L'Encinémathèque explore le temps

Tableau n° 3

François Chaumette
Michel Etcheverry
Daniel Ivernel
Jacques Monod

Ils firent les beaux jours du théâtre pendant de longues années, et de la télévision aux riches heures des sixties. Certains d'entre eux furent de l'heureuse aventure de «La Caméra Explore le Temps», d'autres nous divertirent au «Théâtre de la Jeunesse», etc. Pour les téléspectateurs, jeunes ou vieux, "C'était un temps béni que ce temps-là", comme chantait un certain…

Leurs prestations demeurent à jamais ancrées dans nos souvenirs de vieux téléspectateurs, lorsque la petite lucarne n'affichait ses couleurs que dans les pages des magazines.

A l'époque, nous aurions été gêné de dire ce qu'était le talent. Nous n'aurions su répondre que par des noms : François Chaumette, Michel Etcheverry, Daniel Ivernel, Jacques Monod…

Nous aurions pu en citer d'autres. Laissons notre Collectionneuse, qui les chante si bien, s'occuper de ces dames. Nous reviendrons sur ces messieurs dès que le temps nous en sera donné.

Bonne lecture à tous !

Christian Grenier, janvier 2006
… une silhouette de notable
Jacques MonodJacques Monod

Jacques Monod est né à le 21-8-1918, à Casablanca, au Maroc où son père exerçait, au grade de colonel, la vénérable profession de vétérinaire militaire. C'est toutefois au collège Saint-Stanislas de Paris qu'il termine ses études, envisageant un moment de “faire Saint-Cyr”.

Dégagé de ses obligations militaires, le jeune homme rentre au Maroc où il ne tarde pas à se diriger vers le monde du spectacle. Bien humblement, il débute en interprétant des pièces à la radio marocaine avant de fonder une petite compagnie de théâtre locale. Mais la guerre arrive: Jacques Monod est blessé lors des combats de Monte Cassino (1944).

En 1945, il s'installe définitivement en France où, retenu par Louis JouvetLouis Jouvet, il tient son premier rôle important dans «La folle de Chaillot». Il reste aux côtés du maître jusqu'au décès de celui-ci, survenu en 1951. Il devient alors l'assistant du metteur en scène de théâtre Jean MercureJean Mercure.

C'est encore Louis Jouvet qui l'a fait débuter au cinéma, lui permettant d'obtenir un petit rôle dans «Knock» de Guy Lefranc (1950). Il n'aborde toutefois véritablement le septième art que vers le milieu des années cinquante («Je reviendrai à Kandara», «125, rue Montmartre», etc.). On le voit alors distribué aux cîtés de Pierre FresnayPierre Fresnay («Un grand patron», 1951) ou Jean GabinJean Gabin dans «Rue des prairies» (1959).

Dans les années soixante, on le retrouve dans nombre de films, tenant des rôles plus ou moins importants, alternant comédies («Le bateau d'Émile» et, «Les amours célèbres» en 1961, «Une ravissante idiote» en 1963) et drames («La mort de Belle» en 1960, «Le septième juré» en 1961, «Germinal» en 1963, «Le ciel sur la tête» en 1965,…) avec le même talent.

Un ventre de notaire…

Jacques MonodJacques Monod

Il incarne avec bonheur les notables ventripotants : juges («Deux hommes dans la ville», 1973), avocats, militaires («On a retrouvé la 7ème compagnie», 1975)… Sa silhouette est devenue familière aux spectateurs des salles obscures, d'autant plus que ses apparitions à la télévision se multiplient: «La cousine Bette» et «Les illusions perdues» d'après Balzac, «Vidocq», «Les compagnons de Baal», etc.

Au tournant des années soixante-dix, le cinéma néglige de plus en plus les seconds rôles. Nonostant quelques compositions intéressantes («Lucky Luciano» en 1973, «Le locataire» en 1976, etc) Jacques Monod sera victime de cette politique économique préjudiciable à la qualité de notre production. Mais il lui restait la télévision («L'île au trésor» en 1966, «Malaventure» en 1974, «Un juge, un flic» en 1978, etc) et le théâtre (où il retrouve «Topaze» de Marcel Pagnol, en 1978).

Déjà oublié des téléspectateurs, Jacques Monod décède le 25-12-1985 à Paris.

Sources…

Documents personnels, Imdb, plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine.

Christian Grenier (janvier 2006)
Ed.7.2.2 : 20-10-2016