Le petit monde de Marcel Pagnol (2)

Tableau n° 15

Edmond Ardisson
Jean Castan
Milly Mathis
Jean Panisse

Vous êtes nombreux à aimer le petit monde de Marcel Pagnol, et même pour certains à le regretter !

Aussi, avec beaucoup de plaisir, je vous propose ce deuxième tour de carrousel pour y retrouver :

Le souriant et malicieux Edmond Ardisson

Jean Castan, qui se tourna ensuite de l’autre côté de la caméra

Milly Mathis, un véritable Raimu en jupon

le sympathique Jean Panisse, toujours là et bien là, comme peut en témoigner l'un de nos fidèles visiteurs

Les détails des états-civils sont empruntés à Yvan Foucart («Dictionnaire des artistes français disparus»).

Merci tout particulièrement à Daniel Liron pour avoir été notre intermédiaire auprès du VRAI Panisse, auquel nous sommes redevables d'une très sympathique dédicace.

Donatienne, septembre 2009
… un Raimu en jupons
Milly MathisMilly Mathis

Cette populaire rondeur méridionale que Marcel Pagnol n’hésitait pas à qualifier de “Raimu en jupons” aura tourné plus de 110 films ! Artiste complète elle savait chanter, jouer la comédie avec naturelle et aplomb et on la vit, très jeune, dans des revues et des opérettes.

Née à Marseille le 8 septembre 1901, déclarée Emilienne Pauline Thomasini, Milly Mathis débute au cinéma dans «Méphisto» aux côtés de Jean GabinJean Gabin, dans un rôle de vieille pie !

Bavarde, elle le sera souvent, mais pour le public, elle est avant tout la Tante Claudine de Fanny dans les 2 derniers volets de la trilogie, «Fanny» (1932) et «César» (1936). Car, contrairement à ce qu'affirment de très nombreuses biographies, Tante Claudine n’apparaît pas dans le premier volet de la célèbre trilogie. Certains évoquent Milly en simple figurante, qui aurait tout de même été repérée par l’auteur et par Orane DemazisOrane Demazis ! Quoiqu'il en soit, elle se rattrapera plus tard, à la fin des années cinquante, en reprenant le rôle d'Honorine dans une nouvelle présentation de «Marius» !

Mais revenons aux moutons de Marcel… Milly Mathis participe à la création parisienne de «Fanny». Lorsqu’il sera question d'adaptation au cinéma, Marcel PagnolMarcel Pagnol ne se posera pas la question de la distribution du rôle de Claudine.

Pleine de bon sens, affectueuse dans des dialogues taillés à sa mesure, Milly Mathis tient son personnage et ne nous permettra pas de l'oublier. Doté d'un tempérament exhubérant, elle explose littéralement, ou plutôt cinématographiquement !

Au détour d’un film, vous ne pouvez la manquer ! Avec très souvent un tablier, elle est cuisinière, domestique, lavandière, marchande de légumes ou de poissons, vous donnant la recette des pois chiches aux petits oignons à manger le vendredi ! Mais son accent fort, sa gouaille marseillaise colorent immanquablement ses interprétations.

Notre académicien aura une grande fidélité envers “sa Tante Claudine” et l’emploiera dans ses principaux films : «La fille du puisatier» (1940) où elle devient Tante Nathalie, la sœur de Raimu et “la honte de la famille”.

Dans «Regain» (1937), elle incarne Béline, l'épouse de Charles BlavetteCharles Blavette. Elle retrouvera ce même mari, menuisier, dans «Manon des sources» (1952).

Elle était également prévue dans le casting du film inachevé de Marcel Pagnol, «La prière aux étoiles» (1941) , où elle devait jouer la mère de Josette Day.

Dans «Topaze», version 1950 avec FernandelFernandel, elle personnifie la baronne Pitart-Vergnolles, aux exigences de parent d'élève élevées. Ah ! Qui fera une étude des noms dans l'oeuvre de Marcel Pagnol !

Partenaires des grandes vedettes…

Milly Mathis tournera avec les plus grands noms de l’époque. Outre ceux déjà nommés, nous la retrouvons aux côtés de Charpin dans «Moune et son notaire», Jean‑Pierre AumontJean-Pierre Aumont dans «Lac aux dames» (1934), Fernand GraveyFernand Gravey dans «C’était un musicien» (1933), Albert Préjean dans «Lune de miel» (1935), Maurice ChevalierMaurice Chevalier dans «Avec le sourire» (1936) , Jean Murat dans «J’étais une aventurière» (1938), Jules BerryJules Berry dans «Chambre 13» (1940), Sacha GuitrySacha Guitry dans «Le trésor de Cantenac» (1949), Tino RossiTino Rossi dans «Envoi de fleurs» (1949), etc.

Sa dernière apparition sur nos écrans lui donne Fernand SardouFernand Sardou comme partenaire dans «Business» (1959).

Auparavant, en 1956, Marcel Pagnol l’avait fait revenir sur les planches en lui donnant le principal rôle féminin de sa pièce «Fabien», au théâtre des Bouffes Parisiens, face à Philippe NicaudJules Berry. Mais la pièce ne connaîtra pas le succès escompté, et sera éreintée par la critique.

Nous avons gardé pour la fin son duel avec Raimu dans «Carnet de Bal» (1937). C’est qu’elle connaît tellement bien ce grand bourru auquel elle ressemble tant. Dans ce film, nous les voyons se préparer à se marier, avec nombre chamailleries qui leur seyaient tant : il leur aura suffi d’être eux-mêmes !

Milly Mathis nous a quittés le 30 mars 1965 alors qu’elle se trouvait à Salon-de-Provence, après avoir été prise en charge par la chaleureuse association de "La roue tourne", fondée par Paul Azaïs qu’elle avait connu sur le tournage de «Gigolette» (1936). Elle repose au cimetière Saint-Pierre de Marseille, avec tous ses autres compagnons à l’accent chantant.

N’oubliez pas ! Les pois chiches, c’est bon ! Mais seulement accompagnés de petits oignons frits ! Puisque c'est Milly Mathis qui nous le dit, c’est sûrement vrai !!!

Sources…

Documents personnels, Imdb, plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine.

Donatienne (septembre 2009)
Ed.7.2.2 : 16-9-2016