«West Side Story»

Tableau n° 18

Richard Beymer
Georges Chakiris
Rita Moreno
Russ Tamblyn

Que sont devenus les principaux protagonistes qui encadraient Natalie Wood dans «West Side Story» ?

Richard Beymer, Georges Chakiris, Russ Tamblyn et la piquante Rita Moreno , fort heureusement, toujours de ce monde, ont tenté de mener leur parcours, chacun avec ses choix et son talent.

Mais, comme bien souvent, quand une oeuvre marque le public à ce point, il catalogue de façon indélébile ses interprètes. Ce film culte aura constitué pour chacun d'eux l’apogée de sa carrière.

Tous quatre en garderont cependant un souvenir impérissable…

Donatienne, octobre 2010
… Bernardo, le chef des Sharks
George ChakiriGeorge Chakiris

Georges Chakiris naît à Norwood dans l’Ohio le 16 septembre 1934. Ses parents, Stephen Chakiris et Zoé Anastasiadou, sont des immigrants d’origine grecque. Georges a une sœur pour qui il éprouve une grande affection.

Très vite on s’aperçoit de ses dons exceptionnels et on l’inscrit dans une école de danse. A 12 ans, il fait ses débuts au cinéma dans «Song of Love» (1947) . S'ensuit une série de petits rôles, très souvent dansants : «The Great Caruso» (1951) , une évocation du grand ténor italien, «Stars and Stripes for Ever» (1952), etc.

Devenu adulte, il délaisse les études pour suivre les cours de l’American School of dance d'Hollywood. Dans la journée, pour assurer le quotidien, il endosse la tenue de livreur.

En 1953, il incarne l’un des boys de Marilyn Monroe dans «Les hommes préfèrent les blondes». On a tout juste le temps de l’apercevoir au milieu des danseurs accompagnant Bing CrosbyBing Crosby et Danny KayeDanny Kaye dans «White Chrismas» (1954).

Au début des sixties, il étudie le chant pour compléter la palette de ses talents.

Il participe à l'aventure scénique de «West Side Story» à Londres et à Broadway dans le rôle de Rif, le chef des Jets. Quand le projet cinématographique prend forme, son tempérament brun, ombrageux, latin incite à le transformer en porto-ricain, chef de la bande rivale des Sharks. Il sera donc Bernardo, le frère de Maria (Natalie WoodNathalie Wood), l’amoureux d’Anita (Rita Moreno). La chorégraphie de Jerome Robbins le sert à merveille. Son numéro est tellement éblouissant qu’il lui vaudra l’oscar du meilleur second rôle en 1962.

Un rôle comme celui-là peut facilement se transformer en cadeau empoisonné. Georges Chakiris n’atteindra plus jamais un sommet aussi élevé. Evoquons tout de même «Les rois du soleil» (1963) , aux côtés de Yul BrynnerYul Brynner qu’il retrouvera l’année suivante, avec Richard Widmark, dans un film de guerre, «Flight from Ashiya» (1964).

Amoureux de la France qui ne demande qu’à l’accueillir, il se décide à franchir l’océan. On le reconnaît en journaliste, au pied de Notre Dame, dans «Paris brûle-t-il ?» (1966). Plus consistant est son rôle dans «On a volé la Joconde» (1965) de Michel Deville qui lui permet de partager l’affiche avec Marina Vlady dont il tombera un peu amoureux. Cela ne l'empêchera pas d'avouer sa préférence pour les Messieurs.

Comment ne pas évoquer son film français le plus connu, «Les demoiselles de Rochefort» de Jacques Demy (1966) ? On l'y retrouve tout aussi charmant dans des numéros de danses superbes au fil des rues de la magnifique cité charentaise. Les témoignages recueillis nous permettent de dire qu’il a laissé un merveilleux souvenir aux Rochefortais. Il est certain que son nom sur l’affiche, associé à celui de Gene KellyGene Kelly, aura contribué au succès du film Outre Atlantique.

Si «Le rouble à deux faces» (1968) lui donne l’opportunité de donner la réplique à Charles BoyerCharles Boyer, Robert TaylorRobert Taylor et notre tendre Marie DuboisMarie Dubois, après quelques distributions anonymes, Georges Chakiris abandonne le cinéma en 1990.

Auparavant, dans les années 70, il aura participé à plusieurs shows télévisés français, dansant avec Sylvie Vartan, chantant en duo avec Nana Mouskouri, etc. Il donnera des concerts, enregistrant mêmes quelques microsillons. De retour aux USA, il fera de nombreuses apparitions dans des séries très populaires, comme «Dallas», «Santa Barbara», «Wonder Woman», etc. On le vit également sur scène, notamment dans une reprise de «Le roi et moi» (1995), dans le personnage immortalisé par son ami Yul Brynner.

Qu'est-il donc devenu 

George ChakiriGeorge Chakiris

S’il s’est éloigné des caméras, George Chakiris n’en reste pas moins proche du monde du spectacle et de la danse. On aura pu le voir très affecté lors des obsèques de Cyd Charisse. Il assiste régulièrement aux hommages rendus à ses partenaires. Très aimé dans la profession, il retrouve régulièrement Russ Tamblyn, ayant une tendre affection pour la fille de ce dernier, Amber.

Il s'est trouvé une passion assez originale, la joaillerie, passion qui n’étonne pas ceux qui le connaissent bien : l'homme est un esthète qui apprécie le beau, et ses créations ont un prix !

Concernant sa carrière, il semble ne rien regretter : "Je ne me soucie pas de savoir si les gens se souviendront uniquement de ce rôle de Bernardo. C’était un privilège d’être dans cette aventure. La dernière scène m’étreint quand je la revois et j’ai les larmes aux yeux à chaque fois".

Sources…

Documents personnels, plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine.

Donatienne (septembre 2010)
Ed.7.2.1 : 20-9-2015