Quatre grands seigneurs

Jacques TOJA (1929 / 1996)

… un grand seigneur
Jacques TojaJacques Toja

Jacques Toja nous a quittés de façon prématurée: nous aurions aimé l'applaudir beaucoup plus longtemps !

Jacques Toja, c'est aussi une voix, magnifique, noble, bien posée, chaude et séductrice.

Quand on évoque sa carrière, on pense à un artiste complet, talentueux, attachant et élégant. Homme de théâtre, avant tout, responsable et créateur, il n'a pas négligé de faire des apparitions plus que remarquées au cinéma et à la télévision !

Jacques Camille Toja naît à Nice (Alpes-Maritimes, France) le 1er septembre 1929. Son père est commerçant. Grâce à un grand-père passionné qui lui fait découvrir le théâtre, il “tombe dans la marmite” dès l'enfance.

À la fin de ses études secondaires, il envisage des études de droit et de comptabilité. Il s'inscrit aussi au Conservatoire de Nice et à la fin de la 2e année, il décroche le premier prix.

Avec l'accord de ses parents, il tente le Conservatoire de Paris. Ses camarades de promotion s'appellent Jean-Paul Belmondo, Jean-Pierre Marielle, Claude Rich. En 1953, il obtient à nouveau le premier prix et c'est pour lui l'entrée à la Comédie Française. Il commence par des seconds rôles mais on lui confie le grand rôle du Comte Almaviva dans «Le barbier de Séville» de Beaumarchais.

En 1957 , il quitte le Français pour y revenir et là, en tant que sociétaire, en 1960. Les plus grands rôles classiques sont pour lui et il participe de pas moins de 130 créations («Le bourgeois gentilhomme» en 1960, «Le mariage de Figaro» en 1963 puis 1977, «Le verre d'eau» en 1976,…)

Le cinéma le tente aussi : Il y joue des personnages costumés, séducteurs, toujours de grande classe qui le font connaître et apprécier du grand public : Philippe Delaunay dans «La tour de Nesle», Léandre dans «Le capitaine Fracasse», Aramis dans «Les trois mousquetaires» et Louis XIV dans la série des «Angélique».

Théâtre et télévision…

Jacques TojaJacques Toja

Il vient aussi à la télévision, pour des diffusions de grands classiques, «Ondine» (1975) où il joue le rôle du roi, «Tartuffe» (1975) où il est Cléante. Il participe également à des épisodes de grandes séries («Au théâtre ce soir : Le gende de M.Poirier» en 1972, «Arsène Lupin» en 1974, «Les cinq dernières minutes : Tendres pigeons» en 1985, «Navarro» en 1991, etc) ainsi qu'à quelques téléfilms («La jalousie» en 1976, «Appelez-moi Fouks» en 1986,…). En 1976, les bâtiments de la Comédie Française étant en pleins travaux, c'est au palais des Congès qu'il interprète «Cyrano» sous la direction de Jean-Paul Roussillon.

Il lui arrive également de doubler de grands comédiens étrangers, tel Roger Moore dans «Ivanhoé» ou Jeffrey HunterJeffrey Hunter, le Christ du «Roi des Rois».

Toujours Comédien Français, il devient membre du Conseil d'Administration puis assistant de Maurice EscandeMaurice Escande. En 1979, il prend la succession de Pierre DuxPierre Dux en devenant administrateur de la Comédie Française. Il assumera cette fonction jusqu'en 1983, après avoir osé ouvrir cette séculaire institution à des auteurs nouveaux.

Il a, dès 1983, l'idée de la Fondation qui porte son nom et qui a pour but de promouvoir la création théâtrale et d'aider les jeunes auteurs et comédiens à se lancer dans l'aventure ! C'est ainsi que plus de 90 spectacles ont pu bénéficier de son soutien. Et son action se poursuit au point que la Fondation Jacques Toja est déclarée d'utilité publique en 1991.

Et c'est dans ce moment là qu'une bien pénible maladie commence à le happer ! Il prend le grand départ le 23 mars 1996, à Neuilly-sur-Seine. Il repose à Nice où une place porte son nom.

Sources…

Plusieurs informations et illustrations de cette page proviennent du site de la Fondation Jacques Toja. Pour le reste, documents personnels, plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine.

Donatienne (mai 2006)
Éd. 9.1.4 : 5-5-2020