«Four Angel Faces…»

Tableau n° 13

Freddie Bartholomew
Jackie Coogan
Jackie Cooper
Dickie Moore

A l’approche des fêtes de fin d’année, nous célébrons l’enfance sur notre site avec l’évocation de quatre petits boys américains qui ont enchanté le public ! Deux nous ont quittés, mais deux autres sont encore là, témoins de toute une époque !

Tous quatre cependant ont payé bien cher leur fragile gloire et leur statut de petite star ; Ils en ont gardé des blessures douloureuses pendant toute leur vie !

Retrouvons Freddie Bartholomew, le petit dandy britannique, Jackie Coogan, inoubliable partenaire de Charlie Chaplin, Jackie Cooper, un vrai Gavroche d’Outre Atlantique et enfin Dickie Moore, une des fameuses “petites canailles”!

Donatienne, decembre 2008

Jackie COOPER (1922 / 2011)

… un Gavroche des faubourgs de New York
Jackie CooperJackie Cooper

Il était joufflu et amusant ce petit “gavroche” américain ! John Cooper Jr naît le 15 septembre 1922 à Los Angeles. (On trouve parfois 1921 dans certaines biographies).

Son père d’origine juive, John Cooperman de son vrai nom, a adopté officiellement le patronyme de Cooper qu’il transmet naturellement à son fils. Ce papa quitte la mère de son enfant qui n’a que deux ans; le couple n’était pas marié. La maman, Mabel, est une artiste. Pianiste, elle donne parfois des cours de comédie à de jeunes élèves. Elle épouse un responsable de production, C.J. Bigelow.

La grand-mère du garçonnet, également issue du milieu artistique, l’emmène un jour passer une audition pour un petit rôle chantant. Retenu, l'enfant fait quelques apparitions fugitives dans une douzaine de bandes. Son oncle (époux de sa tante maternelle, Julie), le réalisateur, Norman Taurog, va utiliser le talent et la fraîcheur du petit John qui va prendre le surnom de Jackie.

On le reconnaît dans plusieurs épisodes du feuilleton cinématographique de l’époque, «Our Gang/The Little Rascals» (en France, «Les petites canailles»), à l’instar de Dickie MooreDickie Moore. Confiné dans des personnages de second plan, il sera très vite repéré au fil des épisodes (il en tournera 8), tiendra des emplois de plus en plus importants pour finir par jouer carrément des premiers rôles.

Mabel, secrétaire à la Fox Film Company, inscrit le nom de son fils sur la liste des enfants susceptibles de jouer dans de courts métrages.

Notre petit héros va trouver très vite la vraie et immense gloire avec un film de tonton Norman, «Skippy» (1931). Il y a comme partenaire un autre garçonnet, Robert Coogan, le frère du “Kid”. Son interprétation lui vaut, à 10 ans, d’être “nominé” pour l’oscar du meilleur acteur, faisant de lui pendant longtemps le seul enfant à avoir eu cet honneur, tandis que Norman Taurog remporte pour ce même film la médaille du meilleur réalisateur. Le tournage n’aura pourtant pas été facile pour le petit garçon qui devait pleurer sur commande. Alors qu’il avait quelque mal à faire couler les larmes, Norman n’hésita pas à le menacer d’abattre le chien qu’il aimait tant ! Dur, le métier d’acteur quand on est un petit garçon ! Jackie n’oubliera jamais…

Petit Gavroche…

Jackie CooperWallace Beery et Jackie Cooper

En 1931, le voici partenaire de Wallace Beery dans «The Champ». La rencontre de la vedette affirmée qu’était Wallace face au malin petit blondinet se reconstituera pour trois autres films : «The Bowery» en 1933, «Treasure Island» en 1934 et «O’Shaughnessy’s Boy» en 1935. Elle sera plébiscitée par le public et la presse.

Mais les choses n’auront pas été aussi magiques ! Jackie confiera plus tard que Wallace avait un comportement violent, voire sadique, méchant et terrifiant vis-à-vis de l’enfant qu’il était. Cela non plus, il ne l’oubliera pas…

Ces faits resteront tellement gravés en lui que lorsque son fils aîné, John Anthony (parfois nommé John-Jack) sera sur le point d’être enrôlé par la MGM pour un contrat de longue durée, Jackie convaincra son ex-épouse et mère de l’enfant et s’opposera farouchement à la signature dudit contrat : "Ce n’est pas une voie qui permet à un enfant de s’épanouir !" argumentera-t-il, s’appuyant sur sa propre expérience. Il refusera tout projet d’éducation marginale pour ses enfants, et aucun des quatre ne deviendra acteur.

Mais revenons à sa carrière… Il est sous contrat avec la MGM jusqu’en 1940.

Outre les 4 films précédents, on le voit dans «Sooky» (1931), la suite de «Skippy» avec le même duo d'enfants acteurs, «When a Fellow Needs a friend» (1932)… Les films s’enchaînent… Mais, comme pour presque tous les enfants stars, sa popularité commence à décliner en même temps qu’il devient adolescent, le public ayant du mal à le voir grandir.

Il tourne tout de même «The Devil is a Sissy» (1936) où il a comme partenaire Freddie BartholomewFreddie Bartholomew, «Boy of the Streets» (1938), «Gangster's Boy»; les petites canailles ont (mal) grandi ! En 1940, «The Return of Frank James», aux côtés de Henry Fonda, le ramène au premier plan. Déjà, il est suffisamment adulte pour jouer au revolver. Ca devait (mal) finir comme ça !

… deviendra grand !

Jackie CooperJackie Cooper

La guerre arrivée, il rejoint les rangs de l’armée, la marine plus exactement, où il obtient le grade de capitaine.

Démobilisé, il regagne Hollywood et se consacre essentiellement au théâtre («Mister Roberts» en 1950, «Remains to Be Seen» en 1951,…), et à la télévision, non seulement comme acteur (dans des séries très populaires comme «The People’s Choice» ou «Mobile One») mais aussi comme réalisateur et producteur de fictions pour la Columbia Pictures Television. Nous le retrouvons directeur des feuilletons «MASH» et «L'homme invisible», décrochant à ces occasions deux Emmy Award. En 1972, il réalise un film de long métrage pour le cinéma, «Stand Up and Be Counted».

Pour le cinéma, il devient Perry White, le patron du "Daily Planet", dans les 4 films de Superman, aux côtés de Christopher Reeves.

Jackie Cooper se mariera une première fois, en 1944, avec l’actrice June Horne qui lui donnera un fils, John Anthony (1946). Il divorcera en 1949 pour épouser Hildy ParksHildy Parks, mais ce second mariage durera à peine 2 ans. Il trouvera une stabilité affective avec sa troisième compagne, Barbara Kraus, épousée en 1954 et avec qui il aura trois enfants : un garçon, Russel (1956) et deux filles, Julie (1957, qu’il aura le chagrin de voir partir en 1997) et enfin Cristina, surnommée Crissy, née en 1959.

En 1982, il fera paraître une autobiographie dont le titre expliquera tout : «Please Don't Shoot My Dog» (S’il vous plaît, ne tuez pas mon chien) ! Son fidèle public sera atterré des révélations faites à cette occasion !

Après avoir pris sa retraite en 1989, Jackie Cooper s'est retiré en Californie où il devait décéder le 3 mai 2011.

Roddy McDowall, un autre enfant star, dira en parlant de lui qu’il était le plus doué de tous les enfants-acteurs de l’histoire du cinéma.

Documents…

Sources : Imdb, documents personnels, Imdb, plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine.

Citation : "J'ai dix sept ans… et j'ai travaillé pendant 64 ans !" (Jackie Cooper)

Donatienne (décembre 2008)
Ed.7.2.2 : 24-11-2016