L'Encinémathèque explore le temps

Tableau n° 3

François Chaumette
Michel Etcheverry
Daniel Ivernel
Jacques Monod

Ils firent les beaux jours du théâtre pendant de longues années, et de la télévision aux riches heures des sixties. Certains d'entre eux furent de l'heureuse aventure de «La Caméra Explore le Temps», d'autres nous divertirent au «Théâtre de la Jeunesse», etc. Pour les téléspectateurs, jeunes ou vieux, "C'était un temps béni que ce temps-là", comme chantait un certain…

Leurs prestations demeurent à jamais ancrées dans nos souvenirs de vieux téléspectateurs, lorsque la petite lucarne n'affichait ses couleurs que dans les pages des magazines.

A l'époque, nous aurions été gêné de dire ce qu'était le talent. Nous n'aurions su répondre que par des noms : François Chaumette, Michel Etcheverry, Daniel Ivernel, Jacques Monod…

Nous aurions pu en citer d'autres. Laissons notre Collectionneuse, qui les chante si bien, s'occuper de ces dames. Nous reviendrons sur ces messieurs dès que le temps nous en sera donné.

Bonne lecture à tous !

Christian Grenier, janvier 2006
… le chevalier à la triste figure
Francois ChaumetteFrancois Chaumette

François Chaumette est né à Paris, le 8-9-1923. Il est le frère de Monique ChaumetteMonique Chaumette, qui deviendra également comédienne ainsi que l'épouse de Philippe NoiretPhilippe Noiret.

Passionné par le théâtre dès le lycée, il “monte”, avec une bande de copains la pièce de Racine, «Andromaque». Au Conservatoire de Paris, le voici élève de René SimonRené Simon. A cette occasion, il rencontre Michel PiccoliMichel Piccoli, dont il conservera l'amitié jusqu'à sa mort. Mais l'indiscipline dont il fait preuve provoque son renvoi.

C'est par une figuration qu'il débute, dès 1942, au cinéma, dans «Les visiteurs du soir» de Marcel Carné. Mais c'est vers le théâtre que vont ses préférences. Dans ce domaine, il participe, aux côtés de Gérard PhilipeGérard Philipe, à la création de la pièce «Sodome et Gomorrhe» (1943). Membre de la troupe du Théâtre National Populaire de Jean VilarJean Vilar, il fait ses premiers pas au Festival d'Avignon. Défenseur du théâtre d'avant-garde, il interprète notamment Gide, Ionesco, Beckett…

Entré à la Comédie Française en 1957, il en devient le 435ème sociétaire en 1960. Il en restera membre pendant 27 ans, jusqu'à ce qu'une “incompatibilité d'humeur”,avec l'administrateur de l'époque, Jean Le PoulainJean Le Poulain, l'amène à donner sa démission.

La caméra explore le temps…

Francois ChaumetteFrancois Chaumette

Époux de la comédienne Paloma MattaPaloma Matta, qui lui donna trois enfants, il est très connu des téléspectateurs français pour ses apparitions dans plusieurs émissions des séries «La caméra explore le temps» et «le Théâtre de la jeunesse», la pièce télévisée «Les Perses», ainsi que plusieurs téléfilms : «Le chevalier de Maison Rouge» (1962), «Belphégor» (la version de 1965 et non pas le navet cinématographique avec Sophie Marceau!), et «Les illusions perdues», «Président Faust» (1974), un épisode de la série «Schulmeister, espion de l'empereur» (1971)… Ah ! Quelle époque !

Mais, tout en reconnaissant devoir sa notoriété à son personnage dans «Belphégor», François Chaumette n'aimait pas la télévision, ce média auquel il reprochait d'enlever des spectateurs au théâtre pour en goûter le plaisir en solitaire.

De retour sur les écrans au début des années cinquante («Rayé des vivants» en 1952, etc), il fut pourtant, comme nombre d'acteurs de son genre, royalement sous-traité par le septième art. Outre le personnage haïssable qu'il incarne dans «Le bossu» (1959), et l'ignoble séducteur éconduit par Micheline Presle dans «Christine», ne (me) reste pas grand souvenir de ses autres apparitions, et sa filmographie, ci-dessous déclinée, bien que garnie de titres connus, ne laisse pas apparaître de chef-d'œuvre. Il en fut souvent ainsi pour les grands comédiens de théâtre : tous n'eurent pas la carrière de Gérard Philipe, hélas.

Quelques mois avant sa mort, il est encore l'interprète de «Dom Luis» dans le «Don Juan» de Molière.

François Chaumette est décédé le 27-2-1996, des suites d'un cancer. Sa mort est annoncée à l'Agence France Presse par Michel Piccoli, l'ami de toujours.

Sources…

Documents personnels, Imdb, plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine.

Christian Grenier (janvier 2006)
Ed.7.2.1 : 7-8-2015