"The Longest Day / Le jour le plus long"

Tableau n° 8

Jeffrey Hunter
Christian Marquand
Tom Tryon
Stuart Whitman

6 juin 1944… Le débarquement des troupes alliées sur les plages de Normandie commence … Pour des milliers d'êtres humains, ce fut « Le jour le plus long».

L’Encinémathèque commémore à sa façon cette page de l’histoire mondiale du XXème siècle, en évoquant 4 des 48 célèbres acteurs qui ont participé à la grande fresque cinématographique de Darryl Zanuck en 1961 (sortie du film en 1962).

Le choix était difficile; finalement nous avons opté pour Jeffrey Hunter, Tom Tryon et Stuart Whitman pour ce nouveau carrousel. A ce trio de soldats anglo-saxons, nous avons ajouté un français, bien sûr, qui incarna le courageux et célèbre Commandant Kieffer, nous offrant l'occasion de rendre un hommage à Christian Marquand.

Bonne lecture à tous !

Donatienne, juin 2007

Stuart WHITMAN (1926? 1928?)

… une valeur sûre du cinéma américain
Stuart WhitmanStuart Whitman

Stuart, Maxwell Whitman est né le 1-2-1926 (1928?) à San Francisco en Californie. Son père, Joseph Whitman, d’origine irlando-écossaise, a juste 19 ans quand naît Stuart. Il exerce la profession d’ agent immobilier. Sa mère, Cécelia, est d’origine russe et n’a que 18 ans quand elle le met au monde. Il a un frère plus jeune, Kipp WhitmanKipp Whitman, futur acteur que l'on verra plus tard jouer à ses côtés dans un épisode de la série télévisée «Cimarron». De ses parents qui lui ont donné une éducation plutôt libérale, il tient l’amour de la terre, le sens de l’amitié et de la fidélité.

Il fut d’abord un petit écolier turbulent (les chroniques américaines rapportent qu’il aurait fréquenté 26 établissements !). Très fort physiquement, il n’hésite pas à user de ses petits poings pour s’imposer dans les cours de récréation.

Après avoir vécu dans plusieurs villes, (New-York, Atlanta entre autres) toute la famille s’installe à Los Angeles. L'enfant se retrouve lycéen dans un établissement d’Hollywood où il devient rapidement le meilleur joueur de l’équipe de football. Puis il fréquente une école supérieure de Los Angeles dont il sort diplômé.

Il a 17 ans à la fin de la guerre et il est militaire pendant 3 ans de 1945 à 1948, dans l’ "Army Corp of Engineers". On remarque qu’il est un grand sportif ! Il pratique la boxe et il mène 32 combats dans la catégorie poids légers. La légende dit qu’il n’en perdit qu’un seul ! Et l’on rapporte que cette défaite aura eu un effet salutaire sur lui : on ne gagne pas toujours, apprendra-t-il à ses dépens !

Une fois libéré des ses obligations militaires, il décide de suivre des cours d’art dramatique au "Los-Angeles city college". Il se sent attiré par le métier d’acteur. Il fréquentera également L’Académie d’art dramatique de Los-Angeles. Pour gagner sa vie, il se procure un bulldozer et loue ses services ! C’est en tous cas un “bosseur” !

Il commence par décrocher de tout petits rôles…

Un acteur impatient…

Stuart WhitmanJohn Wayne et Stuart Whitman

Stuart Whitman incarne tout d’abord des joueurs de football, des sergents, des bandits…

Sa première apparition, en 1950 fut celle d'une simple silhouette dans «When Worlds Collide (Le choc des mondes)» , une production de Rudolph Mate. Mais sa carrure athlétique, ses traits réguliers, son regard séduisant de beau brun ténébreux lui confèrent une réputation de séducteur et le public aime le retrouver dans les films. Ainsi en 1959, ce western insolite et dramatique de Richard Fleisher «These Thousand Hills (Duel dans la boue)», au titre français si peu inspiré, où il se fait remarquer.

Son talent est réel, même s’il ne parvient pas à devenir un acteur de premier plan. Il avait pourtant été pressenti par Alfred Hitchkock pour «Psychose» en 1960 mais c’est finalement John GavinJohn Gavin qui décrochera le rôle de Sam Loomis.

Il est tenté, bien sûr, par le genre western. On le retrouve alors aux côtés de John WayneJohn Wayne dans les «Comancheros» (1961).

Il sera vraiment reconnu en 1961 par l’Award Academy qui lui attribuera le trophée du meilleur acteur pour son rôle dans «The Mark». Il y campe Jim Fuller, un personnage un peu trouble, à la sexualité confuse, fils d’une mère dominatrice et possessive à l’excès, et d’un père inexistant, fade et attiré par les très jeunes filles. Il joue ce rôle difficile tout en nuance et de façon remarquable, aux côtés de Rod SteigerRod Steiger et Maria Schell.

Relevons également son personnage dans «Le jour le plus long» en 1962 où il est le lieutenant Sheen, aux côtés de John Wayne, et qui découvre le premier le soldat John Steel/Red Buttons, descendu du clocher et sourd à cause des cloches.

En France, on se souvient de lui dans «Ces merveilleux fous volants dans leurs drôles de machines» (1965) où il a comme partenaires Jean-Pierre Cassel, Terry-Thomas, Alberto Sordi et un certain Benny HillBenny Hill; ce film de Ken Annakin raconte l’histoire d’une course en avions-coucous entre Londres et Paris en une histoire farfelue et sympathique au temps des pionniers de l’aviation.

Tout paraît régulier et bien ordonné dans cette carrière mais tout de même Stuart Whitman aura osé se lancer dans des voies cinématographiques différentes. Ainsi, on compte dans sa filmographie, plus de 20 films d’horreur ! Citons notamment «Le crocodile de la mort» (1976), un sombre film du genre, sorti en France en 1978, où il donne la réplique à Mel Ferrer : une prostituée se réfugie dans un hôtel inquiétant, tenu par un gérant dément. Non loin de cet hôtel, un zoo et un marais habité par un crocodile géant…

Par ailleurs, Stuart Whitman n’a pas négligé la télévision, participant à des feuilletons populaires américains comme «Texas Ranger», «Superboy» – une émule de Superman -, «l’Ile fantastique», «Ric Hunter», un épisode de «Time Trax» (1993), et surtout «Cimarron Strip» où il incarnait le Marshall Jim Crown dans les années 60.

Il a également essayé le théâtre et a parcouru tous les Etats-Unis (67 villes) avec la pièce «Dr Christian». Enfin, sa voix intéressante a été “empruntée” pour de nombreux documentaires.

Un homme discret…

Stuart WhitmanStuart, Patricia et leurs enfants

Stuart Whitman est un acteur valeur-sûre du cinéma américain. Contrairement à beaucoup d’autres, il s’est révélé être un gestionnaire avisé, raisonnable qui a su se constituer une fortune appréciable gagnée tout au long de sa carrière.

Extrêmement discret sur sa vie privée, il épouse Patricia Lalonde en 1952 qui lui donne : Tony, Mike, Linda et Scott. Le divorce est pronocé en 1966. Il épouse alors Caroline Boubis dont il a un fils, James-Justin. Nouivau divorce, en 1974. En 2006, alors âgé de 78 ans (?), il convole en troisième noces avec une jolie Russe de 32 ans, Julia Pardize.

Il est grand-père plusieurs fois : "Mon père a toujours été un homme très chaleureux et très aimant" a déclaré sa fille Linda.

Il est notoire qu’il aime la vie de famille, et qu’il apprécie de réunir sa tribu dans son ranch de Santa-Barbara, son ranch dans lequel il fabrique sa propre bière avec une recette venue de son grand-père.

Stuart Whitman, aux dernières nouvelles, est en bonne santé, se maintenant en faisant du sport. Il se tient au courant de l’actualité, lit les publications économiques. Il est, en outre, membre d’organisations humanitaires comme La "John Wayne Cancer Society".

Artiste complet, sobre, discret, loin des scandales et des tapages hollywoodiens, il est resté un artiste très estimé…

Documents…

Sources : Imdb, documents personnels, Imdb, plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine.

Donatienne (juin 2007)
Ed.7.2.2 : 5-11-2016