«West Side Story»

Tableau n° 18

Richard Beymer
Georges Chakiris
Rita Moreno
Russ Tamblyn

Que sont devenus les principaux protagonistes qui encadraient Natalie Wood dans «West Side Story» ?

Richard Beymer, Georges Chakiris, Russ Tamblyn et la piquante Rita Moreno , fort heureusement, toujours de ce monde, ont tenté de mener leur parcours, chacun avec ses choix et son talent.

Mais, comme bien souvent, quand une oeuvre marque le public à ce point, il catalogue de façon indélébile ses interprètes. Ce film culte aura constitué pour chacun d'eux l’apogée de sa carrière.

Tous quatre en garderont cependant un souvenir impérissable…

Donatienne, octobre 2010
… Riff, le chef des Jets
Russ TamblynRuss Tamblyn

Russel Irving Tamblyn naît le 30 décembre 1934 à Los Angeles. Le jeune Rusty, comme on ne tarde pas à l'appeler, baigne dès sa naissance dans le milieu du spectacle, son père Eddie et sa mère Sally étant comédiens . On lui connaît un frère cadet, Larry, qui fera partie d’un groupe de rock The Standells.

A l’école, il ne tient pas en place, si bien qu'il finit souvent premier… en gymnastique !

A 6 ans, lorsqu'il apprend à danser, l’on s’aperçoit bien vite qu’il est très doué. Vif, agile, il a le sens du rythme et la danse dans le sang. L’acteur <Lloyd BridgesLloyd Bridges l'ayant remarqué, il apparaît (sans dialogue) dans la pièce «Stone Jungle» (1944). Par ailleurs il participe à des émissions de radio où sa voix attendrit les auditeurs.

Rusty fait une première apparition au cinéma dans «Le garçon aux cheveux verts» (1948), parabole sur le racisme réalisée par Joseph Losey. L’année suivante, il est retenu par Cecil B. De Mille pour personnifier Saül dans «Samson et Dalila», une grande fresque biblique dont la tête d’affiche – chevelue comme il se doit – repose sur les épaules charnues de Victor Mature. A ce moment là très populaire, l'adolescent participe à des shows télévisés aussi célèbres que celui d’Ed Sullivan.

«Le père de la mariée» (1950), où il incarne le fils de Spencer Tracy et le frère d'Elizabeth Taylor, connaît un tel succès que l’on engage immédiatement la suite, «Father's Little Dividend/Allons donc, papa !» (1951). Sa performance dans «Retreat Hell» (1952) révèle sa véritable nature, dynamique et endiablée, tant et si bien que la MGM lui offre un contrat de longue durée.

Il change de registre pour «Take the High Ground/Sergent la terreur» (1953), drame militaire, avant de revenir au genre qui lui convient le mieux, la comédie musicale.

Devenu adulte, et ma foi fort joli garçon, celui que l'on nomme enfin Russ apparaît dans «Les 7 femmes de Barberousse» de Stanley Donen sans Gene Kelly, nous gratifiant de superbes numéros de danse country. Le succès du film lui permet d'acquérir une notoriété internationale.

Après quelques westerns («Many Rivers to Cross/L'aventure fantastique» en 1954, «The Last Hunt» en 1956,…), «Peyton Place» (1957) lui vaut une nomination aux oscars comme meilleur second rôle. En 1958, il incarne «Tom Pouce» d'excellente manière, tenant là un de ses meilleurs rôles, performance qui se traduit par un engagement dans le film de Robert Wise…

Sur «West Side Story» (1961), on envisage pour lui le personnage de Tony. Mais celui-ci jugé insuffisamment “dansant” pour profiter de son talent, on le plante dans les baskets de RiffRuss Tamblyn, le chef des Jets et l’ennemi déclaré de Bernardo, rôle échu à Georges Chakiris. Au sommet de leur art, les deux danseurs se connaissent bien et s’apprécient pareillement.

Là encore, l'avenir ne sera plus aussi reluisant. On voit encore notre vedette, fidèle aux histoires des conteurs germaniques, dans «The Wonderful World of the Brothers Grimm/Les amours enchantées» (1962), avant qu'il ne participe à «La conquête de l’Ouest» (1962) en compagnie de quelques unes des plus grandes vedettes américaines de l’époque.

Mais, à l'aube des années 70, sa carrière s’enlise dans des films d’horreur ou de libertinage de médiocre facture, souvent signés Al Adamson («The Female Bunch» en 1969,…) ou Fred Olen Ray. Il revient parfois vers des oeuvres plus légères destinées aux enfants, comme «Little Miss Magic» (1997), des films ou des téléfilms qui correspondent mieux à son tempérament.

Qu'est-il donc devenu ?

Russ TamblynRuss Tamblyn

Russ Tamblyn eut trois épouses, toutes artistes : l'actrice Venetia Stevenson (1956-1957), la danseuse anglaise Sheila Elizabeth Kempton ( 1959/1979, deux enfants, dont China) et la chanteuse Bonnie Murray (1981, une fille, Amber, en 1993).

Toujours auprès de Bonnie, il vit à Santa Monica, d'où il encadre la carrière d'Amber, chanteuse très connue outre-Atlantique. Sa première fille, China, fit également partie d'un groupe musical aujourd'hui dissous, The Kirby Grips.

Tom Pouce ? Un grand monsieur !

Sources…

Documents personnels, plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine.

Donatienne (septembre 2010)
Ed.7.2.1 : 20-9-2015