«Four Angel Faces…»

Tableau n° 13

Freddie Bartholomew
Jackie Coogan
Jackie Cooper
Dickie Moore

A l’approche des fêtes de fin d’année, nous célébrons l’enfance sur notre site avec l’évocation de quatre petits boys américains qui ont enchanté le public ! Deux nous ont quittés, mais deux autres sont encore là, témoins de toute une époque !

Tous quatre cependant ont payé bien cher leur fragile gloire et leur statut de petite star ; Ils en ont gardé des blessures douloureuses pendant toute leur vie !

Retrouvons Freddie Bartholomew, le petit dandy britannique, Jackie Coogan, inoubliable partenaire de Charlie Chaplin, Jackie Cooper, un vrai Gavroche d’Outre Atlantique et enfin Dickie Moore, une des fameuses “petites canailles”!

Donatienne, decembre 2008
… une petite canaille
Dickie MooreDickie Moore

Ce petit bonhomme si attendrissant, que vous découvrez peut-être, voit le jour sous le nom de John Richard Moore Jr, le 12 septembre 1925 à Los Angeles , (Californie-USA).

Il est né dans et pour le septième art ! Mais dans toute l’Amérique, on se souvient surtout de lui, comme étant celui qui a donné son premier baiser de cinéma à la poupée blonde Shirley Temple, de 3 ans sa cadette, dans «Miss Annie Rooney» (1942). Il a alors 17 ans ! Il se rappelle : "C’était difficile; c’était une demoiselle très candide !".

Revenons à ses débuts lorsque, tout bébé à 18 mois si l’on en croit les tabloïds américains, il apparaît aux côtés de John BarrymoreJohn Barrymore dans le film d'Alan Crossland, «Beloved Rogue» (1927). Il y est Baby François. Il ne se doute pas qu’il entame une carrière d’enfant star pour près de 100 films ou téléfilms ! C’est un très beau petit garçon, tantôt blondinet tantôt brun suivant les nécessités des rôles, avec un regard intense. Il émeut le cœur de toutes les mamans américaines !

Lui aussi fait partie de toute cette bande de petits boys attendrissants s'animant sur les toiles blanches de l’entre deux guerres. On va le voir dans des rôles de premier ordre aussi bien que dans de courtes apparitions. Ainsi, à 7 ans, il est le fils de Marlene Dietrich dans «Blonde Vénus» (1932) et, par la même occasion, le partenaire de Cary Grant.

Dans ces années 32/33, on le repère dans huit films de la série «Our Gang», connus en France sous le nom des «Petites canailles». Il n’a pas gardé un très bon souvenir de ce feuilleton avant l’heure et dira ne pas avoir aimé l’expérience vécue aux Hal Roach Studios, ne se sentant pas faire vraiment partie du “gang”. Il se souvient cependant de Stymie, le petit boy noir. Il arrêtera en 1933.

Entre temps, il aura joué sous la conduite de Cecil B. de Mille dans «The Squaw man» (1931) . Il ne se montrera pas plus indulgent envers le célèbre metteur en scène : "C’était un homme d’un égoïsme total qui n’avait aucun souci des autres et qui ne pensait qu’à lui ! Il m’a battu ! J’étais un enfant de 5 ans et il m’a battu !". Tout comme Jackie CooperJackie Cooper, il se souviendra toute sa vie de cette brutalité des adultes.

Toujours en 1933, onze ans après Jackie CooganJackie Coogan, il reprend le rôle devenu traditionnel pour les petits boys vedettes, celui d’ «Oliver Twist», dans une des versions les plus méconnues de cette histoire de Dickens, mise en scène par un certain William J.Cowen. Cette année-là est extraordinairement chargée pour lui, puisqu’il apparaît dans pas moins de onze productions !

Vient ensuite le rôle de Joseph Meister, le premier enfant sauvé grâce au vaccin de la rage dans «La vie de Louis Pasteur» (1936). En 1937, Il incarne le fils de Dreyfus dans «La vie d’Emile Zola»… Par la suite, on l’aperçoit en lad dans l’attendrissant «Oiseau bleu» (1940) avec Shirley Temple, qu’il aimera beaucoup et dont il dira : "Elle était drôle et sans prétention".

Une grande canaille…

Dickie MooreDickie Moore

Pendant la guerre, il sert dans l’armée et fait des études pour devenir journaliste. Il tient parallèlement quelques petits rôles, comme celui dans «The Song of Bernadette» (1943), une évocation de la vie de Bernadette Soubirous filmée par Henry King et personnifiée par Jennifer JonesJennifer Jones.

Dès la fin des hostilités, il tente de relancer sa carrière cinématographique mais, comme pour beaucoup d’enfants stars, il ne retrouve plus le succès de ses jeunes années. Aussi se tourne-t-il vers la production et la réalisation, à l'instar de Jackie Cooper. Ainsi, dès 1949, il interprète et co-réalise un court métrage, «Boy and the Eagle», qui obtint une nomination aux oscars.

Sa carrière cinématographique s’arrête en 1952 avec «The Member of Wedding» de Fred Zinnemann. Mais il fera les beaux jours d’une série télévisée, «Captain Video and his Video Rangers».

En 1957, il accepte un poste de “public relations” pour la firme "Actors Equity". Il la quittera en 1964 pour fonder sa propre entreprise, "Dick Moore Associates", tout en éditant un magazine. Il est alors installé à New-York.

En 1984, il publie un livre sur les enfants-stars, «Twinkle Twinkle Little star (But Don't Have Sex or Take the Car.

Dickie Moore aura trois épouses, Pat Dempsey, Eleonore Donhowe et enfin, depuis 1988, Jane Powell, la danseuse et comédienne américaine bien connue. Aux dernières nouvelles, il coule des jours paisibles auprès de sa conjointe.

Sources…

Documents personnels, Imdb, plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine.

Donatienne (décembre 2008)
Ed.7.2.1 : 25-8-2015