«Four Angel Faces…»

Tableau n° 13

Freddie Bartholomew
Jackie Coogan
Jackie Cooper
Dickie Moore

A l’approche des fêtes de fin d’année, nous célébrons l’enfance sur notre site avec l’évocation de quatre petits boys américains qui ont enchanté le public ! Deux nous ont quittés, mais deux autres sont encore là, témoins de toute une époque !

Tous quatre cependant ont payé bien cher leur fragile gloire et leur statut de petite star ; Ils en ont gardé des blessures douloureuses pendant toute leur vie !

Retrouvons Freddie Bartholomew, le petit dandy britannique, Jackie Coogan, inoubliable partenaire de Charlie Chaplin, Jackie Cooper, un vrai Gavroche d’Outre Atlantique et enfin Dickie Moore, une des fameuses “petites canailles”!

Donatienne, decembre 2008

Jackie COOGAN (1914 / 1984)

… un gamin d'Hollywood
Jackie CooganJackie Coogan

Né à Los Angeles, dans une famille d’artistes, le 26 octobre 1914, il s’appelle John Leslie Coogan pour l'état civil.

Il n’a que 3 ans quand on le voit pour la première fois dans «Skinners Baby» (1916). Son père, Jack Coogan, est danseur. Sa mère, Lilian Rita Dolliver, est également une enfant de la balle. Quant à son grand-père paternel, Keith Coogan, il a fait une carrière de comédien honorable.

En 1924, Jackie aura un petit frère, Robert, son cadet de 10 ans, qui deviendra également comédien.

Charlie Chaplin remarque ce petit phénomène, que l’on surnomme Jackie, alors qu’il danse le shimmy de façon très convaincante lors d’une animation : drôle, expressif et mignon comme tout ! Charlot voit déjà en lui son futur partenaire pour le grand film qu’il veut entreprendre. Pour le tester, il lui donne au préalable un rôle dans «A Day’s Pleasure» (1919). Il n’a que cinq ans mais crève déjà l’écran !

«The Kid» (1921)…

C’est donc lui, et pas un autre, qui sera «The Kid» (1921), petit bout de chou qui soutient par sa force de caractère “the tramp (le vagabond)”, un homme à la dérive, merveilleusement joué par Charles ChaplinCharles Chaplin.

Jackie CooganEn route vers la gloire…

De ce jour, il est adulé des foules, et devient une immense vedette. Le film sorti, les enfants rêvent de lui ressembler et l’on fabrique des poupées à son effigie. Des timbres sont imprimés, des publicités plus ou moins malvenues diffusées ! La gloire ! Trop vite sans doute…

L’année suivante, il incarne «Oliver Twist», d’après le chef-d’œuvre de Charles Dickens mis en scène par Frank Lloyd.

En 1923, on le retrouve dans «Daddy», sur un scénario écrit par son père. A ce moment-là, il est l’un des acteurs les mieux payés d’Hollywood : on parle de 4 millions de dollars, ce qui est pharamineux pour l’époque. Mais il n’a qu’une dizaine d’années et ne se doute pas encore qu’il ne jouira jamais de ses revenus. Il continue donc à jouer de sa candeur enfantine, donnant ainsi la réplique à Joan CrawfordJoan Crawford dans «Old Clothes» (1925).

Il enchaîne les rôles jusqu’à épuisement. Il n’a alors que 12 ans…

L’âge ingrat…

Jackie Cooganavec Betty Grable dans «College Swing»

Comme les autres, l'enfant grandit, sa voix commence à muer; il ne peut plus tenir le même style de rôle. «Tom Sawyer» (1930) et «Huckleberry Finn» (1931) marquent la fin de sa période de grande popularité. C’est alors qu’il commence à réaliser ce qui se passe au niveau de ses finances…

En 1935, c’est le drame : il est le seul rescapé d’un terrible accident de voiture où son père Jack et son meilleur ami et partenaire, Junior Durkin, trouvent la mort. Très peu de temps après, sa mère se remarie avec Arthur Bernstein, son impresario. Il s’aperçoit que toute sa fortune a disparu, dilapidée par ses parents. Il ne lui reste que 126 000 dollars ! Scandale autour de ce jeune acteur que le public aime tant ! Grâce à - ou plutôt à cause de - son infortune, la "California Child’Actor Bill", loi protégeant les revenus des jeunes acteurs, sera votée en Californie.

Pratiquement fiancé à la jolie actrice Toby WingToby Wing, Jackie traverse une bien mauvaise passe. Il déprime, a tendance à se réfugier dans l’alcool et se fâche avec sa famille. Pour combler le tout, les fiançailles sont rompues. Plus tard, il se réconciliera avec sa maman.

Monsieur Coogan…

Le voici adulte. Durant les années d’avant-guerre, il tourne dans des films qui n’ont pas grand succès, même s’il côtoie des partenaires prestigieux, comme Randolph ScottRandolph Scott dans «Home on the Range» (1934).

La rumeur lui prête une romance avec la jeune actrice Ida Lupino mais ce ne sera qu’une amourette. En 1937, il rencontre une comédienne qui devient sa partenaire dans «College Swing» de Raoul Walsh. Elle s'appelle Betty GrableBetty Grable. Il en tombe amoureux et l’épouse. Le mariage durera 3 ans, avant un divorce en pleine guerre mondiale…

Jackie se fait affecter dans l’armée de l’air. Il servira aux Indes, comme pilote de planeurs. Il a le temps d’épouser, pour une nouvelle période de 3 ans, Flower ParryFlower Parry, une jeune starlette qui lui donnera son premier fils, John Anthony, en 1942.

Une fin de carrière en demi-teinte…

Jackie CooganJackie Coogan

A la fin des hostilités, il retourne à Hollywood et reprend sa carrière. On le voit ainsi en 1947, aux côtés de Jacky Cooper, avec lequel on le confond souvent, dans «Kilroy Was Here».

Entre-temps, il s’est marié une troisième fois, avec Ann McCormack. De cette nouvelle union naîtra une fille, Joan. Mais il ne trouve pas davantage le bonheur et divorce en 1951.

Il continue à tourner, mais ce ne sera jamais que pour de petits rôles, même s’il côtoie de grandes vedettes comme Anthony PerkinsAnthony Perkins, alors tout jeune, dans un film de Georges Cukor, «The Actress» (1953), Frank Sinatra dans «The Joker is Wild/Le pantin brisé» (1957), Montgomery CliftMontgomery Clift dans «Lonelyhearts/Coeurs à la dérive» (1958). Un cœur à la dérive, c’est sans doute ce qu’il est vraiment alors.

En 1965, il apparaît aux côtés d'Elvis Presley dans «Girl Happy/La strip-teaseuse effarouchée». «Cahill, U.S. Marshall/Les cordes de la potence», avec John WayneJohn Wayne lui donne l’opportunité de se montrer encore à l’écran en 1973.

Pendant toutes ces années, il aura aussi participé à des émissions télévisées, comme «Mc Keever et le colonel» où il incarne le sergent Barnes officiant dans une école militaire. Enfin, il campe l’oncle Fester de «La famille Adams» (1977) dans une reprise télévisée de la célèbre série des “sixties”. Réalisateur de nombreux téléfilms ou épisodes de séries, on le vit également assumer la fonction de directeur des dialogues sur une paire de long métrages pour le cinéma.

Ces prestations le feront connaître des nouvelles générations et lui permettront enfin de gagner suffisamment bien sa vie, pour s’investir dans la protection des enfants du spectacle.

Le retour du Kid…

Jackie CooganA jamais dans nos coeurs…

En 1980, Jackie Coogan apparaît dans son propre rôle dans l’évocation de celui qu’il admirait tant et qui l’avait découvert, «Unknow Chaplin».

Justement, évoquons Chaplin et Jackie Coogan… On sait que Charlot s’est exilé en Europe pendant plusieurs décennies. Il a laissé son jeune poulain de l’autre côté de l’océan. Les deux hommes se perdent de vue. Mais lorsque Chaplin revient aux USA, en 1972, Jackie fait partie du comité d’accueil qui l'attend à l’aéroport. Dès qu’il le voit, Charlot le serre affectueusement dans ses bras, comme un père qui retrouve son fils ! Il lui murmurera : "C’est toi que je voulais voir plus que tout autre !" et, s’adressant à la dernière Mrs Coogan, "N’oubliez jamais que votre époux est un génie !". Il s'agissait de Dorothea Lamphere qui lui avait donné deux enfants : Leslie (1953) et Christopher (1967).

Dorothea lui apportera enfin cette stabilité dont il avait tant besoin puisque, épousée en 1952, elle sera toujours à ses côtés quand il décédera le 1er mars 1984, à Santa Monica, d’une crise cardiaque. Sa dépouille repose au cimetière Holy Cross de Los Angeles.

Leslie, sa fille, est la mère du comédien Keith Mitchell, né en 1970 et qui, deux ans après le décès de son grand-père, décidera de s’appeler Keith Coogan, continuant donc ainsi la tradition familiale.

Documents…

Sources : …, documents personnels, Imdb, plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine.

Prenom_Nom…

Citation :

"Qu'est-il arrivé aux enfants stars d'aujourd'hui ? Je ne les sens pas capables de porter un film sur leurs épaules. Leur capacité se limite à colporter des slogans publicitaires !"

Jackie Coogan
Donatienne (décembre 2008)
Ed.7.2.2 : 23-11-2016