, elle a la tête de Ginger Rogers ! – qui découvre l'affaire, elle ne pourra empêcher son époux fascisant de se retrouver devant le district attorney aux traits réprobateurs de Ronald Reagan : c'est bien du cinéma ! Pour notre actrice, l'expérience la conforte sur ses capacités à composer des personnages dramatiques qu'elle préfère aux masques des fofolles égosillées sous lesquels le public aime pourtant la reconnaître.

Mais il en faut pour tous les goûts et les épinards sont meilleurs avec du beurre. Puisque c'est toujours oui quand elles disent non, ce sera «No No Nanette» (1950), où, jeune héritière ruinée à la suite d'un krach boursier, elle se voit obligée de renoncer à la revue “on Broadway” dont elle espérait être la vedette. Courageuse en dépit de nombreuses difficultés, la dite Nanette finira tout de même par gagner son pari. C'est alors que «Les cadets de West Point» (1950), conduits à la parade par un James Cagney déchaîné et cadencés au rythmé de la voix brillante de Gordon MacRae, font appel à Doris et Virginia Mayo à l'heure de mener leur spectacle annuel vers un succès obligé par la tradition. Doris Day et Gordon MacRae, à nouveau réunis, ouvrent ensuite «Le bal du printemps» (1951), toujours en amour partagé… et qu'importe si l'élément féminin du duo nous apparut en véritable garçon manqué. Nouveau couple enchanteur, les deux artistes étalèrent à deux nouvelles reprises sur les écrans leurs amours éclatantes au charme bigarré d'un technicolor régnant alors en maître.

Remise de ses deux échecs matrimoniaux consécutifs, le 3 avril 1951, Doris Day s'offre, en cadeau d'anniversaire, un troisième mari en la personne de Martin Melcher, son impresario, l'homme de sa vie et le gérant de leurs affaires communes, comme leur société de production, Arwin. Tout à son bonheur, Melcher adopte Terry, qui n'a pas encore dix ans, et lui donne son nom ; plus tard, il l'aidera à entrer à son tour dans le monde du spectacle, plus précisément celui du pop et du rock, en tant que chanteur puis producteur de microsillons.

Pour beaucoup, «Avril à Paris» (1952) ne fut pas si enchanteur que cela, même si Doris s'y montra pétulante à souhait dans son rôle de vedette du music-hall engagée par erreur pour un festival artistique. Un an plus tard, voulant répondre au succès de la Metro Goldwyn Mayer et de sa Betty Hutton en «Annie, reine du cirque», la Warner Bros lui propose le rôle de la plus renommée des cowgirls, Calamity Jane (1953). Faut avoir vu «La blonde du Far West» manipuler adroitement lasso et revolver, danser sur les comptoirs des saloons fréquentés par des frimeurs médusés, et chanter au nez d'un parterre de poivrots endormis devant des bouteilles d'alcool fort, avant de sacrifier inévitablement aux rites vénusiens en reprenant ses robes et sa place de femme américaine auprès du viril Wild Bill Hickox pour comprendre à quel point le cinéma américain d'après-guerre se nourrit de paillettes et de poudre aux yeux. Une poudre dorée pour notre actrice, intelligente et avisée, récipiendaire méritante d'une belle et lourde sacoche de dollars.

A nouveau amenée à vivre «Un amour pas comme les autres» (1954), Doris se trouve à devoir faire un choix difficile entre ses deux musiciens, l'un compositeur (Gig Young), l'autre pianiste de bar, non sans devoir partager quelques dissensions familiales avec ses soeurs, toutes en âge et en quête de se (bien ?) marier. Car le coeur, faible, a tôt fait de tomber dans «Les pièges de la passion» (1955), surtout lorsqu'on a “gagné” à la loterie un mari gangster dont on ne peut qu'espérer qu'il s'humanise avec le temps, eu égard à la beauté et au talent de sa chanteuse d'épouse

Oh ! la coquine…

Doris Day"Qui vivra verra…"

Au mitan des années cinquante, Alfred Hitchcock se risque à revoir sa copie de «L'homme qui en savait trop», choisissant de délaisser les sommets helvétiques (1933) au profit d'un exotisme marocain encore sous protectorat français (1956). Ce qui devait être un voyage inoubliable pour Doris Day et James Stewart se transforme en véritable cauchemar, leur petit garçon ayant été enlevé par des terroristes. C'est à cette occasion que la chanteuse, à la demande du maître, y va de son déchirant «Que será, será», chanson honorée du seul oscar remporté par le film et décerné aux compositeurs Jay Livingston et Ray Evans.

Doris fait alors de nouvelles incursions dans des oeuvres plus ou moins dramatiques, notamment lorsque, épouse terrifiée, elle tente d'échapper à son mari fou de jalousie «Le diabolique Mr.Benton» (1956), prêt à la tuer dans l'avion dans lequel elle oeuvre comme hôtesse de l'air. De retour au film musical, elle donne un «Pique-nique en pyjama» (1957) sous les caméras effarées de Stanley Donen à l'occasion de la fête de son entreprise. Enseignant le journalisme d'une manière jugée trop académique par le vétéran Clark Gable, elle fait de celui-ci «Le chouchou du professeur» (1958), et plus après découverte d'affinités réciproques. Dirigée par un Gene Kelly désormais solitaire, elle se voit affublée d'un époux stérile en la personne de Richard Widmark, qui finira tout de même par devenir «Le père malgré lui» (1958) – encore un miracle du 7ème art ! –, l'actrice recevant de son côté le premier de ses sept "Laurel d'or" de la meilleure actrice féminine de comédie : on a les oscars qu'on peut.

En 1959, coquine en devenir, elle partage pour la première fois quelques «Confidences sur l'oreiller» avec Rock Hudson, ainsi qu'une ligne téléphonique soumise à des contraintes techniques que seul un scénariste diabolique aura pu imaginer. Please, «Ne mangez pas les marguerites» (1960) nous conseille notre fantaisiste qui, à la tête d'une armée de quatre bambins procréés avec la contribution de David Niven, semble savoir de quoi elle parle. Enfin, victime d'un «Piège à minuit» (1960) sous un profond brouillard londonien, elle reçoit des menaces de mort en l'absence bien trop récurrente de son mari, un riche banquier trop souvent retenu par d'importantes affaires.

Décidément très partageuse, c'est «Un pyjama pour deux» (1961) qui la rapproche à nouveau d'un Rock Hudson quelque peu libertin, patron d'une agence de publicité concurrente de la sienne. Que ne ferait-on pas pour «Un soupçon de vison» (1962) offert par un Cary Grant richissime tombé sous le charme d'une jeune employée de bureau apparemment peu farouche, mais suffisamment habile pour sauvegarder sa virginité – et la morale qui va de pair – jusqu'à l'heure des épousailles. «Ne m'envoyez pas de fleurs» (1964) pour le moment, ce n'est jamais que Rock Hudson, hypocondriaque à l'excès, qui n'en finit pas de ne pas mourir !

«Que faisiez-vous quand les lumières se sont éteintes ?» (1968), une panne d'électricité ne pouvant que générer malentendus et quiproquos au sein des ménages les plus solides. Sorti en France deux ans plus tard, alors que la lumière était revenue, le film y est pourtant resté dans l'ombre, insuccès expliquant sans doute les hésitations de ses plus fameux partenaires à réapparaître à ses côtés. Et lorsque, quelques mois plus tard, ses enfants de cinéma s'exclamèrent «Il y a un homme dans le lit de maman !» (1968), il n'en sortit que Brian Keith, les Rock Hudson Cary Grant et autres James Garner («Le piment de la vie», 1963, etc) ayant choisi de coucher sous d'autres ciels de lits.

Ayant compris la leçon, Doris Day décida de mettre un terme à sa carrière. Elle venait de prendre sa décision lorsqu'on lui proposa de séduire Dustin Hoffman, «Le lauréat» fraichement couronné et fiancé de sa fille, dans un film qui fera scandale à sa sortie avant de devenir l'un des plus gros succès internationaux de l'année. Au producteur Lawrence Turman et aux responsables d'United Artists, la société distributrice, Doris expliqua que le rôle choquait sa morale et qu'elle excluait l'impudeur d'avoir à montrer ses seins, privilège qu'elle céda volontiers à Anne Bancroft, l'inoubliable «Mrs.Robinson» agréablement chantée par Simon et Garfunkel. Los Angeles lui offrit néanmoins son étoile sur le Hollywood Walk of Fame, tandis que le Grauman Chinese éternisa l'empreinte de ses mains à côté de celles de deux “monstres” qu'elle appréciait davantage, Joan Crawford et Charles Laughton.

«Ce qui doit arriver arrivera…»

Doris DayDoris Day et l'un de ses derniers compagnons

Mars 1968 sonna le glas de son mariage avec Martin Melcher, dramatiquement décédé d'une hypertrophie du cœur. Si leur union amoureuse fut bien réelle, elle fut entachée de quelques accrocs d'origine économique. Intéressé par l'argent, Melcher se montra trop souvent hasardeux en affaires, plaçant leur fortune dans des investissements forts peu judicieux. Ayant à surmonter les revers financiers de son défunt mari, l'actrice sombra dans un véritable abîme de désespoir, davantage creusé par les malversations de leur avocat, un homme d'affaires peu scrupuleux (excusez le pléonasme !). Se rendant compte que sa carrière empruntait des chemins sablonneux, elle jugea préférable de s'en tenir à son rôle de productrice pour la télévision au long d'une série de 128 épisodes du «Doris Day Show» (1968/1973) au fil desquels elle invita un grand nombre de ses anciens partenaires. Son répertoire vocal, riche de plus de 650 titres, engendra un grand nombre de ventes d'albums dans le monde. Elle se fit souvent entendre en duo avec quelque crooners, comme son ami Frank Sinatra. «Everybody Loves a Lover» (1959), l'une de ses chansons populaires diffusées à la petite lucarne, fut récompensée d'un tout neuf "Grammy Award".

La perte de son mari fut aggravée par celle de Terry qui succomba à un cancer de la peau à l'âge de 62 ans, lui laissant un petit-fils, Ryan. Le 9 août 1969 déjà, lorsqu'elle sut qu'un affreux assassinat avait été perpétré par la bande d'un certain Charles Manson dans la villa dont Terry et sa compagne Candice Bergen étaient propriétaires, elle avait vécu d'affreux moments avant d'apprendre qu'ils l'avaient cédée depuis quelques temps à Roman Polanski et Sharon Tate.

Retirée du show business, Doris se maria une dernière fois le 14 avril 1976 à Beverly Hills, avec Barry Comden, son cadet de dix ans, restaurateur et homme d'affaires. Ensemble ils s'attachèrent au sort des chiens errants allant jusqu’à les traiter comme des êtres humains. Elle créa ainsi son œuvre caritative, "Doris Day Animal Foundation", à ce jour encore sous sa direction. Hélas, Comden jeta l'éponge trois ans plus tard, totalement épuisé par la compagnie en inflation constante de leurs amis à quatre pattes (quatorze !… sans doute davantage, sans oublier leur caniche préféré somnolant souvent sur le lit conjugal !).

Le divorce prononcé, Doris Day jouit toujours d'une vie tranquille à Carmel (au sud de San Francisco), faite de plages blanches, de rencontres familières comme celle de son ami Clint Eastwood qui, de 1986 à 1988, fut le maire de Monterey, le village voisin. Fière de son superbe hôtel restaurant, le Cypress Inn", elle en est toujours la co-propriétaire. Nonagénaire, elle se rappelle parfois le temps de ses coups de fil à la Maison Blanche pour converser avec son ami républicain, le président Ronald Reagan, et son épouse qu'elle connut sous le nom de Nancy Davis alors qu'elles hantaient ensemble studios californiens.

Fermons les paupières afin de la retrouver telle qu'elle était naguère, dynamique, pétulante, excitante, apparaissant tour à tour en garçon manqué et en lady aguichante… Nous revoyons son charme inaltérable, ses yeux toujours plein de vivacité, ses paupières aux coins souriants. Nouvelle fiancée de l'Amérique après la retraite de Mary Pickford, elle nous laisse son plus beau souvenir avec les notes de cette chanson fétiche qui, au départ, ne l'avait guère enthousiasmée ; judicieusement, elle comprit très vite que ce refrain allait faire le tour du monde et elle avait raison : "Que será será …".

Documents…

Sources : «Doris, A Sentimental Journey» de Dick Carter, Steve Norman (1991),«Doris Day super-star» de Andrew Davis, André Schäfer (2000), documents personnels, plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine.

Citation :

"I like joy. I want to be joyous. I want to have fun on the set. I want to wear beautiful clothes and look pretty. I want to smile and I want to make people laugh. And that's all I want. I like it. I like being happy. I want to make others happy."

"J'aime la joie. Je veux être joyeuse. Je veux avoir du plaisir sur le plateau. Je veux porter de beaux et jolis vêtements. Je veux sourire et je veux faire rire les gens. Et voilà tout ce que je veux. J'aime ça. J'aime être heureuse. Je veux rendre les autres heureux."

Doris Day
"Je veux être joyeuse…"
Yvan Foucart (avril 2016)
Ed.7.2.2 : 7-4-2016-2016