De quatre acteurs autrichiens

Tableau n° 16

Adrian Hoven
Friedrich Von Ledebur
Josef Meinrad
Toni Sailer

Les années 50 ont permis aux spectateurs de notre Hexagone de faire la connaissance de quatre acteurs autrichiens.

Vous souvenez-vous du sémillant et romanesque prince Albert de Saxe-Cobourg aux côtés de la jeune reine Victoria / Romy Schneider? Il était incarné par Adrian Hoven.

De même l’amusant colonel Böckl de la série des Sissi? Dans le civil, il se nommait Josef Meinrad.

Un peu plus tard, un champion de ski mondialement connu, Toni Sailer, devenait un jeune premier des toiles blanches germaniques.

Enfin, Queeneg, un étrange Indien aux traits burinés traversait le pont du "Pequod", barré par le capitaine Achab en quête de sa baleine blanche: j'ai nommé Friedrich Von Ledebur.

Mais qui étaient véritablement ces comédiens?

Donatienne, janvier 2010
… une grande carrière sur les planches
Toni SailerToni Sailer

Anton Engelbert Sailer est né le 17 novembre 1935 à Kitzbühel. Il a une sœur, Rosi, et un jeune frère, RudiRudi Sailer, qui s’illustrera également dans le ski.

Car Toni chaussa sa première paire de skis à 2 ans, avant de rejoindre, à 12 ans, le club de sa ville natale. Ses qualités sportives exceptionnelles l'amèneront rapidement des sommets des pistes à ceux de la gloire. En 1956, il remportera trois titres aux Jeux Olympiques de Cortina d'Ampezzo. La même année, la presse médiatisera son amourette sans lendemain avec la toute jeune étoile montante du cinéma germanique, Romy Schneider.

Bel homme, athlétique, séduisant, souriant et sympathique, il devient une immense star dans le monde. "Il skiait comme un ange" dira de lui Karl SchranzKarl Schranz, un autre champion de ski. Il sera désigné en 1999 le plus grand champion sportif autrichien du XXème siècle !

En 1964, il s’installe au Canada pour monter une école de ski.

En 1972, de retour en Europe, il devient le directeur technique de la fédération autrichienne de ski alpin. Par ailleurs, à Kitzbühel, il fonde un club dont il sera le président de 1967 à 1976, ouvre un hôtel à Kitzbühel et un commerce. Entraîneur national, grand manitou de la célèbre descente du Hahnenkamm, il dirigera le club des "Diables rouges", l'école de ski la plus fameuse du pays qui formera Franz Klammer.

En 1985, il reçoit la médaille de l’ordre olympique.

En 2000, il a la douleur de perdre celle qu'il a épousée à Vancouver (1976), Gaby Rummeny, mère de son fils FlorianFlorian Sailer. Il se remariera en 2006 avec Hedwig Fischer.

En 2004, il se lance le défi de devenir maire de sa ville natale, mais jette finalement l'éponge pour la première fois !

Tony Sailer est mort le 24 août 2009, des suites d’un cancer du larynx. La presse internationale rappellera abondamment la carrière de ce grand sportif au sourire éclatant.

L'éclair noir de Kitzbuhel…

Toni SailerToni Sailer

Les exploits sportifs de Toni Sailer font rapidement naître la convoitise dans l'esprit fertile des producteurs de cinéma. A partir de 1957, le skieur va apparaître dans une vingtaine de films. Doté d'un jeu que nous qualifierons gentiment d’agréable, il incarne souvent son propre personnage, un champion de ski, un professeur, un entraîneur… dans des intrigues à l’eau de rose.

Dans «Ein Stück von Himmel/Un morceau de ciel» (1957), il croise la pente de celui qui aurait pu être son "beau-père", Gustav KnuthGustav Knuth (le papa de Sissi !). La même année, il tient le premier rôle dans «Der Schwarze Blitz/L'éclair noir». L’histoire ne dit pas si c’est ce film qui lui a donné son surnom ou l'inverse.

Dans «Tausend Sterne leuchten» (1959), une comédie musicale, il partage curieusement la vedette avec… Line RenaudLine Renaud ! Viennent ensuite «12 Mädchen und ein Mann», (1959) établissant ainsi un nouveau record olympique !

En 1960, on trouve son nom au générique d'un film japonais, «Ginrei no öja». Célèbre au pays du soleil levant, l'acteur se voit attribué le rôle d'un certain Tony Schneider !

Dans «Kauf dir einen bunten Luftballon» (1961), gentille bluette, il célèbre, avec la jeune championne Ina Bauer, un sport fort gracieux, le patinage artistique. En 1966, Curt Siodmak le retient pour «Ski Fever» dont le titre, on en conviendra, lui colle parfaitement aux spatules ! Plus facile encore, dans «Das grosse Glück» (1967), il joue carrément son propre rôle !

La télévision n’est pas en reste et Tony Sailer dévalera de nombreux feuilletons et fictions populaires. Même dans la chansonnette, il ira jusqu'à tracer quelques 18 (micro)sillons !

Sources…

Documents personnels, Imdb, plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine.

Donatienne (janvier 2010)
Ed.7.2.2 : 1-12-2016