Quatre frimousses d'anges

Tableau n° 5

Roberto Benzi
Jean Claudio
Jean Forest
Christian Fourcade

Voici quatre frimousses d'anges, quatre petits garçons qui ont offert leur grâce enfantine au 7e art.

Roberto Benzi, l'enfant prodige de la musique et du cinéma.

Jean Claudio, le petit garçon vedette de l'entre-deux guerres.

Jean Forest, une petite gloire du cinéma muet.

Christian Fourcade, le petit héros de l'immédiate après-guerre.

Tous les quatre surent montrer le chemin des sourires et des larmes aux publics qu'ils avaient su séduire. Retrouvons-les dans leur carrière respective et remercions-les d'avoir été si beaux, si sincères et si émouvants !

Donatienne, octobre 2006
… un Chiche-Capon
Jean ClaudioJean Claudio

Claude Daniel Robert Martin est né à Neuilly-sur-Seine le 28 mars 1927. Certaines biographies retiennent, pour ses débuts, le surnom de Claudio ; il choisira vite de le transformer en Jean Claudio.

Né dans une famille qui avait le sens artistique très poussé, lui-même était particulièrement doué dans de nombreux domaines des arts et des lettres. Son grand-père se nommait Victor Staub, remarquable pianiste et professeur au Conservatoire. Bon sang ne saurait mentir ! Le petit Claudio tombe donc dans le chaudron du monde des arts dès la tendre enfance…

Il débute sous la houlette de Marcel L'HerbierMarcel L'Herbier, aux côtés de Harry Baur dans «La tragédie impériale» (1937). Il a alors 11 ans, et il est incarne le fils du tsar Nicolas II. Toujours avec Harry Baur, la même année, il est choisi par Victor Tourjansky pour «Nostalgie».

En 1938, le fameux film de Christian‑JaqueChristian-Jaque, «Les disparus de Saint-Agil», avec Erich Von StroheimErich von Stroheimm et Michel Simon, le révèle au grand public. Le jeune acteur fait partie du trio des “Chiche-capons”, mini-société secrète comme seuls les enfants peuvent les imaginer, avec leur lot de rêves, de mystères, de goût du défendu, d'aventures… Lui, c'est Sorgues, le copain de Baume (Serge Grave) et de Macroix (Mouloudji).

Une réussite que cette oeuvre, avec cette pléiade de grandes vedettes, et des dialogues de Jacques Prévert, tirée du roman éponyme de Pierre Véry. Le film sort à Paris au cinéma "Marivaux" le 13 avril 1938.

Le public s'attache spontanément à ce petit garçon aux traits fins, à la personnalité déjà bien affirmée qui est élève au Conservatoire . Il suit les cours de Georges le Roy, de Henri Rollan et de Charles DullinCharles Dullin. Ce dernier lui permet d'endosser le rôle de Chérubin dans «Le mariage de Figaro» de Beaumarchais à la Comédie Française. D'ordinaire, c'est une comédienne du “Français” qui joue le rôle mais le petit Jean Claudio est tout à fait le personnage! Il tourne encore plusieurs films. C'est vraiment la petite vedette! Il est choisi par de grands réalisateurs comme Julien Duvivier, a pour partenaires des monstres sacrés comme Raimu, Pierre Fresnay, Blanchette Brunoy…

Il a déjà quinze ans lorsque Jean DrévilleJean Dréville l'engage aux côtés de Jean Paqui (chevalier d'Orgeix) et de Daniel GélinDaniel Gelin pour être l'un de ses «Cadets de l'océan» (1942)…

Visage d'homme…

Jean ClaudioJean Claudio

Il lui faut attendre la fin de la guerre pour redémarrer une seconde carrière. Il est adulte mais on reconnaît facilement dans l'homme qu'il est devenu l'élégance du petit “Chiche-capon”.

On le retrouve en 1952 dans le film de John Huston, «Moulin Rouge» avec José Ferrer. Nous sommes au début des trente glorieuses, période favorable au cinéma.

Sa carrière prend de nouvelles orientations et dépasse les frontières de l'Hexagone : aux USA, en Angleterre, en Allemagne. Des metteurs en scène célèbres lui donnent l'occasion de figurer dans les génériques d'une cinquantaine de longs métrages et fictions télévisées : Jean Delannoy, Henri Decoin, Jean Renoir, Marc Simenon, Denys de la Patellière, Henry Verneuil…

Sur les plateaux, il côtoie des vedettes féminines sont tout aussi illustres : Michèle MorganMichèle Morgan, Ingrid BergmanIngrid Bergman, Giselle PascalGisèle Pascal, Martine CarolMartine Carol, Claudia CardinaleClaudia Cardinale, Stéphane AudranStéphane Audran , Mylène DemongeotMylène Demongeot, etc.

La télévision lui offre également des opportunités. On le retrouve dans «Splendeurs et misères des courtisanes» (1976), «Le chirurgien de Saint-Chad» , «Le jeune Fabre», «Rue barrée», etc…

Artiste créateur, Jean Claudio multiplie les centres d'intérêt ; il aime peindre et expose ses toiles avec un réel succès, dans les villes où il aime séjourner. Paris, bien sûr mais aussi Rome ou Munich. En 1961, il retourne aux sources avec une création théâtrale aux côtés de Paul MeurissePaul Meurisse, dans la pièce de Jean Anouilh, «L'hurluberlu».

Il signe un recueil de poésies «Les fausses joies» (publié en 1950), ainsi que plusieurs romans : «La saison chaude», «Les torts réciproques», «Monsieur Damoclès» et «L'inconnu de Genève». Il se risque aussi dans la chanson comme en témoigne un 45 tours dont nous avons retrouvé la trace.

Compagnon d'Ingrid Nordine, qu'il fait engager à ses côtés sur le tournage de «Le déjeuner sur l'herbe», Jean Claudio était un artiste complet et discret que le public ne connaissait sans doute pas vraiment. Sa mort prématurée nous laisse une impression d'inachevé…

Car Jean Claudio est décédé le 11 janvier 1992 à Saint-Cloud.

Sources…

Documents personnels, Imdb, plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine.

Donatienne (octobre 2006)
Ed.7.2.2 : 24-10-2016