Quatre frimousses d'anges

Tableau n° 5

Roberto Benzi
Jean Claudio
Jean Forest
Christian Fourcade

Voici quatre frimousses d'anges, quatre petits garçons qui ont offert leur grâce enfantine au 7e art.

Roberto Benzi, l'enfant prodige de la musique et du cinéma.

Jean Claudio, le petit garçon vedette de l'entre-deux guerres.

Jean Forest, une petite gloire du cinéma muet.

Christian Fourcade, le petit héros de l'immédiate après-guerre.

Tous les quatre surent montrer le chemin des sourires et des larmes aux publics qu'ils avaient su séduire. Retrouvons-les dans leur carrière respective et remercions-les d'avoir été si beaux, si sincères et si émouvants !

Donatienne, octobre 2006
… le petit garçon perdu
Christian FourcadeChristian Fourcade

Un petit garçon fragile, tendre, bouleversant, tel était Christian Fourcade. Né le 22 avril 1942 à Vincennes, c'est inévitablement après la guerre qu'il devient une vedette du grand écran. Son petit visage très fin, un peu apeuré, très expressif, sachant particulièrement faire passer des émotions, incite les réalisateurs à lui confier les rôles d'orphelins, de gosses perdus, de petits malheureux.

Sa carrière est riche de plus de 20 films et fictions télévisées.

Sa première année de tournage remonte à 1948; il n'a que 6 ans lorsqu'il entame sa carrière sous la direction de Jean-Paul Paulin. Laissé tout seul sur un manège, il incarne un petit gamin abandonné. René Dary et Pierre‑LouisPierre-Louis l'aideront à retrouver sa maman, qui sera «L'inconnue N°13». Ce film a le charme désuet des petits mélos de l'époque mais qui étaient tout de même tournés avec goût et une certaine délicatesse ; les scénarios étaient bien écrits et la réalisation soignée. Et il était bien craquant ce petit Christian !

D'autres films…d'autres rôles… En 1950 il fait une apparition dans «Caroline chérie» avec Martine CarolMartine Carol.

1951, c'est l'année du «Grand patron» d' Yves Ciampi. Il y joue ce petit qui confond le chirurgien (Pierre FresnayPierre Fresnay) avec l'homme invisible; s'ensuit une histoire touchante en marge de l'intrigue principale. En 1953, son nouveau partenaire, illustre s'il en est, n'est autre que Bing CrosbyBing Crosby, charmeur et talentueux. A lui tout seul, le titre du film, «Le petit garçon perdu», résume le thème de cette histoire simple typique de l'après-guerre. Le grand crooner incarne un Américain revenu en France pour tenter de retrouver le fils qu'il avait eu d' une jeune Française disparue pendant la guerre. Il écume toutes les maisons d'enfants et tombe, avec les quelques indices dont il dispose sur un orphelinat tenu par des sœurs. On lui présente un petit Jean (Christian Fourcade) qui pourrait être son fils. Il approche le garçonnet, le questionne, le met à l'épreuve, cherche des certitudes… En vain ! Les sœurs font pourtant le forcing et l'encouragent à remmener l'enfant aux USA! Mais l'Américain n'est pas convaincu… Il envisage de repartir seul… quand, au dernier moment… Ce joli conte de fée, qui se termine bien, fut présenté en compétition au Festival de Cannes de 1954.

En 1953 également, le jeune Christian tourne la troisième version de «Crainquebille», de Ralph Habib aux côtés d'Yves Deniaud et Pierre Mondy; il y joue le rôle de La Puce, (La Souris dans les premières versions). Il y chante d'ailleurs une rengaine de titi parisien, avec une jolie petite voix fluette ! Il enregistrera par la suite des chansons enfantines.

1953 toujours, nouveau remake, «Le petit Jacques», réalisé par Robert Bibal est adapté d'un roman de Jules Clarétie. Jacques est un petit malade, à la sensibilité exacerbée, qui a le don de deviner les événements qui ne se sont pas encore passés. Ses parents,(Blanchette BrunoyBlanchette Brunoy et Jean‑Pierre KérienJean-Pierre Kérien), se déchirent dans ce sombre drame où rien ne manque: les turpitudes d'hommes d'affaires, les marchés ignobles et une condamnation à mort… Le petit Jacques interviendra in extremis pour sauver son père.

Une petite vedette…

Christian FourcadeChristian Fourcade

La carrière de Christian Fourcade se poursuit. Il est désormais une petite vedette qui participe même à des feuilletons radiophoniques tel «D'Artagnan», avec Claude DauphinClaude Dauphin. En 1954, On l'aperçoit dans le «Napoléon» de Sacha Guitry. En 1958, dans «Les misérables» de Jean-Paul Le Chanois, il campe le petit ramoneur auquel Jean Gabin dérobe une pièce de monnaie. La même année, dans «Sans Famille» d'André Michel, il est le fils de l'abominable Pierre Brasseur.

En 1960, André Hunebelle le choisit pour être Louis XIII dans «Le Capitan», face à Jean MaraisJean Marais et BourvilBourvil. Le public le découvre tout grandi, même si on retrouve dans le jeune homme de 18 ans qu'il est devenu , les traits fins et le regard profond du petit gamin d'autrefois ! On est étonné aussi d'entendre sa voix claire et son phrasé lent et empreint de majesté (le rôle l'exige bien sûr) mais bien évidemment il a maintenant sa voix d'homme !

On le reverra encore à la télévision dans «Merlusse» de Marcel Pagnol , jouant le rôle de l'élève Gelubert, avec comme partenaire Georges WilsonGeorges Wilson. Il apparaît également dans la série «La cravache d'or».

Et puis, plus rien ! Le public le perd de vue ! Est-il resté dans le monde du spectacle ? Nous ne le savons pas ! Alors, Monsieur Fourcade, si d'aventure vous venez à lire ces lignes, n'hésitez pas à nous donner de vos nouvelles ! (Vous n'avez rien à déclarer?).

Sources…

Documents personnels, Imdb, plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine.

Donatienne (octobre 2006)
Ed.7.2.2 : 26-10-2016