"Quand l'inspecteur s'emmêle…"

Tableau n° 17

Jean Daurand
Philippe Nicaud
Raymond Souplex
André Valmy

"La nostalgie n’est plus ce qu’elle était", affirmait Simone Signoret…

Pour moi , au contraire, la nostalgie est toujours la même !

Et je me souviens de ce début des années 60 où, à peine adolescente, j'attendais impatiemment chaque dimanche soir le rendez-vous avec le sémillant inspecteur Leclerc, qui dénouait toutes les intrigues policières avec finesse et charme, aidé par l’efficace inspecteur Denys.

Sous une autre forme, je tentais tant bien que mal d’aider le fameux limier qu’était l’inspecteur Bourrel, accompagné de son fidèle adjoint Dupuy à résoudre l’affaire policière dont ils étaient chargés dans les fameuses «Cinq dernières minutes».

Ces bons souvenirs m’ont donné l’idée de cette planche.

Jean Daurand, Philippe Nicaud et Raymond Souplex, hélas, nous ont quittés, mais nous saluons Monsieur André Valmy.

Bon Dieu, mais c'est bien sûr, regardez, ce sont eux !

Donatienne, mai 2010
… alias l'inspecteur Leclerc
Philippe NicaudPhilippe Nicaud

Philippe Nicaud naît à Courbevoie le 27 juin 1926. Son père, un industriel originaire du Jura, travaille dans le textile. Sa maman est Normande. Philippe a deux sœurs et deux frères. Jacques sera le représentant d’Unifrance-films en Allemagne, le second deviendra directeur de la Société Protectrice des Animaux.

L'enfant fait de bonnes études secondaires. Selon la volonté paternelle, il s’oriente vers une carrière dans la banque. Par ailleurs c’est un sportif accompli, pratiquant le tennis et la natation. Il aime aussi la musique, joue de la guitare et l’on apprendra qu’il aura participé à un tour de chant organisé par Loulou Gasté.

Mais le démon du théâtre le chatouille déjà. Il fait ses premiers pas sur scène, avec une troupe de comédiens amateurs, dans un spectacle monté par Maxime Fabert. Puis il s’inscrit au cours de René SimonRené Simon qu’il suivra pendant 4 ans. Il deviendra le meilleur complice de cours de Jean‑Claude PascalJean-Claude Pascal, avec lequel il débutera. Peu de temps après, il participe à la pièce mise en scène par Robert DhéryRobert Dhéry, «Trois hommes sur un cheval» (300 représentations).

En 1955, il est choisi par Marcel Pagnol qui lui confie un rôle dans «Fabien», avec Milly Mathis et le tout jeune Jean LefebvreJean Lefebvre. Hélas, La pièce ne rencontrera pas son public.

Il débute à l'écran en 1947 dans «Les amoureux sont seuls au monde», de Henri Decoin. Il y incarne un adolescent, frère de la toute jeune dans une histoire romanesque qui tourne au drame. Le public le découvre, jeune premier séduisant, spirituel et insolent.

Il enchaîne avec le très attachant film de Jean Delannoy, «Aux yeux du souvenir» (1948) aux côtés de Jean MaraisJean Marais, Jean ChevrierJean Chevrier et Michèle MorganMichèle Morgan. Il entame ainsi une carrière d’une cinquantaine de films dont nous relèverons, parfois avec indulgence, «Miquette et sa mère» (1949, avec Louis JouvetLouis Jouvet), «Meurtres ?» (1950) aux côtés de Fernandel, qu’il retrouve dans «Le printemps, l’automne et l’amour» (1955) , «Miss Catastrophe» (1956, avec Sophie DesmaretsSophie Desmarets), «Mademoiselle et son gang» (1957, avec Line RenaudLine Renaud).

Lancé, il plaît au public, surtout féminin, il est charmant, malicieux et il joue bien. La presse du cœur s’intéresse à ses amours. Vedette, il côtoie les plus grandes et les plus grands.

Choisi pour «Printemps à Paris» (1956), il donne la réplique à une jeune comédienne, Christine CarèreChristine Carère. Elle est si adorable qu’il en tombe amoureux. Il l’épousera pour la vie entière en 1957. Le couple aura deux enfants, Catherine et Christian.

Revenons à ses films pour évoquer «Voulez-vous danser avec moi ?» (1959). La question étant posée par Brigitte Bardot, qu'auriez-vous fait à sa place ? Sacha GuitrySacha Guitry le repère et l’inscrit au générique de son film «Les trois font la paire» (1957). «Pouic-Pouic» (1963) le distribue en jeune premier, amoureux de Mireille Darc et futur gendre de Louis de FunèsLouis de Funès et Jacqueline MaillanJacqueline Maillan.

En 1971, Philippe joue pour la télévision mais aussi pour le cinéma, dans l’adaptation réussie de «L'île mystérieuse» de Jules Verne, avec un Capitaine Nemo remarquablement interprété par Omar Sharif. La bande sera remontée pour une distribution tardive en salles (1973).

Suivent des comédies bon enfant, sans grande consistance, comme «Deux grandes filles dans un pyjama» de Jean Girault (1974), «Signé Furax» de Marc Simenon (1981), «Mon curé chez les nudistes» avec Paul PréboistPaul Préboist (1982), et deux films où il donnela réplique à Aldo MaccioneAldo Maccione, «Tais-toi quand tu parles» (1981), et «Plus beau que moi tu meurs» (1982).

Philippe Nicaud, c'est moins connu, aura contribué à l’écriture du scénario de «La cage aux folles 3» (1985). Faisant vibrer plusieurs cordes à son “art”, il écrira une chanson pour par France Gall, «Allo Monsieur Là-haut» (1968). Dans une tout autre voie, il produira un album original et de qualité, "Erotico Nicaud".

«L'inspecteur Leclerc»

Philippe NicaudPhilippe Nicaud

La télévision fera appel à lui à plusieurs reprises. Pour beaucoup de nos visiteurs nostalgiques, il restera avant tout L’inspecteur Leclerc très populaire héros d’un feuilleton policier (1962/1963). Durant 39 épisodes, il veillera sur la capitale avec ses fidèles adjoints, l’inspecteur Denys (André Valmy), et l’inspecteur Galtier (Paul Gay) sous les ordres de l’inspecteur divisionnaire Brunel. On le retrouvera avec plaisir dans «Schulmeister, l'espion de l'empereur» (1971) et dans la série «Nick Verlaine» (1976) avec son complice Maurice Biraud.

Le théâtre lui plaira toujours. Il aura fait une quarantaine d'apparitions à la scène, comme dans la pièce «Banco», face à Michèle Mercier. On le vit pour la dernière fois dans un court métrage, «Le mélomane» (2000).

A l’heure de la retraite, Philippe Nicaud et sa famille se retireront dans le midi de la France. En décembre 2008, il aura l’immense chagrin de voir partir celle qui aura été sa compagne et avec qui il aura partagé sa vie, Christine Carère. Il n’aura guère tardé à la rejoindre pour toujours, le 19 avril 2009.

Sources…

Documents personnels, Imdb, plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine.

Donatienne (mai 2010)
Ed.7.2.2 : 10-12-2016