«West Side Story»

Tableau n° 18

Richard Beymer
Georges Chakiris
Rita Moreno
Russ Tamblyn

Que sont devenus les principaux protagonistes qui encadraient Natalie Wood dans «West Side Story» ?

Richard Beymer, Georges Chakiris, Russ Tamblyn et la piquante Rita Moreno , fort heureusement, toujours de ce monde, ont tenté de mener leur parcours, chacun avec ses choix et son talent.

Mais, comme bien souvent, quand une oeuvre marque le public à ce point, il catalogue de façon indélébile ses interprètes. Ce film culte aura constitué pour chacun d'eux l’apogée de sa carrière.

Tous quatre en garderont cependant un souvenir impérissable…

Donatienne, octobre 2010
… Tony, l'amoureux de Maria
Richard BeymerRichard Beymer

George Richard Beymer, qui porte le même prénom que son père, un imprimeur, naît le 20 février 1938, à Avoca, dans l’Iowa, aux USA. Pour sa maman, Eunice Goss, et sa famille, il sera Dick.

Il n’a que 2 ans lorsque ses parents s’installent à Los Angeles, où il va vivre le reste de son enfance. Il fréquente le lycée d’Hollywood-Nord. A 11 ans seulement, il entame une carrière d’artiste en herbe en apparaissant dans un film de télévision, «Sandy Dreams» (1949).

En 1953, il est repéré par Vittorio de SicaVittorio de Sica qui le fait tourner dans «Stazione termini» aux studios de Cinecitta.

Adolescent, il est retenu pour incarner le boy-friend d’Anne Frank dans le film de George Stevens, «Le journal d'Anne Frank» (1959). Il enchaîne avec «High Time» de Blake Edwards (1960) où il donne la réplique à Bing CrosbyBing Crosby, ainsi qu'à notre compatriote Nicole MaureyNicole Maurey.

En 1961, Richard est choisi pour incarner le beau TonyRichard Beymer, amoureux de la ravissante Maria (Nathalie Wood) dans «West Side Story», film mythique qui ne recevra pas moins de 10 oscars. Le voyant pour la première fois, ravi de sa propre prestation, il s'exclame : "J’étais happé par mon propre monde de rêve". La presse se montrera moins élogieuse à son égard : Trop mièvre, trop grand (il est vrai qu'il mesure près d’ 1,90 m), maladroit, peu convaincant… "A star isn’t born !" pourra-t-on lire ! Cinquante ans plus tard, en revoyant l'oeuvre, le jugement me paraît bien sévère.

On apprendra que la froideur que manifestait envers lui sa jolie partenaire aura joué un rôle négatif dans sa prestation. Aucune affinité ne les rapprochera. Cette animosité latente pourrait dater du jour où l'acteur avait été pressenti pour le film «La fureur de vivre» à la place de James DeanJames Dean, qui obtiendra finalement le rôle. On ne saura jamais ce qui se sera passé entre les deux artistes. Cependant, Richard confiera par la suite, qu’ils auront eu l’occasion de se retrouver et d’échanger de façon sympathique et spontanée, dissipant le malentendu qui les séparait.

On le retrouve en Italie pour «Aventure de jeunesse» (1962), d'après les récits autobiographiques d'Ernest Hemingway. Sur place, il vit une amourette furtive avec une jeune figurante débutante du plateau de «Barrabas», Sharon TateSharon Tate. Il racontera l’avoir encouragée à persévérer dans le métier.

Dans «Le jour le plus long» (1962), au milieu d'une immense colonie américaine, il incarne un soldat pétrifié de peur qui voit arriver la mort sur une plage de Normandie. Cette année-là, il est récompensé par un Golden Globe Award, comme star de l’année, en compagnie de Warren Beatty et de Bobby Darin.

En 1969, il croise Lana Wood dans «Scream Free», devenant ainsi, à 7 ans d'intervalle, l’amoureux de cinéma des deux sœurs !

En 1964, il réalise un document très personnel, «A Regular Bouquet: Mississippi Summer», pour une association appelant les électeurs noirs à s’inscrire sur les listes de l’état du Mississipi, mouvement dont il devient un militant. Il récidive en 1974 avec un documentaire d'avant-garde tout aussi surprenant, remarqué et récompensé, «Innerview», qu’il produit, écrit, réalise et interprète.

Dans les années 80 / 90, on le voit à la télévision, notamment dans les série populaires «Paper Dolls» (1984, 13 épisodes) et «Twin Peaks» (1990/1991, 30 épisodes), ainsi que dans plusieurs téléfilms («A Face to Die for», etc).

La dernière partie de sa filmographie se perd dans quelques oeuvrettes n'ayant pas franchi l'Océan qui nous sépare de lui.

Qu'est-il donc devenu ?

Richard BeymerRichard Beymer

Aujourd'hui, Richard Beymer vit dans son Iowa natal, à Fairfield. Il persévère dans le cinéma, dans la photographie, (il exposera ses clichés pris sur la série «Twin Peaks»), se consacrant également à la peinture et à l’écriture. En 2007, il publie son premier livre «Impostor/Qu’est-il arrivé à Richard Beymer» , une œuvre en partie autobiographique bâtie sur une trame policière et mystérieuse.

Richard Beymer se définit lui-même comme un homme à facettes, entretenant sur lui un certain secret : "Je ne suis pas celui que vous pensez !"

Sources…

Documents personnels, plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine.

Donatienne (septembre 2010)
Ed.7.2.1 : 20-9-2015