L'Encinémathèque explore le temps

Tableau n° 3

François Chaumette
Michel Etcheverry
Daniel Ivernel
Jacques Monod

Ils firent les beaux jours du théâtre pendant de longues années, et de la télévision aux riches heures des sixties. Certains d'entre eux furent de l'heureuse aventure de «La Caméra Explore le Temps», d'autres nous divertirent au «Théâtre de la Jeunesse», etc. Pour les téléspectateurs, jeunes ou vieux, "C'était un temps béni que ce temps-là", comme chantait un certain…

Leurs prestations demeurent à jamais ancrées dans nos souvenirs de vieux téléspectateurs, lorsque la petite lucarne n'affichait ses couleurs que dans les pages des magazines.

A l'époque, nous aurions été gêné de dire ce qu'était le talent. Nous n'aurions su répondre que par des noms : François Chaumette, Michel Etcheverry, Daniel Ivernel, Jacques Monod…

Nous aurions pu en citer d'autres. Laissons notre Collectionneuse, qui les chante si bien, s'occuper de ces dames. Nous reviendrons sur ces messieurs dès que le temps nous en sera donné.

Bonne lecture à tous !

Christian Grenier, janvier 2006
… une vocation quasi religieuse
Michel EtcheverryMichel Etcheverry

Fils unique d'un peintre en bâtiment, Michel Etcheverry fait ses études à Bordeaux et à Saint-André de Cubzac. Instituteur dans la petite localité de Saint-Sulpice-de-Faleyrens, près de Saint-Émilion, il se passionne pour le théâtre et s'inscrit au Conservatoire de Bordeaux. Il en sort en 1944, avec un premier prix et l'amour de sa future épouse, la comédienne Jacqueline Hebel. Le couple s'installe à Paris où Michel devient l'élève de Maurice EscandeMaurice Escande.

Engagé, en 1945, comme régisseur/acteur par Louis JouvetLouis Jouvet au Théâtre de l'Athénée, il s'inscrit alors au Conservatoire National Supérieur d'Art Dramatique. Second prix de comédie classique en juillet 1947, il épouse Jacqueline la même année.

En 1951, au décès du maître, il devient acteur à part entière de la troupe de l'Athénée. Sa grande passion du théâtre lui permet de créer «L' alouette», une pièce de Jean Anouilh, au Théâtre Montparnasse.

En 1959, il devient le président du syndicat des acteurs français, succédant ainsi à Gérard PhilipeGérard Philippe, décédé.

Pensionnaire de la Comédie Française depuis 1961, il en devient le 439ème sociétaire en 1964. Outre ses interprétations, il y met en scène plusieurs pièces («L' école des femmes» en 1968, «Les fausses confidences» en 1978, etc). Il quittera la Maison de Molière en 1981.

Michel Etcheverry au cinéma…

Michel EtcheverryMichel Etcheverry

Son activité cinématographique semble hélas moins rayonnante. Souvent maintenu dans des petits rôles, il y fait néanmoins forte impression et reste un personnage à part dans l'aréopage des comédiens français des années 50/60. On a pu voir sa grande silhouette déambuler dans des films comme «Agence matrimoniale» (1951), «Madame Du Barry» (1954), «L'affaire des poisons»(1955), «Notre-Dame de Paris» (1956), «Fumée blonde» (1957), etc. Parallèlement, il se fait aimer des téléspectateurs français des sixties par ses nombreuses apparitions sur le petit écran («Quatre-vingt treize» en 1962, «La guerre de Troie n'aura pas lieu» en 1967, «Le petit théâtre de la jeunesse», etc).

Au décès de son épouse, très croyant, notre homme se retire dans la communauté bénédictine de Saint-Benoît-sur-Loire. Revenu à la vie séculaire, il reprend, des années plus tard, son activité théâtrale, interprétant notamment, en 1991, la pièce de François Mauriac, «Bloc Notes», au Studio des Champs-Élysées. On peut alors le voir au cinéma dans le film de Régiss Wargnier, «Une femme française», aux côtés d'Emmanuelle BéartEmmanuelle Béart et Daniel AuteuilDaniel Auteuil. Il fait sa dernière apparition sur scène en 1995 dans la pièce de T.S. Eliot, «Meurtre dans la cathédrale».

Michel Etcheverry est décédé à Paris le 30-3-1999, à la suite de problèmes respiratoires.

Sources…

Documents personnels, Imdb, plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine.

Christian Grenier (janvier 2006)
Ed.7.2.2 : 17-10-2016