Quatres grands seigneurs

Tableau n° 4

Jacques Castelot
Guy Delorme
Bernard Dhéran
Jacques Toja

Ce carrousel vous présente quatre grands seigneurs du septième art. De la classe, du panache, de l'élégance et des voix remarquables 

Guy Delorme vient de nous quitter. Nous aurions aimé lui dire notre amitié de son vivant… Certains parmi nos visiteurs nous ont demandé de lui rendre hommage et c'est bien volontiers que nous le faisons

Jacques Toja, lui, est parti il y a 10 ans, mais nous n'oublions ni son élégance, ni son talent …

Jacques Castelot, comédien très souvent costumé, méritait tout autant qu'on lui consacre une page.

Quant à Bernard Dhéran, nous aimons lui dire notre plaisir de l'applaudir au théâtre et de le voir sur nos écrans puisqu'il mène une carrière très riche sur tous les plans.

Donatienne, mai 2006
… un grand seigneur
Jacques CastelotJacques Castelot

Jacques Marie Paul Eloi Storms est né à Anvers en Belgique le 11 juillet 1914. Son père s'appelait Paul Storms, tandis que sa mère, Gabrielle Castelot, écrivait des poèmes. C'est sous le nom de sa maman que le jeune homme se fait connaître, tout comme son frère, le journaliste et historien bien connu André CastelotAndré Castelot. Il a à peine 4 ans quand toute sa famille quitte la Belgique pour s'installer à Paris, en 1917. Par la suite, il se fera naturaliser français.

Jacques suit des études secondaires, puis en 1936 entre au conservatoire d'art dramatique dans le cours de Madame Béatrix DussaneBéatrix Dussane, dont il sort avec un deuxième prix de comédie. Grâce à Charles DullinCharles Dullin, le jeune comédien fait ses premiers pas au théâtre dans la pièce «Septembre» aux côtés de Line Noro. C'est à cette époque qu'il fait la connaissance de Jean Anouilh, le dramaturge, qui deviendra son ami.

Côté cinéma, Jacques Castelot fait de la figuration dans le film de Jean Renoir, «La Marseillaise» (1937). Mais c'est en 1942 que sa carrière sur le grand écran démarre grâce à «Monsieur des Lourdines», de Pierre de Hérain, avec Raymond RouleauRaymond Rouleau et «Le voyageur de la Toussaint» de Louis Daquin, avec Jean Desailly.

S'ensuivra une longue liste de 80 films environ, aux côtés des plus grands acteurs et actrices d'après guerre dans des rôles plus ou moins importants sur des grandes affiches : «Les enfants du paradis» de Marcel Carné (1945), «Topaze» avec Fernandel (1950), «Les mains sales» avec Pierre Brasseur (1951), «La vérité sur Bébé Donge» d'Henri Decoin (1951), «Le comte de Monte-Cristo» avec Jean Marais (1953), «Austerlitz» d'Abel Gance (1959), «Angélique, marquise des Anges» de Bernard Borderie (1964)… Son dernier film sera «La mer couleur de larmes», de Serge de Sienne avec , entre autres, Paul GuersPaul Guers.

Parallèlement, il revient au théâtre, et sera aux côtés de Robert HosseinRobert Hossein lors de la création du Centre Dramatique de Reims.

Jacques explore le temps…

Jacques CastelotJacques Castelot

Jacques Castelot fut un acteur élégant, raffiné, un grand seigneur qui s'est beaucoup complu dans le style aristocratique. Au cours de sa longue carrière, il a endossé naturellement les titres de duc, vicomte, prince, régent, évêque… Parfois il jouait le hautain, il pouvait aussi incarener le malin manipulateur… Sa silhouette, mince et élancée, lui donnait une certaine aura qu'il mettait au service de ses différents rôles. Son visage mince, sa bouche affinée accentuaient ce côté d'autorité naturelle, cette morgue dont il se servait pour interpréter des personnages plus vils.

Avec son frère André, Jacques Castelot participa de nombreuses fois à l'aventure télévisuelle de «La caméra explore le temps» : nou sle vimes ainsi en duc de Choiseul lors de «La nuit de Varennes» (1960), en cardinal de Lorraine pour «L'assassinat du Duc de Guise» (1960) ou encore en Decazes dans «L'affaire du collier de la reine» (1962).

Enfin, heureusement doté d'une voix “historique”, calme, posée, il a également beaucoup enregistré pour la radio. On peut regretter que ce comédien talentueux et élégant n'ait pu trouver de plus grands rôles et n'ait pu avoir l'opportunité de nous dévoiler d'autres facettes de son personnage…

Jacques Castelot fut, pendant la guerre l'époux éphémère d'Héléna Bossis, qui prendra la direction du Théâtre Antoine-Simone Berriau. Il est décédé le 25 août 1989 à Saint-Cloud.

Sources…

Documents personnels, Imdb, plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine.

Donatienne (mai 2006)
Ed.7.2.2 : 21-10-2016