Quatre James Bond Girls (I)…

Barbara BACH (1947)

… l'espionne qui l'aimait
Barbara BachBarbara Bach (1971)
Née Barbara Ann Goldbach, le 7 août 1947, dans le quartier du new-yorkais du Queens (New York City, New York) où son géniteur exerce l'honorable profession de policier, cette charmante enfant peut se prévaloir de multiples ascendances européennes. Une grand-mère roumaine, une mère catholique irlandaise et un père juif autrichien agrémentent en effet les branches supérieures de son arbre généalogique. On lui connait un frère aîné et une soeur cadette (Marjorie).

D'une beauté précoce, elle est désignée, encore adolescente, capitaine de l'équipe de basket de sa classe, prouvant ainsi que ses qualités ne se limitaient pas à son charme. Diplômée de la All-Girl Dominican Commercial High School du Queens en 1964, elle entame, à 18 ans, une carrière de mannequin sous le nom de Barbara Bach. Prise sous contrat par la Eileen Ford Agency, qui nous offrira quelques années plus tard la tout aussi sensuelle Kim Basinger, la jeune fille devient rapidement l'un des modèles les mieux payés du monde, faisant la une des plus grands magazines destinés à la gent féminine, tels "Seventeen" (1965 et 1966), Vogue" (7-1966), Elle" (1966),…

En 1966 justement, ellle fait la connaissance, dans un avion qui l'emmène à Rome pour des raisons professionnelles, de l'homme d'affaires italien Augusto Gregorini, de 11 ans son aîné, en tombe amoureuse et s'installe auprès de lui en Italie où elle poursuit ses activités de top-model. Marié en 1968, le couple aura deux enfants : Francesca (1968) et Gianni Andrea (1972).

Dans la péninsule transalpine, Barbara Bach se découvre une vocation d'actrice qu'elle concrétise à travers le petit écran. Dès 1967, elle apparaît dans un spectacle de variétés, «Cordialmente», et enchaîne en incarnant Nausicaa dans le téléfilm «L'odissea» , dirigé par Franco Rossi (1968), d'après l'oeuvre d'Homère. Désignée comme le plus beau mannequin d'Italie en 1970, l'actrice prend rapidement ses marques dans son pays d'adoption dont elle ne tarde pas à maîtriser la langue. Cette disposition lui ouvre tout grand les portes de Cinecittà et, d'une manière plus large, du cinéma italien.

Vedette d'une comédie qui ne dépassera guère les frontières de sa terre d'accueil, «Mio Padre Monsignore» (1971), elle ne quittera plus, dès lors, le haut de l'affiche sans que ce soit pour autant les plus belles : deux “giallo” («La tarentule au ventre noir» et «La corta notte delle bambole di vetro» en 1971), autant de polissonneries («Il maschio ruspante» en 1972, «Ce cochon de Paolo» en 1973) et une aventure maritime («Il lupo dei mari» en 1975), oeuvrettes pour lesquelles elle n'eut donc pas besoin de doublure vocale. À ces plus hauts faits, il nous est permis de rajouter, franchouillard, son unique traversée de notre production hexagonale, «Un peu de soleil dans l'eau froide» (Jacques Deray, 1971), une “sagannerie” d'une superficialité qui frise le pléonasme.

Séparée à l'amiable du père de ses enfants en 1975, l'actrice retourne s'installer à Los Angeles, le divorce n'étant prononcé qu'en 1978…

Major Anya Amasova

Barbara BachMajor Anya Amasova dans «L'espion qui m'aimait»

En 1975, Barbara Bach tourne un bout d'essai pour un film de Tony Richardson qui ne se fera pas, «The Bodyguard». La cassette tombera plus tard sous les yeux du producteur Albert Broccoli qui, subjugué par le côté félin de l'actrice, ne tarde pas à lui proposer le rôle du Major Anya Amasova, agent secret soviétique appelé à partager une enquête, et plus si affinités, avec son célèbre collègue de l'Ouest Bond, James Bond, pour la troisième fois personnifié par ce galéjeur de Roger Moore. Dans «L'espion qui m'aimait» (1977), une James Bond Girl tient enfin la dragée haute à l'invincible héros imaginé par Ian Fleming. Après une première présentation londonienne donnée en présence de la Princesse Anne, le film – le premier joué par la jeune femme dans sa langue natale – est distribué dans les salles du monde entier où il rencontre un succès phénoménal. On voit la nouvelle "B.B." à la une des plus célèbres revues de cinéma, elle orne même quelques pages de Play Boy (juin 1977), photographiée par David Bailey, et l'on ne tarde pas à vendre des poupées à son effigie !

L'affaire procure à notre vedette de nouvelles opportunités professionnelles, que ce soit en Grande-Bretagne avec le succédanné d'une célèbre production guerrière, «L'ouragan vient de Navarone» (1978) – pour lequel elle semble avoir conservé la même garde-robe – ou en Italie pour des aventures marécageuses qui ne seront pas de tout repos : «Le continent des hommes-poissons» (1978), et «Alligator». Mais, il faut bien le dire, comme pour bon nombre de ses consoeurs, l'après-James Bond s'avèrera décevant et nous ne la reverrons plus jamais traverser le ciel des étoiles filantes.

Rejetée du paradis des «Charlie's Angels» (1979) au profit de Shelley Hack pour cause de "sensualité excessive" – elle aurait rejeté Jaclyn Smith, la vedette principale, sur le bord du nuage –, Barbara s'égare dans «Up the Academy» (1980, une production de son compagnon du moment, le producteur Danton Rissner. Dans la foulée, pour les besoins de son nouveau film «Caveman» (1971), elle partage la même grotte que Richard Starkey, ancien membre des Beatles plus connu sous le nom de Ringo Starr. Ce genre de cohabitation favorisant les rapprochements sentimentaux, nos deux troglodytes sortent de leur tanières pour passer devant monsieur le mayor le 27 avril 1981, trois mois après que l'actrice ait embelli cette fois la couverture du célèbre magazine masculin.

Dès lors, Mrs. Starkey aura autre chose à faire que du cinéma, un art vers lequel elle ne reviendra plus qu'à de rares occasions («Give My Regards To Broadway» en 1984,…). Ayant repris ses études, elle décroche un Master de psychologie à l'Université de Los Angeles (1993), s'implique dans de nombreuses actions caritatives et s'occupe de son scarabé de mari qui, jusqu'à ce jour, ne s'en est jamais plaint : "She loves you yeah yeah yeah…".

Sources…

"http://www.barbara-bach.com", documents personnels, plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine.

Christian Grenier (novembre 2017)
Éd.8.1.3 : 6-12-2017