De quatre acteurs autrichiens…

Tableau n° 16

Adrian Hoven
Friedrich Von Ledebur
Josef Meinrad
Toni Sailer

Les années 50 ont permis aux spectateurs de notre Hexagone de faire la connaissance de quatre acteurs autrichiens.

Vous souvenez-vous du sémillant et romanesque prince Albert de Saxe-Cobourg aux côtés de la jeune reine Victoria / Romy Schneider? Il était incarné par Adrian Hoven.

De même l’amusant colonel Böckl de la série des Sissi? Dans le civil, il se nommait Josef Meinrad.

Un peu plus tard, un champion de ski mondialement connu, Toni Sailer, devenait un jeune premier des toiles blanches germaniques.

Enfin, Queeneg, un étrange Indien aux traits burinés traversait le pont du "Pequod", barré par le capitaine Achab en quête de sa baleine blanche: j'ai nommé Friedrich Von Ledebur.

Mais qui étaient véritablement ces comédiens?

Donatienne, janvier 2010
… un Tyrolien aux cheveux bruns
Adrian HovenAdrian Hoven

Wilheim Arpad Hofkirchner voit le jour le 18 mai 1922, à Wöllersdorf, une petite cité du sud de l’Autriche. Il est le fils de Rudolf (fonctionnaire) et de Gisèle Horkirchner. Il a un frère de deux ans son aîné, Fritz. Pour toute la famille, durant sa jeunesse, il sera tout simplement Willy.

Son enfance, heureuse, se passe au Tyrol où ses grands parents tiennent un hôtel.

Il suit de bonnes études secondaires et atteint le niveau de notre baccalauréat. Mais il choisit de s’orienter vers un métier pratique, optant pour un apprentissage dans la construction mécanique, travaillant notamment pour les usines d'aviation Messerschmitt.

Pendant la seconde guerre mondiale, il est mobilisé en Afrique du nord et affecté dans un régiment de parachutistes. Sérieusement blessé, il est renvoyé dans ses foyers.

Par un concours de circonstances, il obtient un petit rôle dans un film de Helmut Weiss, «Quax in Fahrt» (1947).

La paix revenue, il se lance résolument dans la carrière de comédien et gagne la capitale germanique. Il fait ses premières armes sur les scènes des théâtres berlinois. Helmut Weiss lui renouvelant sa confiance, , il cède à la mode des Heimat films, comme bon nombre de jeunes acteurs. Il faut dire qu’il a le physique : câlin, coquin, charmant et charmeur, il incarne parfaitement le jeune premier amoureux.

Ayant adopté le pseudonyme d’Adrian Hoven, il personnifie le fringant prince Albert de Saxe Cobourg dans «Les jeunes années d’une reine», en l’occurrence Victoria d'angleterre, qu’incarne la toute jeune Romy SchneiderRomy Schneider, une oeuvrette qui annonce la trilogie des «Sissi». Aux côtés de valeurs sûres comme Paul Hörbiger, Rudolf Vogel ou Magda Schneider, Adrian se montre séducteur et espiègle. Malgré son côté un peu “sucré”, ce film fait partie des jolis souvenirs de jeunesse de toute une génération de petites filles.

Changeant souvent de registre, Adrian Hoven sacrifie aux genres policier et militaire.

Ainsi, en 1954, il participe à l'évocation biographique du célèbre amiral du contre-espionnage allemand, «Canaris», magnifiquement interprété par Otto E HasseOtto E.Hasse.

En 1956, dans «Bonsoir Paris, bonjour l’amour», coproduction franco-allemande de Ralph Baum, le voici, pianiste autrichien, qui tombe amoureux de notre jolie Dany Robin, sous l’œil bienveillant de Daniel GélinDaniel Gélin.

Ainsi, de "heimat film" en "heimat film", l'acteur traîne sa brune silhouette dans un grand nombre d'oeuvres, souvent insignifiantes au delà du Rhin, jusqu'au milieu des années soixante…

Changement de registre…

Adrian HovenAdrian Hoven

Adrian Hoven a beaucoup évolué. Voulant désormais voler de ses propres ailes, il fonde, avec Pier Caminnecci, les productions Azquila Film, basées à Munich et Berlin. Il peut enfin réaliser son premier film, dont il a écrit le scénario. «Der Mörder mit dem Seidenshall» (1966) , est un drame psychologique dans lequel la petite Susanne UhlenSusanne Uhlen, au début de sa carrière, est la proie des meurtriers de sa mère. Hélas l’œuvre ne rencontrera pas le succès.

Il se tourne alors vers ce qui marche : Les films d’horreur, d’érotisme plus ou moins "hard", teintés de visions futuristes («Necronomicon» en 1967, «Rotte Lippen, Sadisterotica» en 1969, etc), n'hésitant pas à mettre la main… à la caméra («Les fantaisies amoureuses de Siegfried» en 1970). Il touche aussi aux westerns spaghetti. Paradoxalement, il obtient alors des succès commerciaux même si toutes ces productions n’auront pas laissé des souvenirs impérissables.

Délaissant le chemin louvoyant de Jesus Franco, Adrian Hoven fait la rencontre - primordiale dans sa carrière - de Rainer Werner FassbinderRainer Werner Fassbinder, jeune réalisateur du nouveau cinéma allemand. Les deux hommes collaboreront à quatre reprises : «Martha» (1974), «Le droit du plus fort», «Maman Kusters s'en va au ciel» (1975) et «Lili Marleen» (1980).

Sur le plan de la vie privée, Adrian Hoven aura eu, de 3 épouses différentes, autant de fils, dont Percy, qui participa à deux de ses parenthèses polissonnes avant d'atteindre à la notoriété comme animateur du jeu de téléréalité «Big-Brother».

Adrian Hoven est décédé brutalement et prématurément à Tegernsee, d’un arrêt cardiaque, le 8 avril 1981, alors qu’il n’avait pas atteint 60 ans. Il est inhumé dans le caveau familial de Vienne.

Sources…

Documents personnels, Imdb, plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine.

Donatienne, janvier 2010
Ed.7.2.2 : 29-11-2016