Ces jeunes talents fauchés par la mort

Tableau n° 1

Bella Darvi
Corinne Luchaire
Robert Lynen
Annie Vernay

Quelles auraient été la carrière et la vie de James Dean si son amour de la vitesse ne l'avaient emporté dans le Cercle des Etoiles Disparues, à l'aube de ce funeste automne 1956?

Hélas, La Camarde n'a pas attendu ce jour fatidique pour commettre ses premiers méfaits à l'encontre des cinéphiles du monde entier.

Cette planche est là pour nous remettre en mémoire quelques coups de faux malheureux que nous autres, spectateurs français en particulier, qualifieront éternellement de faute professionnelle.

Qu'il me soit permis de réunir dans le cadre restreint d'une page hypertexte les trop courtes histoires de Bella Darvi, Corinne Luchaire, Robert Lynen et Annie Vernay.

Christian Grenier, janvier 2005
… la liberté ou la mort
Robert LynenRobert Lynen

Robert Lynen est né le 24-5-1920, à Nermier, petit village du Jura, près de Long-Le-Saulnier. Son père, homme marginal d'origine alsacienne, exerce plus ou moins l'artistique profession de peintre.

L'enfant passe les premières années de sa vie dans le Jura, où ses parents élèvent des animaux. En 1923, La famille s'installe à Paris où le père devient dessinateur industriel.

En 1932, Mme. Lynen inscrit son jeune fils à l'école des enfants-artistes de Gaston Baty. Le garçonnet est retenu par Julien DuvivierJulien Duvivier qui cherche un jeune interprète pour tenir le rôle de «Poil de Carotte» dans le film éponyme qu'il s'apprête à tourner. Le succès est phénoménal. Si bien que le réalisateur lui confie à nouveau un premier rôle dans «Le petit roi», avant de lui offrir des compositions, certes moins importantes, dans «La belle équipe», «L'homme du jour», «Un carnet de bal». Ainsi, cinq des six premiers films de sa trop courte filmographie seront signés par ce même metteur en scène.

En 1936, aux premiers tourments de l'adolescence, Robert Lynen tente une fugue en s'engageant comme mousse sur un bateau rouennais, au moment où un premier rôle au théâtre lui est proposé. Mais l'aventure tourne court.

Robert Lynen reprend alors le chemin des studios, incarnant le fils de Harry Baur dans «Mollenard», de Robert Siodmak, puis «Le petit Chose», sous la houlette de Maurice Cloche.

Et la guerre arriva…

Robert LynenRobert Lynen

En 1940, le jeune homme entre dans un réseau de Résistance marseillais, groupe qui sera démantelé en décembre 1941. Cette année-là, il est appelé à travailler aux Chantiers de Jeunesse, puis se décide à faire partie des tournées théâtrales organisées par Jean‑Pierre AumontJean-Pierre Aumont.

En 1942, tout en apparaissant dans Cap au large», il devient agent du réseau Alliance, fondé par Marie‑Madeleine Fourcade. Un engagement qui s'achèvera pas son arrestation, le 7-2-1943-, à Cassis. Torturé, il est déporté en Allemagne.

Le 1-4-1944, Robert Lynen est fusillé par les nazis à Karlsruhe, avec 14 autres membres de son réseau.

Dans ses mémoires, Carlo RimCarlo Rim raconte le dialogue suivant, entendu entre Louis JouvetLouis Jouvet et Robert Lynen, sur le plateau d' «Education de prince» (1938):

"- Tu le sais mon petit Robert, que tu es mauvais comme une vache ?
- Oh oui, m'sieur Jouvet.
- Et tu t'en fous ?
- Oh non, m'sieur Jouvet, mais moi, le cinéma, ça ne m'amuse pas. Ce que j'aime, c'est le camping."!

Sources…

Documents personnels, Imdb, plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine.

Christian Grenier (janvier 2005)
Ed.7.2.1 : j-m-2015