"Quand l'inspecteur s'emmêle…"

Tableau n° 17

Jean Daurand
Philippe Nicaud
Raymond Souplex
André Valmy

"La nostalgie n’est plus ce qu’elle était", affirmait Simone Signoret…

Pour moi , au contraire, la nostalgie est toujours la même !

Et je me souviens de ce début des années 60 où, à peine adolescente, j'attendais impatiemment chaque dimanche soir le rendez-vous avec le sémillant inspecteur Leclerc, qui dénouait toutes les intrigues policières avec finesse et charme, aidé par l’efficace inspecteur Denys.

Sous une autre forme, je tentais tant bien que mal d’aider le fameux limier qu’était l’inspecteur Bourrel, accompagné de son fidèle adjoint Dupuy à résoudre l’affaire policière dont ils étaient chargés dans les fameuses «Cinq dernières minutes».

Ces bons souvenirs m’ont donné l’idée de cette planche.

Jean Daurand, Philippe Nicaud et Raymond Souplex, hélas, nous ont quittés, mais nous saluons Monsieur André Valmy.

Bon Dieu, mais c'est bien sûr, regardez, ce sont eux !

Donatienne, mai 2010
… alias l'inspecteur Dupuy
Jean DaurandJean Daurand

De son vrai nom Jean-Charles Barniaud, ce comédien voit le jour à Paris, le 21 juin 1913, à l’aube de la Grande Guerre.

Ses parents, Charles et Ernestine Barniaud, sont comédiens et le jeune Jean-Charles est baigné dès son enfance dans l’ambiance du spectacle. Le couple se produit au Grand-Guignol, ce théâtre de Montmartre, paradoxalement petit, qui avait la particularité d’avoir une scène au milieu du public !

Encore gamin, Jean-Charles, que l'on appelle Jean par simplification, monte sur les planches et y prend rapidement goût. C’est ainsi qu’on le verra sur différentes scènes parisiennes de l’entre-deux guerres, dans une quarantaine de seconds rôles.

Après avoir connu une interruption dans sa carrière pour accomplir ses obligations militaires dans la marine, le voilà à nouveau prêt à se lancer dans des numéros de chansonnier.

Le cinéma fait opportunément appel à lui. Dès 1934, il entame une carrière qui comptera plus de 85 rôles ! Mais ce n’est pas pour autant qu'on l'identifie aisément.

Parmi les films où nous avons pu capturer son image, nous évoquerons, dans l'ordre chronologique : «Alerte en Méditerranée» sous les ordres de Pierre Fresnay (1938), «Huit hommes dans un château» (1942) dans un rôle de vilain, «Les malheurs de Sophie» d'après la Comtesse de Ségur (1945), «Le silence est d'or» de René Clair (1947) dans lequel il officie pour le cinéma, «Quai des orfèvres» (1947) où il fait ses débuts dans la grande maison, «Un témoin dans la ville» en chauffeur de taxi fugitif…

«Les cinq dernières minutes»

Jean DaurandJean Daurand

La télévision, sur le tard, va lui permettre d'accéder à la popularité. Rappelons-nous le fidèle Inspecteur Dupuy, inséparable complice du non moins célèbre Commissaire Bourrel, alias Raymond SouplexRaymond Souplex. Mais Bon Dieu, bien sûr ! Vous aurez reconnu à ces évocations la fameuse série policière «Les cinq dernières minutes», qui s'étendit au fil de 56 épisodes (1956/1973) dans sa version originale. Les deux compères tourneront ensemble deux longs métrage, «L’assassin viendra ce soir» (1963) et «La malédiction de Belphégor» (1966).

Mais Jean Daurand ne débutera cette populaire série policière qu’au 3e épisode, dans lequel il se nomme l’inspecteur Thomas. Dès l’épisode suivant, il prend le nom qui l’accompagnera désormais dans l’esprit des téléspectateurs pendant plus de 15 ans !

En 1971, il est victime d’une attaque qui l’affecte particulièrement en l’affligeant d’une paralysie faciale partielle. Claude Loursais, le réalisateur de la série, jouera avec les caméras pour le prendre de profil. Il ira jusqu’au 53e épisode mais devra abandonner, ayant du mal à s’exprimer. Trois épisodes seront tournés sans lui avant qu' à son tour Raymond Souplex ne quitte le plateau pour s'en aller enquêter plus haut, dans les nuages…

Jean Daurand aura également participé à des doublages. Dès 1937, il prête sa voix à Atchoum, le nain enchiffrené de «Blanche Neige et les 7 nains», dessiné par Walt Disney. Après la guerre, il contribuera à la post-synchronisation du film d'Alfred Hitchcock, «Saboteur», réalisé en 1942, etc.

On peut reconnaître son intonation dans la voix de certains personnages de célèbres séries, comme «Le prisonnier» (1967) et «Les fous du volant».

Touché, nous l'avons dit, par la maladie, Jean Daurand se retire à Franconville, après avoir tenu un café "Aux cinq dernières minutes".

Il décède le 11 mars 1989 dans une clinique d’Argenteuil, à l’âge de 76 ans.

En parcourant les allées ombragées du cimetière de Montmartre, on rencontre sa célèbre silhouette sur sa dernière demeure, et l’on sourit avec nostalgie au petit clin d’œil amical qu’il fait pour toujours au public qui l’a aimé.

Sources…

Documents personnels, plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine.

Donatienne (mai 2010)
Ed.7.2.1 : 12-9-2015