"On connaît la chanson !"

Tableau n° 9

André Claveau
Henri Genès
Félix Marten
Marcel Mouloudji

Pour ce premier carrousel de la rentrée 2007, il nous fallait de la bonne humeur, du charme, de l’émotion et de la nostalgie.

J’ai donc fait appel à quatre comédiens-chanteurs, très différents dans leur style et dans leur répertoire mais qui ont eu du succès à “leur époque” et que beaucoup auront plaisir à retrouver :

Félix Marten, élégant, dilettante, lancé par Edith Piaf

Mouloudji, avec sa gouaille de Belleville, ses si jolies chansons et ses rôles remarqués au cinéma

Henri Genès, avec sa bonhommie et son amour du rugby, qui nous a quittés il y a deux ans seulement

Enfin, André Claveau, très aimé de ces dames , dont nous n’avons pas oublié les refrains si populaires et qui a fait quelques apparitions au cinéma

Retrouvons-les tous les quatre et fredonnons ensemble leurs plus grands succès !

Donatienne, octobre 2007
… le facteur est amoureux des lavandières
Henri GénèsHenri Génès

Toute la faconde méridionale, toute la bonne humeur du monde se reflète sur le visage d’Henri Genès. Rappelons-nous…

De son vrai nom Henri Gabriel Sylvestre Génébés, il est né à Tarbes le 3 juillet 1919 (réf. Les gens du cinéma d’après des documents officiels. Notons que l’on trouve toutes les fantaisies sur la toile, concernant l’état civil de ce comédien).

Il fréquente le lycée de sa ville où il décrochera son bac, ce qui pour l’époque représente déjà un bon niveau d’étude. Son père rêve de faire de lui un professeur de latin. Lui ne pense qu’au rugby et aux chansons. Il se risque dans des concours-crochets où le baryton Robert Jysor le remarque.

Mais voilà l’époque sombre de la guerre. Il est mobilisé. Pendant son temps d’armée, il le dira lui-même, il s’amuse à faire rire ses copains, son premier public déjà conquis.

A son retour, il se fixe à Paris. Ses premiers pas dans le monde du spectacle se font au Cabaret "Le Grand Jeu". C’est à cette époque qu’il fait la connaissance de BourvilBourvil et de Jacques Hélian. La Villa d’Este lui propose un contrat, lui permet de se faire connaître. Il y reste 8 mois, part en tournée dans toute la France, en Afrique du Nord et en Belgique. Un télégramme de Françis Lopez lui annonce qu’il est choisi pour le rôle comique de Nicolas dans l’opérette «Quatre jours à Paris». Nous sommes en 1948.

Il rencontre à cette occasion celle qui deviendra sa compagne, Jeanette Batti et qu’il épousera plus tard. Henri Génès, d’une première union, avait déjà une fille, Martine. Jeanette et lui joueront ensemble encore deux opérettes, et tourneront par la suite plusieurs films dont «Trois de la Canebière» avec Marcel Merkès, Colette Déréal et Michel GalabruMichel Galabru.

Parallèlement, il compose des petites chansons joyeuses, sans prétention, faciles à fredonner comme «La tantina de Burgos» ou «Le facteur de Santa Cruz». Il interprète ces airs joyeux au son des accordéons d'André Verchuren, Aimable ou Yvette Horner, comme ce mémorable «Rugby, cher vieux rugby, toi qui fais chanter, toi qui fais pleurer», que l’on peut retrouver facilement dans les archives de l’INA. Il avait enregistré un microsillon, «Les minets de la plage», avec un autre joyeux luron, Jean LefebvreJean Lefebvre.

Mon curé au cinéma…

Henri GénèsHenri Génès

Au début des années 50, Ray Ventura lui propose 5 rôles dans 5 films, dont «Nous irons à Paris» évoqué plus haut, avec le séduisant jeune premier de l’époque Philippe LemairePhilippe Lemaire, le grincheux Fred Pasquali et l’affectueuse Maman Terrine, alias Maryse Martin; un film bien tendre sur les airs entraînants de Ray Ventura, immense succès populaire. Dans la foulée, il enchaîne avec la production franco_italienne «Nous irons à Monte-Carlo» (il y est remplacé par Jules Munshin dans la version italienne), tourné sur le même style. Mais le deuxième volet n’aura pas le charme du premier.

Il continuera son parcours artistique avec des participations dans «Les amants de bras mort» et dans «La reine Margot» avec Jeanne MoreauJeanne Moreau. Mais un problème de santé l'oblige à interrompre sa carrière. Rétabli, il part en tournées pour plusieurs opérettes: «La route fleurie», «L'auberge du cheval blanc» et bien d’autres…

Au début des années 60, il revient au cinéma pour toute une série de films avec Louis de Funès : «Le corniaud», «La grande vadrouille», «Le petit baigneur», «La soupe aux choux»… Il apparaît également dans certains feuilletons télévisés comme «Nans le berger».

Certes tous les films de ce comédien bon enfant, ne seront jamais considérés comme des chefs-d’œuvres: faciles, un peu balourds quelquefois. Mais Henri Génès fait partie de ces acteurs que l’on retrouve régulièrement et avec plaisir, au détour de nombreux films, comme quelqu’un de la famille. Aussi garderons-nous un bon souvenir de ce grand costaud au cœur tendre qui aura su nous amuser “ave l’accent”.

Henri Génès est décédé le 18 août 2005, à l’âge de 86 ans. Sa dépouille repose au cimetière de Neuilly-sur-Seine.

Sources…

Documents personnels, Imdb, plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine.

Donatienne (octobre 2007)
Ed.7.2.1 : 17-8-2015