Quatre James Bond Girls (I)…

Honor BLACKMAN (1926)

… la matrone de Goldfinger
Honor BlackmanHonor Blackman

Actrice anglaise, née un 21 août, entre 1925 et 1929 selon les sources (plus probablement 1926), à Londres (Angleterre), Honor Blackman, fille d'un vétéran des tranchées de la Première Guerre Mondiale, vient au monde dans une famille cockney de 4 enfants. Honor Blackman. À l'occasion de son 15ème anniversaire, son père lui offre le choix entre une bicyclette et des cours de diction. Sagement, elle préfère se débarrasser de son accent des faubourgs londoniens et continuer à aller à pied ! D'une enfance difficile auprès de parents très rigoureux, elle ne retiendra que l'amour qu'elle leur a porté.

Employée de bureau, elle suit parallèlement les cours de la Guildhall School of Musica and Drama, apparaissant ainsi dans plusieurs spectacles scolaires avant d'obtenir un diplôme d'art dramatique (1945). Peu après, son père décroche pour elle une audition qui lui permet de débuter sur scène dans la pièce «The Guinea Pig».

Dès 1946, elle fait une première apparition à l'écran dans «Fame is the Spur», un petit rôle qui la fait rapidement mourir lors d'une scène à cheval. Cette année là, elle épouse un homme d'affaires de 13 ans son aîné, William Sankey, et se retrouve rapidement enceinte. Peu préparée à devenir une jeune mère, elle subit un avortement clandestin, pratique encore tabou en ces temps difficiles.

En 1947, prise sous contrat par J. Arthur Rank, la jeune actrice entre dans le cheptel de la Rank Organisation. En 1949, elle apparaît en vedette dans «A Boy, A Girl and a Bicycle», aux côtés du “boy” John McCallumJohn McCallum (on ignore la marque du vélo). Sa performance lui vaut d'être remarquée par la MGM et de donner, en terre britannique, la réplique à Elizabeth Taylor («Conspirator/Guet-apens», 1949).

En 1954, séparée avant de divorcer, elle regagne la Grande-Bretagne pour reprendre une carrière mise en veilleuse pour suivre son époux au Canada. Peu glorieux sont les titres accrochés à son actif, tandis qu'elle connaît des difficultés personnelles – son mari s'est fait la belle en emportant le sac de noisettes – qui la plonge dans une dépression nerveuse nécessitant un mois d'hospitalisation (1956), suivi d'un long traitement.

Pussy Galore

Honor BlackmanPussy Galore dans «Goldfinger» (1964)

«A Night to Remember/Latitude41» (1958), l'une des nombreuses évocations de la tragédie du Titanic, la rappelle au souvenir des cinéphiles les plus pointilleux. Mais c'est son apparition dans la célèbre série télévisée «The Avengers/Chapeau melon et bottes de cuir» (43 épisodes entre 1962 et 1964), en compagnie de Patrick MacneePatrick Macnee, qui lui vaut une renommée internationale. Dès lors, et jusqu'à ce jour, elle restera une familière du petit écran : entre 1990 et 1996, elle sera encore l'une des vedettes principales de la série «The Upper Hand» (94 épisodes), après s'être montrée en maintes occasions dans quelques épisode de séries devenues cultes, comme «Destination Danger» (un épisode en 1960), «Columbo» (un épisode en 1972),…

Dans la foulée, après une participation à «Jason et les argonautes», une mythologie d'Épinal à la sauce hollywoodienne, elle accède au grade de "James Bond Girl" – un titre qu'elle déteste – en tant que chargée de mission du redoutable «Goldfinger» (1964).

Du reste de sa filmographie, nous extraierons : «Twinky/L'ange et le démon» avec Charles BronsonCharles Bronson, film bien ancré dans son époque, celle des mini-jupes et des jeunes filles en fleur; «Shalako» (1968, avec Sean ConnerySean Connery et Brigitte BardotBrigitte Bardot) et «Something Big/Rio Verde» (1971, avec Dean MartinDean Martin), deux westerns où l'on est agréablement surpris de la voir apparaître plus récemment, davantage pour son succès public que pour ses qualités intrinsèques, «Le journal de Bridget Jones» (2001) où elle n'avait que quelques lignes à dire.

Au cours de son union avec le comédien Maurice Kaufmann (de 1961 à 1975), l'actrice devait adopter deux enfants, Lottie et Barnaby, avant de divorcer. Rebelle, libre de parole, elle rejette en 2002 le titre de Commandeur de l'Empire Britannique d'une déclaration cinglante : "La monarchie est un anachronisme !" et critique publiquement l'émigration de son ancien partenaire, Sean Connery, sous des cieux financièrement plus cléments.

Opérée d'un cancer du sein en 2003, elle est néanmoins élue la septuagénaire la plux sexy du monde par un magazine américain : ne souriez pas, Lauren BacallLauren Bacall et Joan CollinsJoan Collins étaient en lice ! Modèle pour la chaine de vêtements Mark and Spencer, Honor Blackman est toujours en activité. Chapeau (… melon, bien entendu) !

Sources…

Documents personnels, plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine.

Christian Grenier (décembre 2017)
Éd.8.1.3 : 1-12-2017