Jean RICHARD (1921 / 2001)

… un clown humaniste

Jean Richard

Jean Richard c’était tout d’abord un visage rond et rigolo, sympathique et populaire … Mais derrière cette malice bon enfant, se cachait un homme d’une grande intelligence, inventif, touche-à-tout, généreux, que le cinéma n’a pas forcément dévoilé. Il en était conscient, lui qui reconnaissait avec humour qu’il lui était arrivé de "nourrir ses lions avec des navets"… Il avait pourtant du talent…

Caricaturiste, acteur de théâtre, de cinéma, de télévision et d’opérettes, artiste de cabaret, organisateur de spectacles, il fut en plus, l’Homme du Cirque, l’ami des hommes, des enfants et des animaux…

Le jour où l’on apprit son accident, tout le public fut atterré. Il devait heureusement s’en remettre et nous donner le plaisir de le revoir dans son interprétation de Maigret à la télévision !

Même s’il a maintenant rejoint le cirque du ciel comme il le disait lui-même, nous l’évoquerons dans cette page qui nous permettra de retrouver notre âme d’enfant !

Donatienne

L'enfance…

Jean RichardJean Richard

C’est le jour de la Saint Parfait qu'est né Jean Richard. Le lundi 18 avril 1921 plus exactement, dans un petit village, Bessines (maison natale), tout près de Niort, au cœur du marais poitevin, à l’orée de La Venise Verte. Bessines qui rendra hommage à son illustre citoyen en lui donnant de son vivant le nom d’une rue. Jean Richard en éprouvera d’ailleurs une grande fierté. Son grand-père maternel, maire du village pendant 17 ans, s’est spécialisé dans l’élevage des ânes du poitou. Ainsi, tout jeune, Jean est déjà dans le monde des animaux ! Son père Pierre reprend l’élevage et y ajoute celui de chevaux nommés “postiers bretons”.

Quelle sorte de petit garçon est-il ? Sa maman dira: "facile, doux et serviable". C’est un enfant unique qui joue avec ses cousins au croquet (il adore cela et il continuera adulte avec ses amis du spectacle). Il passe les vacances d’été à Fouras, juste en face du Fort Boyard.

La famille s’installe près de Saint-Maixent-l’Ecole. La maison s’appelle "La ménagerie", un nom qui plaît bien au jeune garçon. Sa promenade favorite l'amène au cimetière de Saint-Maixent. où se trouve le mausolée d’un dompteur qui fut célèbre au début du XXème siècle, Charles Spessardy. Le jeune Jean est en admiration devant la statue tout en pied du dompteur moustachu, flanqué de deux tigres magnifiques. Jean Richard dira dans son livre que son attrait pour le cirque date certainement de ce moment-là !

Jean est donc attiré par le cirque mais aussi par tout ce qui est spectacle. Il fait de petits numéros à la fête de l’école de Saint-Florent de Niort où il est en même temps sacré champion… de yoyo ! c’est déjà un clown qui s’amuse à de courts sketches du style : "Butagaz, le gaz qui bute !". Un autre don aussi qui se révèle chez lui, le dessin et surtout le sens de la caricature. Par contre il le dit lui-même, il chante plutôt faux ; cela s’arrangera un peu par la suite puisqu’il poussera la chansonnette dans les opérettes aux côtés de Georges Guétary.

Le voilà au lycée Fontanes à Niort, toujours. Elève dans la moyenne, il se fait surtout remarquer lorsqu’il se donne en spectacle à la fin de l’année, en jouant «Le malade imaginaire», dans la fameuse tirade ««Bradypepsie»». Son attirance pour le cirque est aussi toujours là, mais il commence à se passionner pour le cinéma. Ses idoles se nomment Marie BellMarie Bell, Simone SimonSimone Simon dans «Le lac aux dames,» AnnabellaAnnabella et Jean MuratJean Murat.

Il faut bien devenir adulte…

Jean RichardJean Richard

1938 : "On n’est pas sérieux quand on a 17 ans" a dit Rimbaud. Pourtant Jean Richard est obligé de le devenir puisqu’il perd son père à cet âge là. Il rate le bac la même année. Un oncle sans enfant lui propose de reprendre son commerce de pulvérisateurs : le voici donc en stage de formation à la maison mère "Vermorel", en Bourgogne. Il se lie d’amitié avec Jacques Lejard dont il tombe amoureux de la sœur Anne-Marie. Tout en découvrant les secrets des pulvérisateurs, il se produit dans un cabaret à Lyon, "La Maison Dorée", en tant que chansonnier-caricaturiste.

1939 : la guerre est déclarée. Il est mobilisé dans… la cavalerie ! Il vise l’entrée à Saumur, la ville du fameux "Cadre Noir". Pour cela, il “fait ses classes” à Rambouillet. Le Lieutenant instructeur est un certain Michel Debré. Une capricieuse jument, "Miss Mondaine", et un remuant "Nelson" lui enlèveront tous les espoirs de faire carrière dans cette arme. Trois mois d’hôpital, c’est tout ce qu’il y gagnera.

1940. La France occupée, il est désigné pour partir en Allemagne (le S T O). Malgré son désir d’y échapper il se retrouve en Bavière. Par un subterfuge malin, il réussit à regagner Paris où Danjou, un copain d’enfance, l’aide en le faisant travailler dans son cabinet de vente de fonds de commerce.

En entrant dans la carrière…

Jean RichardJean, Annick et Jean-Pierre

Danjou lui dit un jour: "Il y a un gars du spectacle qui travaille chez moi. Il s’appelle Jean Gaven". Les deux Jean deviennent amis et Gaven, qui fait partie de la troupe de Max Revol, "Les burlesques de Paris", laisse la place à Jean Richard car il doit tourner un film. De ce premier contact avec une scène parisienne, il découvre le trac. Il se fait une petite place ; on lui propose des contrats comme une tournée dans le midi avec Andrex et Odette Moulin, une chanteuse de l’époque. Jean présente un numéro de caricatures.

En 1945, Jean Richard épouse Anne-Marie. Le 22 août 1946 naît leur fille Elisabeth qu’il appellera affectueusement Babeth. Le couple habite alors rue des Martyrs, près du Cirque Médrano à Paris. Grillon propose à Jean de partir en Allemagne pour assurer une présence culturelle française, à Baden-Baden. Ainsi les Productions Richard voient le jour…

Les productions Jean Richard en Allemagne…

Le comédien raconte dans son livre «Ma vie sans filet» qu’il a ainsi “engagé” Maurice Baquet, Armand Mestral et Samson Fainsilber, le Mazarin des fresques de Guitry qui cabotinait quelque peu. Il monte des pièces, comme «Etienne» de Jacques Deval. Il fait venir la Comédie Française . Il produit Fernand Ledoux dans «Le Légataire universel» : un succès considérable.

Un jour un jeune homme long et maigre, Robert DhéryRobert Dhéry, un cheveu sur la langue et le regard triste, lui propose sa pièce, «Les gaufrettes». Jean, qui se tord de rire en découvrant le texte et sa suite de gags, décide de la présenter. En Allemagne, où il restera jusqu'en 1950, il aura vu défiler toutes les célébrités françaises, jusqu’aux grands Louis Jouvet et Charles Dullin. Sa vie familiale contrariée par ses nombreux déplacements, le couple qu'il forme avec Anne-Marie se sépare.

Le cabaret et Champignol…

Revenu en France, Jean Richard entame sa période cabaret. Son premier spectacle a pour titre «Quelques pas dans le cirage». Il se lie avec Darry Cowl, Roger Pierre et Jean Marc Thibaut, Louis de Funès, Pierre Mondy, Francis Blanche. Avec certains, il décide de faire une tournée au Canada. Un fantaisiste débutant, BourvilBourvil, se joint à la troupe. Lors d’une soirée au pays des trappeurs, un vieux conteur québécois leur raconte une histoire de village; à ce moment-là naît dans l’imagination de Jean, Champignol et son héros, Claudius Binoche.

«Champignol» sera d’abord une série de sketches présentés à l’Amiral, puis le thème de quatre films. Qui ne se souvient de «Nous autres à Champignol» ? Pour de nombreuses années, Jean sera Claudius et Claudius sera Jean dans l’esprit du public. Il dira plus tard : "C’est le personnage de Maigret qui m’a enlevé l’étiquette".

D’autres cabarets lui permettent de continuer ses numéros fantaisistes comme "Le Tabarin" où il fait la connaissance d’ Annick Tanguy, une jolie danseuse. Elle deviendra son épouse et lui donnera un fils, Jean Pierre. Elle apparaîtra à ces côtés dans certains films, comme «Les tortillards» avant de devenir la dernière des trois Madame Maigret à la télévision.

Le cinéma…

Jean Richard«Les Tortillards» (1960)
  • Première apparition à l’écran, grâce à Jean Gaven : un petit rôle dans «Six heures à perdre» (1946). Il y joue un gendarme gardant la demeure d’un ambassadeur interprété par André Luguet.
  • Vient ensuite «Bertrand Cœur de Lion» (1950) de Robert Dhéry où, Branquignol d’adoption, il incarne un brigadier gendarme ayant un âge mental de 12 ans. Bref un film déjanté digne de l’imagination délirante de Dhéry.

    Ce sera le début d’une riche carrière : 100 films en 12 ans !

  • «Les sept péchés capitaux» (1951) avec Henri Vidal et Claudine Dupuis dans le sketch sur la Gourmandise écrit et réalisé par Carlo Rim (dont le vrai nom est… Jean Richard !)
  • «Deux de l’escadrille» (1952), aux côtés de son copain Roger Pierre. Il y incarne un aviateur pendant la 2e guerre mondiale.
  • «La demoiselle et son revenant» (1953), tourné à la Victorine à Nice, et qui fut aussi l’occasion de faire connaissance avec le 1er assistant de réalisation, Roger Vadim et de sa toute jeune épouse Brigitte Bardot. Il la recommandera à Berthomieu pour un rôle dans «Le portrait de son père» (1953) qu’elle tournera avec lui. Mais il ne reverra jamais Brigitte, cette dernière ne lui pardonnant pas de “jouer” avec des animaux dans les cirques .
  • Une brève apparition dans «Si Versailles m’était conté» (1953) le remplit de fierté. Il est un jour convoqué par le Maître Guitry qui l’accueille comme un prince: "Ah ! mon cher Richard, mon pauvre père (Lucien Guitry) jouait Tartuffe avec le même accent que vous ! Je réalise actuellement Si Versailles… Le rôle de Tartuffe vous revient de droit». Un petit incident amusant : Le maître, par étourderie, se trompera de texte et lui donnera un autre livret ; il lui faudra réapprendre au dernier moment la fameuse tirade "Et pour être dévot, on n’en est pas moins homme…"
  • «Chéri-Bibi» (1954), tourné en Italie, avec Danielle Godet, Raymond Bussières et Albert Préjean. Des ennuis financiers feront que le film sera baclé et comme le dit lui-même Jean, ce sera un four mémorable.
  • «La Madelon» (1955) lui donne l’occasion de retrouver Roger-Pierre et la chanteuse Line Renaud. Sur le tournage, Jean Boyer houspillait les deux compères: "Il faut que vous vous affrontiez violemment, vous êtes tous les deux amoureux de la Madelon ! Or, vous avez des regards de copains…" Ce qu’ils étaient effectivement !.
  • En 1956, il incarne avec plaisir et fierté l’ordonnance de Jean Marais dans «Elena et les hommes» des Jean Renoir.
  • «Courte tête» (1956), dont l’action se déroule dans le milieu des courses. Une belle distribution : Fernand Gravey, Darry Cowl, Louis de Funes, Jacques Duby, Micheline Dax et Max Révol.
  • Dans «La peau de l’ours» (1957), film d’atmosphère tiré d’une pièce comique, plusieurs débutants à la carrière prometteuse partagent l’affiche avec lui: Jean-Pierre Cassel, Sophie Daumier, Nicole Courcel et un jeune gamin de 14 ans déjà sérieux et réfléchi, que la production faisait raccompagner chaque soir chez ses parents, Jacques Perrin.
  • Sur le générique de «La vie à deux» (1958), appelé “le film posthume de Guitry”, Jean et Gérard Philipe se partagent l’affiche avec d’autres immenses vedettes (Jean Marais, Pierre Brasseur, Louis de Funes, Jean Tissier, Danielle Darrieux…). Mais ils n’auront pas l’occasion de se rencontrer, le film étant une suite de sketches.
  • Dans «Sans tambour ni trompettes» (1959), il incarne un soldat français, tandis que le jeune Hardy Kruger campe un soldat allemand. Françoise Rosay et Dany Carrel complètent la distribution.
  • Un film qui compte tout de même , l’histoire de la sympathique «Famille Fenouillard» (1960), dont il conserve des souvenirs un peu pénibles du tournage, comme cette jungle avec piscine camouflée et glacée, reconstituée aux studios de Joinville.
  • «La belle américaine» (1961), toujours de et avec Dhéry demeure un grand succès de notre cinéma des années 60.
  • En 1962, «Tartarin de Tarascon» est incarné par Francis Blanche. Jean possédait déjà son zoo ; c’est lui qui fournit le lion et joue le dresseur du fauve qui s’échappe.
  • Avoir été choisi pour «Du mouron pour les petits oiseaux» (1962) par Marcel Carné lui-même constitue une nouvelle fierté. Il s’agissait d’un rôle de boucher mêlé à une scène de crêpage de chignon entre Dany Saval et Suzy Delair !
  • Dans «Les fêtes galantes» (1965), il est un grand seigneur de la Guerre en dentelles, avec comme partenaires, Marie Dubois, Jean-Pierre Cassel et Philippe Avron.
  • Avant d’incarner Maigret, il se sera glissé par deux fois dans la peau du célèbre Bérurier de Frédéric Dard, en faisant équipe avec Gérard Barray et Paul Préboist: «Sale temps pour les mouches» (1966) et «Béru et ces dames» (1968).
  • Autres activités…

    Jean RichardLe cirque Jean Richard
    L'opérette

    Jean Richard se laissera tenter par cette autre forme de spectacle et sera la vedette de nombreuses scènes. Rappelons-nous de «La polka des lampions» ( 534 représentations entre 61 et 63 !) ou de «Monsieur Carnaval» avec Georges Guétary (livret de Frédéric Dard et musique de Charles Aznavour, comprenant la célèbre chanson «La Bohème».)

    Le théâtre

    La pièce «Jehanne», malgré une excellente distribution, ne tiendra que 16 représentations à la Comédie Caumartin. Jean y interprétait le frère de Jehanne/Danielle Delorme. Déçu, il ose s’attaquer à la pièce «Demeure chaste et pure» de Jacques Deval, au théâtre Edouard VII. Pari difficile : l’acteur reste en scène 3 heures sans s’arrêter. Les premières critiques tombent, assassines : "Ah ! si on avait eu Fernand Gravey à la place… ". Il reste à attendre celle de Jean-Jacques Gauthier qui faisait à l’époque la pluie et le beau temps. Elle paraît 3 jours après dans «Le Figaro» : c’est un encensement ! Le lendemain, la salle sera comble !

    Il jouera de nombreuses fois «Le médecin malgré lui» aux quatre coins du monde. Citons enfin «Machin Chouette», une pièce écrite par son ami Marcel Achard, et «Quatre pièces sur jardin», avec la pétillante Sophie Desmarets.

    Le cirque et les animaux…

    On l’a dit, depuis sa tendre enfance, Jean Richard adore les animaux et est attiré par le cirque. Il connaît les quatre frères Amar et les quatre Bouglione. En 1956, pour dépanner les frères Gruss isolés dans la zone sinistrée après la catastrophe minière de Marcinelle en Belgique, il vient présenter trois numéros sur la piste. Les Knie feront également appel à lui pour présenter un umér d'éléphants sur la piste du cirque Médrano.

    En 1957, le premier cirque Jean Richard (qui appartenait aux frères Gruss) se lance sur les routes de France. Albert Préjean figure un Monsieur Loyal très convaincant. Mais le véritable cirque Jean Richard est créé en avril 1969, avec 15 tracteurs routiers.

    Ermenonville

    Permettons-nous quelques mots sur Ermenonville, que Jean découvre avec l’ami Roger-Pierre au début des années 1950. C’est d’abord une charmante petite auberge. Petit à petit, l’ensemble s’agrandira. Jean réalisera son vieux rêve d’enfant, une collection personnelle d’animaux exotiques. Le comédien Christian Marquand lui offrira son premier pensionnaire, Douchka, un guépard.

    D’autres animaux arriveront… Tout cela se terminera par un zoo inauguré par Michèle Morgan et Madeleine Robinson. Jean récupérera des animaux mal en point, blessés et leur donnera une belle fin de vie. Tous ses amis du spectacle l’aideront : Pierre Brasseur, Marcel Achard, Bernard Blier, Jean Marais et Annie Girardot, Maurice Chevalier, Jacques Dynam. Ses enfants et son épouse participeront également à l’aventure d’Ermenonville, devenu parc d’attractions avec sa célèbre "mer de sable".

    Maigret et la télévision…

    En 1966, Jean est à "l’Amiral", dans la peau de Claudius Binoche et, se regardant dans la glace, se pose la question : "Est-ce que tu vas Champignoliser comme ça toute ta vie ?"

    Il apprend que Claude Barma a le projet d’adapter des Maigret pour la télévision. Il se trouve que Jean connaît Claude et aime le personnage de Simenon :"Allo Claude ? J’ignore si tu as déjà ton bonhomme pour Maigret mais moi je me mets sur les rangs…". Après un silence, Claude lui répond: "Et pourquoi pas ?… "

    Trois jours après la diffusion du premier épisode, Jean part à la rencontre de Georges Simenon à Epalinges, qui surplombe Lausanne. Dès son arrivée, l’écrivain lui dira: "Bravo, vous tenez votre pipe comme un vrai fumeur !". Il lui en offrira deux pour les épisodes suivants. Jean gardera un très beau souvenir de cette rencontre.

    Maigret/Jean Richard aura le succès que l’on sait : 92 épisodes qui lui permettent de se confronter à une nouvelle génération de comédiens… Et Mme. Jean Richard tiendra même le rôle de Mme. Maigret.

    Jean Richard aura rempli d’autres fonctions diverses, comme administrateur de la SPA, initiateur à la TV de l’émission «Ces animaux qu’on nomme les bêtes». Il inaugurera même le nouvel hippodrome de Paris.

    Les moments difficiles…

    Jean RichardJean Richard au Moulin du Soleil

    Nous sommes en 1973. Jean a des difficultés avec ses cirques. A Angers, puis en Touraine, puis à Blain près de Nantes, des incendies d’origine criminelle ravagent les caravanes… Des animaux périssent… A Bolbec, on repère un suspect qui sera finalement arrêté au Havre : un homme de 30 ans, malade dangereux et pyromane.

    Le 10 mai 1973, Jean doit assister à la reconstitution des délits. Exceptionnellement c’est lui qui prend le volant pour Bernay, dans l’Eure. La journée est bien pénible: "J’emportais en repartant pour la première fois une image de tristesse du cirque…"

    Fatigué, il ne réalise pas un mur d’enceinte d’un château à la sortie d’Eveux… Trois semaines de coma… Il s’en est fallu de peu ! Son épouse entend la nouvelle à la radio et se précipite à l’hopital Lariboisière où le blessé est arrivé en hélicoptère. La France vit à l’écoute des bulletins de santé… Un grand mouvement de sympathie, d’affection se manifeste vis-à-vis de cet ami que chacun estime et il gardera les dessins des enfants des écoles, reçus par centaines…

    Il réapprend à vivre tout doucement. Les gens, heureux de le retrouver, remplissent les chapiteaux de tous les cirques de l’hexagone.

    Adieu l'artiste

    Cet artiste très attachant et aimé de tous a quitté la piste le 12 décembre 2001, emporté par un cancer, 2 ans après son épouse qu’il a rejointe au cimetière d’Ermenonville.

    Monsieur Jean Richard avait été fait officier de la légion d’honneur en 1995. Il avait obtenu le Prix national du cirque en 1980.

    Il était l’auteur de «Mes bêtes à moi» (1966), «Envoyez les lions» (1971), «Nos amis les lions» (1974), «Ma vie Sans filet» (1985), «Les contes de Jean Richard», «Tête de l’Art».

    Documents…

    Sources: Les anecdotes et citations sont extraites de la biographie de Jean Richard, «Ma vie sans filet». Un merci tout particulier à Mesdames Dessèvre et Lacayrelle, de la Mairie de Bessines, pour leur disponibilité et leur gentillesse ainsi qu'à Madame Avrard qui au téléphone a su me parler de son ami Jean Richard, avec affection et nostalgie.

    Illustrations complémentaires de Cédric Le Bailly, documents personnels, Imdb, plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine.

    Citation :

    "Les artistes ne meurent pas… Ils vivent quelque part dans le cirque du ciel" (Jean Richard à son petit-fils Frédérick)

    Donatienne (mars 2007)
    Ed.7.2.1 : 13-11-2015