Ces jeunes talents fauchés par la mort

Tableau n° 1

Bella Darvi
Corinne Luchaire
Robert Lynen
Annie Vernay

Quelles auraient été la carrière et la vie de James Dean si son amour de la vitesse ne l'avaient emporté dans le Cercle des Etoiles Disparues, à l'aube de ce funeste automne 1956?

Hélas, La Camarde n'a pas attendu ce jour fatidique pour commettre ses premiers méfaits à l'encontre des cinéphiles du monde entier.

Cette planche est là pour nous remettre en mémoire quelques coups de faux malheureux que nous autres, spectateurs français en particulier, qualifieront éternellement de faute professionnelle.

Qu'il me soit permis de réunir dans le cadre restreint d'une page hypertexte les trop courtes histoires de Bella Darvi, Corinne Luchaire, Robert Lynen et Annie Vernay.

Christian Grenier, janvier 2005
… si prometteuse, serait-elle devenue une étoile ?
Annie VernayAnnie Vernay

Née Annie Weermesch, le 21-11-1921, Genève-Plainpalais, en Suisse (recherches menées par les collaborateurs du site Les Gens du Cinéma), elle est la fille d'une femme aux ambitions artistiques avortées par son mariage.

En 1936, au décès de son mari, Mme. Weermesch, reportant ses ambitions sur sa fille, lui prépare un avenir artistique.

L'enfant envoie sa photographie pour participer à un concours photogénique parisien, «Le jugement d'Hélène», dont elle sort gagnante. Elle a franchi la première marche de la notoriété.

Remarquée à Juan-les-Pins "par le plus célèbre de nos artistes de l'écran et du music-hall" (Ciné-Miroir 678 du 1-4-1938 - faut-il lire Maurice ChevalierMaurice Chevalier ?), Annie tourne un bout d'essai qui lui permet, à seize ans à peine, de faire ses débuts au cinéma dans «Le mensonge de Nina Petrovna». Elle côtoie à cette occasion Fernand GraveyFernand Gravey et Isa MirandaIsa Miranda.

La même année, elle est choisie, au nez – sinon à la barbe !  de plusieurs grandes vedettes pour tenir le premier rôle féminin, dévolu aux bras de Pierre Richard-Willm, dans le film de Fedor Ozep, «Tarakanova». Le tournage se déroule à Venise, puis à Rome. A peine est-il terminé que la jeune fille reprend le chemin de l'école.

Pour peu de temps, puisqu'en 1938, elle retrouve ce même partenaire dans l'adaptation de l'oeuvre romantique de Goethe que réalise Max Ophuls, «Le roman de Werther». Des débuts vraiment prometteurs !

Entre temps, Annie et sa maman ont pris un appartement parisien, laissant les autres enfants à Nice, aux bons soins de leur gouvernante. Ah ! Maman ! Cette maman omniprésente - mais l'enfant est encore jeune - qui deviendra son amie, sa conseillère, son manager…

En 1939, «Les otages», de Raymond Bernard, la met encore en vedette. Mais les temps deviennent difficiles pour le cinéma français et les trois films suivants de la jeune artiste ne laissent pas une grande trace dans l'histoire de notre cinéma national.

Annie VernayAnnie Vernay

Une bien triste fin…

Et puis il y a ce voyage aux Amériques, aussi stupide que le camion de Coluche, qui l'emmène d'abord en Argentine où la jeune fille contracte une vilaine fièvre typhoïde. Elle décède à Buenos-Aires, le 15-8-1941. Une grande carrière vient d'être foudroyée.

NB : Marlène Pilaète nous a livré un très beau portrait d'Annie Vernay dans sa galerie N°10.

Sources…

Documents personnels, Imdb, plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine.

Christian Grenier (janvier 2005)
Ed.7.2.1 : 4-8-2015