Quatre messieurs du “Français”

Tableau n° 19

Georges Descrières
Paul Guers
Jean Piat
Jean-Paul Roussillon

Sous ce qualificatif hexagonal se cache, mais nul ne l'ignore, la Maison de Molière, autrement dit La Comédie Française.

C'est dans cette vénérable institution que Georges Descrières, Paul Guers, Jean-Piat et Jean-Paul Roussillon ont fait état de leur talent pendant plusieurs années.

Dans les années 50, ils ont été des jeunes premiers de cette fameuse Comédie Française. Mais leurs prestations sur la grande toile blanche et le petit écran n'en demeurent pas moins intéressantes.

Avec beaucoup de plaisir, j'ai retracé pour vous leurs carrières et revisité toutes les facettes de leur talent. J'espère vous en faire partager le plaisir.

Donatienne, décembre 2010
… le plus grand, le plus charmant
Georges DescrièresGeorges Descrières

Georges Bergé-Descrières est né à Bordeaux, le 15 avril 1930. Ses parents, appartenant au milieu médical, ont gardé leurs noms respectifs : Bergé pour Monsieur et Descrières pour Madame. On connaît à l'enfant une soeur aînée et un frère.

"Quelle profession aimeriez-vous exercer ?". Tel est le sujet de la rédaction qui devait décider de l'avenir du petit Georges. Se souvenant qu’il a joué un rôle dans une pièce scolaire et en a ressenti beaucoup de plaisir, il rédige la réponse en ce sens et obtiendra la meilleure note.

Mais les parents sont intransigeants : "Passe ton bac d’abord !". Une fois l'affaire en poche, il peut se présenter au Conservatoire de Bordeaux, dans la classe de Corty : un premier prix de tragédie et un deuxième prix de comédie viennent couronner ses efforts. Son professeur lui conseille de monter sur la capitale, de viser le Conservatoire pour accéder à la Comédie-Française.

A Paris, en cette fin des années 40, il se forme sous l’œil de Pierre RenoirPïerre Renoir et de Maurice Donneau avant de tenter l’entrée au Conservatoire. Le jury, au sein duquel se trouve Louis Jouvet, l'admet à suivre les cours de Denis d'InesDenis d'Inès. Georges Le Roy complète sa formation que couronnent deux prix de tragédie et un prix de comédie. Dans la foulée, Jean MercureJean Mercure lui offre un joli rôle dans «Une nuit de noce», une pièce d’Alexandre Dumas.

Georges Descrières entre au "Français" en 1955 comme pensionnaire. Il interprète, comme jeune premier, tous les rôles classiques que l’on peut imaginer, approchant aussi facilement Corneille, Racine et Molière que Claudel, Musset ou Diderot. Il a de la prestance, et sa voix est virile, grave et bien posée. Il devient sociétaire en 1958 et sera le doyen de la glorieuse institution de 1979 à 1985, date de son départ.

Georges Descrières au cinéma…

Georges DescrièresGeorges Descrières

Après une courte apparition dans «Le rouge et le noir» de Claude Autant Lara (1954), Georges Descrières incarne un jeune étudiant en médecine, fils du spirituel Noël-NoëlNoël-Noël, dans «Bonjour toubib» (1957). Viennent ensuite «Le fils de Caroline Chérie» avec Jean-Claude Pascal (1954), «Les aristocrates» avec Pierre Fresnay (1955), «Voulez-vous danser avec moi», dont les héros sont Brigitte Bardot et Henri VidalHenri Vidal.

En 1961, il campe un convaincant Athos, dans «Les trois mousquetaires», aux côtés de Gérard Barray et de deux de ses “co-locataires”, Jacques Toja et Bernard Woringer. Les partenaires féminines ne le cèdent en rien : Anna Karina dans «Ce soir ou jamais» (1960), Audrey Hepburn dans «Voyage à deux» (1967), etc. En 1968, son complice Jacques CharonJacques Charon l’appelle pour figurer dans «La puce à l’oreille», version filmée de la pièce de Georges Feydeau.

Sur le tard, on le découvrira de façon imprévisible dans des œuvrettes presque insignifiantes comme «Qu’est-ce qui fait craquer les filles» ou «Mon curé chez les nudistes» (1982).

De ces activités pour le petit écran, on peut relever ces contributions «Au théâtre ce soir», commes «Les doux dingues» avec Maria Pacôme ou «Domino» de Marcel Achard, jouant le mari jaloux de Geneviève Casile.

Mais, pour tout le monde, il restera Arsène Lupin (1971/1974), le gentleman cambrioleur imaginé par Maurice Leblanc. Dandy, séduisant à souhait, mystérieux et coquin, il colle de façon parfaite au personnage et le feuilleton est un énorme succès populaire. Il enchaîne avec une autre série, «Sam et Sally» où il retrouve sa partenaire de la Comédie Française, Nicole Calfan. Il aura également participé à des fictions historiques de «La caméra explore le temps» et à quelques épisodes des «Evasions célèbres» et «Schulmeister».

Georges Descrières a été l’époux de la comédienne Geneviève BrunetGeneviève Brunet avec qui il a eu deux filles, Sophie et Sylvia Bergé, celle-ci devenant à son tour une talentueuse sociétaire de la Maison de Molière. Il a été fait Commandeur dans L'Ordre National du Mérite, il a été nommé Officier de la Légion d'Honneur en 2004. Séparé et remarié, il coulera une retraite tranquille dans le midi de la France, près de Grasse dont il fut le directeur du Conservatoire au milieu des années 90.

Mais la maladie l'a rattrapé et la mort mettra un terme à ses souffances le 19 octobre 2013.

Sources…

Documents personnels, plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine.

Donatienne (décembre 2010)
Ed.7.2.1 : 22-9-2015