De quatre acteurs autrichiens

Tableau n° 16

Adrian Hoven
Friedrich Von Ledebur
Josef Meinrad
Toni Sailer

Les années 50 ont permis aux spectateurs de notre Hexagone de faire la connaissance de quatre acteurs autrichiens.

Vous souvenez-vous du sémillant et romanesque prince Albert de Saxe-Cobourg aux côtés de la jeune reine Victoria / Romy Schneider? Il était incarné par Adrian Hoven.

De même l’amusant colonel Böckl de la série des Sissi? Dans le civil, il se nommait Josef Meinrad.

Un peu plus tard, un champion de ski mondialement connu, Toni Sailer, devenait un jeune premier des toiles blanches germaniques.

Enfin, Queeneg, un étrange Indien aux traits burinés traversait le pont du "Pequod", barré par le capitaine Achab en quête de sa baleine blanche: j'ai nommé Friedrich Von Ledebur.

Mais qui étaient véritablement ces comédiens?

Donatienne, janvier 2010
… Colonel Böckl
Josef MeinradJosef Meinrad

Josef Moucka,né à Vienne le 21 avril 1913, est le quatrième et dernier enfant de Franz Moucka, chauffeur d’autobus et de sa deuxième épouse, Katharina.

Après avoir fréquenté l’école publique, le garçon suit l'enseignement du Redemptoristen Gymnasium de Katzelsdorf (1924).

Pensant “avoir la vocation”, il envisage la prêtrise mais change finalement d’avis. En 1929, il devient apprenti vendeur dans une fabrique de vernis. Parallèlement, il s’inscrit dans un cours d’art dramatique à Getreidmark dans l'espoir de devenir comédien.

En 1930, il se retrouve pour la première fois devant un public au festival de Korneuburg, prenant dès lors le pseudonyme de Josef Meinrad.

Il n'en poursuit pas moins ses études de ventes et occupera même un poste administratif jusqu'en 1935. Pourtant il se retrouve bientôt sur la scène du Buhnenkunstler théâtre de Vienne. Mais nous sommes en 1939 et la guerre survient…

Voici notre homme affecté au théâtre militaire allemand, à… Metz ! Comme dans toutes les armées du monde, les troupes théâtrales sont là pour apporter un soutien moral aux combattants. Mais Josef est une personnalité lucide et sage qui a, semble-t-il, bien compris l'idéologie du dictateur germanique et le futur qu'il dessine pour son pays.

En 1945, il revient à Vienne et retrouve des opportunités de jouer, notamment au Festival de Salzbourg. Engagé par le théâtre municipal de cette localité autrichienne, il y restera jusqu’en 1978, interprétant environ 200 rôles très variés du répertoire classique national, tout en osant des créations.

Il devient ainsi un comédien réputé, dans la lignée de Ferdinand RaimundFerdinand Raimund (d'un conte duquel le titre de sa biographie reprendra le premier vers) et de Johann NestroyJohann Nestroy, deux mythiques comédiens autrichiens. Sur les rives du lac de Constance, il participe régulièrement au festival de Bregenz.

Il se lancera également dans de longues tournées sur de nombreuses scènes, à travers tout le pays et même à l’étranger. Il sera le Don Quichotte de langue germanique dans la comédie musicale «L'homme de la Manche» de Dale Wasserman au théâtre de Vienne.

Il fait ses adieux officiels sur scène au début des années 1980, avec une pièce d’Hugo von Hofmannsthales, «Der Schwerige».

En 1987 pourtant, il revient sur les planches à Munich dans un monologue en forme de clin d’œil, «Je ne me tais pas». A plusieurs reprises, dans les années 80/90, il apparaîtra dans la petite lucarne familiale allemande, notamment pour la série scientifique «Il était une fois».

Emporté par un cancer le 19 février 1996, il repose au cimetière de Grossmain, commune des environs de Salzbourg. Germaine Renée Clément, son épouse française depuis 1950, l’a rejoint pour l'éternité au mois d'août 2006.

En 1959, Josef Meinrad eut l’insigne honneur de recevoir "Iffland – ring", distinction suprême attribuée jusqu’à sa mort au comédien le plus remarqué de son époque.

Josef Meinrad au cinéma…

Josef MeinradJosef Meinrad

Si Josef Meinrad fut un acteur de théâtre confirmé, il connut la popularité grâce au cinéma et à la télévision.

Bien évidemment, son personnage comique du Colonel Böckl amoureux de «Sissi» dans la série cinématographique du même nom aura contribué à sa notoriété internationale. Il apparut également dans d'autres bluettes aux côtés de la toute jeune Romy SchneiderRomy Schneider, très souvent accompagnée de sa mère Magda : «Mam'zelle Cricri» (1955), «La belle et l’empereur» (1959), etc.

Il fut également le Dr.Wasner, ami de la célèbre famille Trapp, dans les deux opus de la série. Doublé chez nous par le spirituel Michel RouxMichel Roux, il aura été souvent apprécié dans les pays francophones.

Aussi, en 1961, le public hexagonal n’a pas été étonné que Claude Boissol ait pensé à lui pour lui confier tout naturellement le rôle de l’empereur d’Autriche, père de Marie-Louise et grand-père de «L'Aiglon».

Nous avons pu le voir dans des rôles plus graves, comme dans «Le cardinal» (1963) d’Otto Preminger, incarnant le cardinal Innitzer s’opposant au régime nazi. Pour le petit écran, citons la mini série télévisée «Don Quichotte» pour laquelle il tenait déjà le rôle titre

Sources…

Documents personnels, Imdb, plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine.

Donatienne (janvier 2010)
Ed.7.2.2 : 2-11-2016