Le petit monde de Marcel Pagnol (2)

Tableau n° 15

Edmond Ardisson
Jean Castan
Milly Mathis
Jean Panisse

Vous êtes nombreux à aimer le petit monde de Marcel Pagnol, et même pour certains à le regretter !

Aussi, avec beaucoup de plaisir, je vous propose ce deuxième tour de carrousel pour y retrouver :

Le souriant et malicieux Edmond Ardisson

Jean Castan, qui se tourna ensuite de l’autre côté de la caméra

Milly Mathis, un véritable Raimu en jupon

le sympathique Jean Panisse, toujours là et bien là, comme peut en témoigner l'un de nos fidèles visiteurs

Les détails des états-civils sont empruntés à Yvan Foucart («Dictionnaire des artistes français disparus»).

Merci tout particulièrement à Daniel Liron pour avoir été notre intermédiaire auprès du VRAI Panisse, auquel nous sommes redevables d'une très sympathique dédicace.

Donatienne, septembre 2009
… coiffeur pour dames
Edmond ArdissonEdmond Ardisson

C’est le 23 octobre 1904 que Jules André Edmond Ardissons ouvre pour la première fois les yeux sur notre monde. Vous ne serez guère étonnés si je vous précise que l'événement eut lieu à Marseille, comme en témoigne son accent bien marqué.

Il grandit donc dans la cité phocéenne et entre très tôt en apprentissage pour être coiffeur pour dames. Cela lui sera bien utile par la suite puisque par trois fois, il tiendra un rôle de coiffeur : dans «L'école buissonnière» (1949) de Jean-Paul Le Chanois, dans «Edouard et Caroline» (1950) de Jacques Becker et enfin dans la série télévisée «22, avenue de la victoire».

Mais revenons à cette période où, tout jeune encore, il décroche un premier prix de coiffure. En principe, il devrait facilement se frayer un chemin dans cette voie toute tracée…

Occasionnellement, Jules participe à des spectacles de cabarets, des revues et des opérettes. Se sentant attiré par la capitale, il décide, un beau jour de l'année 1928, d’y “monter”. Il y retrouve d’autres méridionaux qu’il a déjà croisés à Marseille : RaimuRaimu, MaupiMarcel Maupi, DelmontEdouard Delmont , FernandelFernandel, RellysRellys, AndrexAndrex, Henri VilbertHenri Vilbert, et surtout son ami inséparable Fernand SardouFernand Sardou. Enfin Parisien, il décroche de petits contrats qui le confortent dans sa décision : il veut faire de la scène et, pourquoi pas, du cinéma.

Avec «La Marseillaise» de Jean Renoir (1937), il décroche son premier rôle cinématographique. Il y paraît sous le nom singulier d’Ardisson, orthographe qu'il conservera jusqu'au bout.

Vont ensuite s’enchaîner des rôles de cafetier, de portier, de matelot, de routier, de maraîcher, de facteur, de préposé au gaz, de fontainier, de chauffeurs, de détective, de gendarme et même de prieur !

Mais Jules, devenu pour le public Edmond, porte tous ces costumes d’une jolie façon, sans se prendre au sérieux, plaisamment, se rendant ainsi très apprécié par le public. Sa popularité lui vaut, dans les années '50, d'apparaître dans une quarantaine de rôles.

Ah ! Les amis !!!

Edmond ArdissonEdmond Ardisson

Il rencontrera Fernandel, auquel le lie une bonne camaraderie, à 14 reprises sur les plateaux. Citons «La table aux crevés» (1951), «Le boulanger de Valorgue» (1952), «Le mouton à cinq pattes» (1954), «Ali Baba», (1954), «Le printemps, l'automne et l'amour» (19595), «La cuisine au beurre» (1963) ou encore «Heureux qui comme Ulysse» (1969).

Mais c’est Fernand Sardou qui sera son inséparable complice. Edmond aura l’immense chagrin de le voir partir avant lui, qui était pourtant son cadet de 6 ans. Jackie Rollin-Sardou se souvient : "Edmond Ardisson, c’était le souffre-douleur de Fernand qui n’arrêtait pas de le taquiner, mais dans la gentillesse" (Jackie Sardou, «Hé ! La pt’tite grosse !»).

On repère les deux compères dans «Manon des sources» (1952), où Edmond incarne un fontainier affublé d’une paire de cornes de cocu naïf, tandis que Fernand interprète le maire Philoxène. Fernand et Edmond joueront ensemble dans de nombreuses opérettes, partant en tournées à travers toute la France, comme «Méditerranée» avec Tino RossiTino Rossi, leur ami commun.

Edmond rencontrera Jean Gabin, un autre partenaire prestigieux, à quatre reprises, et notamment dans «Les misérables» de Jean-Paul Le Chanois (1957). Signalons également sa présence dans «La belle que voilà», aux côtés de Michèle MorganMichèle Morgan et Gérard OuryGérard Oury.

Il partagea l'affiche avec d'autres grands comédiens : Pierre FresnayPierre Fresnay dans «Alerte en Méditerranée» (1938), Pierre BrasseurPierre Brasseur dans «Le secret de Monte-Cristo» (1948) et «Manon» (1948), Glenn FordGlenn Ford dans «Le gantelet vert » (1951), Erich von StroheimErich von Stroheim dans «L’envers du paradis» (1953), Raf ValloneRaf Vallone dans «Recours en grâce» (1959)…

Edmond Ardisson apparaît dans la comédie réussie de Robert Thomas, «La perruche et le poulet»,où il joue l’agent de police Maximin face aux oiseaux Jane SourzaJane Sourza et Raymond SouplexRaymond Souplex. Il se produisit à d'autres reprises dans le cadre de cette série, «Au théâtre ce soir», pour la plus grande joie des téléspectateurs.

Il joue dans «La vérité sur l’affaire du Courrier de Lyon», célèbre opus de «La caméra explore le temps», dans la série «Paul Gauguin» aux côtés de Maurice Barrier, «Les secrets de la mer rouge», «Lagardère» avec Jean PiatJean Piat, «Les nouvelles aventures de Vidocq», etc. Qui ne se souvient de son rôle de gentleman-domestique bilingue et malicieux chez Mme Fonsalette (Janine Crispin) dans «La demoiselle d’Avignon» (1971) ? Il s’y nommait en toute modestie Napoléon et aura contribué à l'immense succès international de cette série romanesque imaginée par Frédérique Hébrard et Louis Velle.

Edmond Ardisson nous a quittés le 30 novembre 1983 après ce qu'il est convenu d’appeler “une pénible maladie”. Il repose à tout jamais au bord du Rhône, à Pierrelatte très exactement.

Sources…

Documents personnels, Imdb, plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine.

Donatienne (septembre 2009)
Ed.7.2.2 : 28-11-2016