Quatres grands seigneurs

Tableau n° 4

Jacques Castelot
Guy Delorme
Bernard Dhéran
Jacques Toja

Ce carrousel vous présente quatre grands seigneurs du septième art. De la classe, du panache, de l'élégance et des voix remarquables 

Guy Delorme vient de nous quitter. Nous aurions aimé lui dire notre amitié de son vivant… Certains parmi nos visiteurs nous ont demandé de lui rendre hommage et c'est bien volontiers que nous le faisons

Jacques Toja, lui, est parti il y a 10 ans, mais nous n'oublions ni son élégance, ni son talent …

Jacques Castelot, comédien très souvent costumé, méritait tout autant qu'on lui consacre une page.

Quant à Bernard Dhéran, nous aimons lui dire notre plaisir de l'applaudir au théâtre et de le voir sur nos écrans puisqu'il mène une carrière très riche sur tous les plans.

Donatienne, mai 2006
… un grand seigneur
Guy DelormeGuy Delorme

Tout le monde connaît son visage. A travers plus de 60 films et fictions télévisées, il nous a, lui aussi, fait aimer le cinéma… Pourtant le public n'aura pas découvert son sourire ! Guy Delorme fut le méchant de l'écran pendant plusieurs décennies et nous ne l'aurons connu qu'habillé de noir, portant une barbe sombre, incarnant les traîtres, les bandits, Mais nous avions rendez-vous avec lui dans chaque film et il nous aurait manqué s'il n'avait pas été là !

Il nous a quittés le 26 décembre 2005 à Bry-sur-Marne des suites d'une grave maladie et nous ne savions pas qu'il était si malade. Nous savions d'ailleurs si peu de choses de lui… Peut-être aurait-il été heureux de savoir qu'on ne l'oubliait pas et qu'il faisait partie des souvenirs d'enfance de toute une génération !

Aussi avons-nous décidé, de lui rendre cet hommage posthume mais sincère. Nous lui devons bien ça.

Guy Delorme est né le 23 mai 1929 à Mary-sur-Marne.

Il débute anonymement en 1950, dans un petit rôle dans le film «Sous le ciel de Paris» de Julien Duvivier (Ndwm: sa participation à ce film reste à confirmer).

En 1957, son personnage de gigolo dans la romanesque histoire d' «Love in the Afternooon/Ariane» est coupé au montage.

Ce n'est qu'en 1959 qu' il arrive au cinéma d'action grâce à un secrétaire de cinéma qui le connaissait pour son adresse en escrime, l'appréciait et le recommanda. Son premier rôle de cape et épée c'est dans «Le bossu» qu'il le tient, aux côtés de Jean MaraisJean Marais : il y joue déjà un méchant, un cavalier au service du Duc de Gonzague qui part à la poursuite de Lagardère, franchissant rageusement le joli pont de Céret !

André Hunebelle, qui manifestait une belle fidélité envers ses interprètes, le rappela plusieurs fois. Bernard Borderie en fit autant. D'autres grands metteurs en scène firent également appel à lui.

En parcourant sa filmographie, il apparaît qu'il a été choisi par les plus grands : Julien Duvivier , Robert Hossein, Abel Gance, Pierre Gaspard-Huit, Alex Joffé, Claude Autant-Lara, Maurice Cloche, Christian-Jaque, Robert Enrico, Jean Delannoy, Eric Rohmer, Gérard Oury, Jean Girault et d'autres encore…

De cape et d'épées…

Guy DelormeGuy Delorme

Sous le nom de Rochefort («Les trois mousquetaires»), Maurevert («Le chevalier de Pardaillan» et «Hardi Pardaillan») Rinaldo («Le Capitan») ou bien sous le costume plus moderne d'escroc et de gangster («Laisse aller, c'est une valse»,…), il se battit comme un diable. Ses “ennemis” n'étaient autres que Jean Marais ou Gérard BarrayGérard Barray.

Il mit également son talent au service du petit écran («Gaspard des montagnes» en 1965, mini-série «Quentin Durward» en 1971,…)

Remarquable escrimeur, excellent cavalier, cascadeur, il incarnait avec élégance le cruel qui trahit ! Il tombait toujours sur plus malin et plus chevaleresque que lui, mais ce rôle si ingrat il l'a interprété avec beaucoup de conviction ! Il faut dire que les histoires ne lui permirent jamais d'avoir le dessus !

Mais il paraît que, autant on fait le méchant au cinéma, autant on est gentil dans la vie…Effectivement, tous ceux qui l'ont approché témoignent de sa sympathie, de son humour et de son amour de la vie. Une interview de lui nous évoque un gentil papa allant chercher sa fille à l'école ! Rien à voir vraiment avec le coup d'œil si noir et si fourbe qu'on lui connaît à l'écran. On apprend qu'il aimait bien Jean Marais ! Sûr ! ils devaient bien se connaître !

On peut avoir une idée de son sens de l'humour en sachant qu'il a inspiré le personnage Mendoza de la bande dessinée «De capes et de crocs», de Jean Luc Masbou et Alain Ayroles. Sa préface dans le tome VII, sorti quelques jours après sa mort, le révèle se moquant avec beaucoup de recul de "sa tronche" ! Tout ceci semble révéler qu'après tout, il se sera bien amusé ! Gageons que, là-haut, il aura retrouvé Jean Marais pour des duels magnifiques et complices uniquement pour leur plaisir à tous les deux !

"Maurevert, je sais qu'il est méchant mais je l'aime bien quand même pasque c'est lui qu'a inventé 'Tout le monde en haut, tout le monde en bas' et c'est trop rigolo !" (témoignage d'un petit admirateur de 8 ans, Charly)

Sources…

Documents personnels, Imdb, plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine.

Donatienne (mai 2006)
Ed.7.2.2 : 22-10-2016