Quatre messieurs du “Français”

Tableau n° 19

Georges Descrières
Paul Guers
Jean Piat
Jean-Paul Roussillon

Sous ce qualificatif hexagonal se cache, mais nul ne l'ignore, la Maison de Molière, autrement dit La Comédie Française.

C'est dans cette vénérable institution que Georges Descrières, Paul Guers, Jean-Piat et Jean-Paul Roussillon ont fait état de leur talent pendant plusieurs années.

Dans les années 50, ils ont été des jeunes premiers de cette fameuse Comédie Française. Mais leurs prestations sur la grande toile blanche et le petit écran n'en demeurent pas moins intéressantes.

Avec beaucoup de plaisir, j'ai retracé pour vous leurs carrières et revisité toutes les facettes de leur talent. J'espère vous en faire partager le plaisir.

Donatienne, décembre 2010
… un comédien passionné
Jean-Paul RoussillonJean-Paul Roussillon

Jean-Paul Roussillon naît le 5 mars 1931, à Paris. Son père est directeur de scène à la Comédie Française. C’est donc tout naturellement qu’il entre encore adolescent au Conservatoire d’Art dramatique, dans la classe de Denis d'InesDenis d'Ines.

Tout mince, avec des allures de gamin, des traits juvéniles, il trouve très vite cette grâce innée d’instaurer une complicité avec le public. Son interprétation réussie du jeune Toto dans «Ardèle ou la Marguerite» de Jean Anouilh (1948), lui ouvre les portes de la Maison de Molière qui l’accueille comme pensionnaire le 1er septembre 1950.

Jeune premier au tout début de sa carrière, il se tourne rapidement vers des rôles de gamins espiègles. Il incarnera ainsi l’innocent dans «L’Arlésienne», La Souris dans «Crainquebille», ainsi que «Poil de carotte», le petit garçon roux imaginé par Jules Renard. Viendront ensuite les rôles de valets : Baptistin dans «Les caves du Vatican», Spadille dans «A quoi rêvent les jeunes filles», Ragotin dans «Don Juan», etc.

Devenu sociétaire le 1er janvier 1960, il ne tarde pas à s'intéresser à la mise en scène, activité qui lui vaudra le plaisir de diriger Isabelle AdjaniIsabelle Adjani, la toute jeune ingénue de «l’école des femmes» (1973).

En 1982, il quitte le français et va porter son métier sur d’autres scènes, décision qui lui vaudra l'honneur de recevoir deux Molières du meilleur second rôle (1991 et 1996) et un du meilleur rôle (2002).

Jean-Paul Roussillon au cinéma…

Jean-Paul RoussillonJean-Paul Roussillon

Son talent remarqué par les grands réalisateurs, il est retenu par Julien Duvivier («Voici le temps des assassins», 1956) , Henri Verneuil («Week-end à Zuydcoote», 1964), Joseph Losey («La truite», 1982), Jacques Deray («On ne meurt que deux fois» en 1985, «Maladie d’amour» en 1987), Alain Resnais («On connaît la chanson», 1997), Bertrand Tavernier («La fille de D ’Artagnan», 1993), etc.

Récipendiaire de trois "Molière" au terme d'une carrière théâtrale bien remplie, il sera nommé pour participer à la course au César grâce à sa performance dans «Une hirondelle a fait le printemps» (2002) . La consécration lui viendra en 2009, avec un César du meilleur second rôle pour sa prestation dans «Un conte de Noël» d’Arnaud Desplechin, incarnant un vieux patriarche marié à Catherine Deneuve.

Ne négligeons pas ses nombreuses apparitions sur le petit écran. Il fera notamment les beaux jours d' «Au théâtre ce soir», l’émission de Pierre Sabagh, dans des pièces de Georges Feydeau («Un fil à la patte», 1870). Il paraîtra également dans de nombreuses séries télévisées.

A 78 ans, au terme d'une carrière étalée sur une cinquantaine d'années abrégée par de sérieux ennuis de santé, il s’éteint à Auxerre le 30 juillet 2009.

Jean-Paul Roussillon était l’époux de Catherine Ferran, sociétaire honoraire de la Comédie Française. Il avait deux fils, Pierre-François RoussillonPierre-François Roussillon, futur musicien et directeur du théâtre de Malakoff, et Baptiste RoussillonBaptiste Roussillon, comédien, avec lequel il avait tourné la fiction télévisée «Le feu dans l’eau».

On gardera de lui cette immense présence marquée sur scène aussi bien qu'à l’écran, une voix qui accroche mais qui permet toutes les nuances, qui impose un rythme et qui donne une force à chacun de ses mots, sa personnalité peu ordinaire qui en fait pour toujours un artiste attachant, passionné, habité par l’amour de son métier.

Sources…

Documents personnels, plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine.

Donatienne (décembre 2010)
Ed.7.2.1 : 22-9-2015